Paris: QAG au Senat
Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2310112033

Immigration : les sénateurs LR font un pas vers les centristes sur les métiers en tension

Après leur réunion de groupe, les sénateurs LR mettent sur la table une nouvelle proposition. Bruno Retailleau accepte que soit inscrit dans le texte le principe de régularisations, non automatiques et à la main du préfet, pour les étrangers sans papiers qui travaillent. Mais à condition que la circulaire Valls soit « durcie », précise Bruno Retailleau, qui maintient en revanche la « suppression de l’article 3 » sur les métiers en tension et exige la présence de tous les « marqueurs » LR dans le texte.
François Vignal

Temps de lecture :

9 min

Publié le

Mis à jour le

Ça bouge. Alors que le blocage dure depuis des semaines entre les sénateurs LR et leurs alliés du groupe centriste sur l’article 3 du projet de loi immigration sur les régularisations dans les métiers en tension, le groupe LR met sur la table ses conditions pour accepter de voter le texte, tout en faisant un petit pas vers le groupe Union centriste. Ce pas porte sur la question des régularisations, au cas par cas, mais selon des conditions durcies.

« Nous restons sur la position que nous exprimons depuis plus d’un mois : supprimer l’article 3 »

« Nous restons sur la position que nous exprimons depuis plus d’un mois, que nous avons régulièrement, semaine après semaine, validé dans le groupe. Nous voulons supprimer l’article 3. Je porterai personnellement cet amendement de suppression. Il est signé par plus de 100 sénateurs, ce qui montre le niveau d’adhésion », explique ce mardi Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, à la sortie des deux heures qu’a duré la réunion de groupe.

Son amendement est signé par 104 sénateurs sur 133 que compte le groupe LR. Il en manque donc près de 30… De quoi y voir un désaccord sur ce que certains pourraient considérer comme un jusqu’au-boutisme du sénateur de Vendée. Mais de source interne au groupe, on s’attend plutôt à « une dizaine » de sénateurs qui ne suivraient pas sur l’amendement Retailleau. Lors de la réunion de groupe, seul Alain Joyandet, voix critique depuis des mois, a pris la parole pour défendre le maintien de l’article 3.

« Graver dans le texte un certain nombre de marqueurs »

Deuxième condition fixée par les LR : « Graver dans le texte un certain nombre de marqueurs, qui sont pour nous des conditions extrêmement importantes », explique Bruno Retailleau, qui commence sa liste à la Prévert : « On veut que figurent dans le texte les quotas migratoires ; le durcissement du regroupement familial mais aussi pour la vérification des étudiants, chaque année, pour ceux qui ont une carte pluriannuelle ; le durcissement des conditions d’accès aux soins gratuits pour les étrangers malades (l’AME, ndlr) ».

Le sénateur de Vendée continue : « Le durcissement de l’acquisition de la nationalité sur le droit du sol, on revient au dispositif Pasqua ; le rétablissement du délit de séjour, supprimé par François Hollande ; la suppression des exceptions aux expulsions ou aux OQTF ; la conditionnalité de l’aide au développement, lorsque des pays refusent des laissez-passer consulaires. Pour les prestations sociales non-contributives, nous voulons une résidence d’une durée de 5 ans, et la systématisation des obligations de quitter le territoire, c’est l’idée que la décision définitive de rejet vaille OQTF ».

Bruno Retailleau demande « une réécriture durcie de la circulaire Valls »

Et enfin, le troisième point, essentiel, car c’est le pas vers les centristes : « Une réécriture durcie de la circulaire Valls. On ne veut pas retomber sur les critères de la circulaire Valls actuelle, on souhaite les durcir. François-Noël Buffet (le président de la commission des lois) va y travailler dans les prochaines heures », annonce Bruno Retailleau : « Le pas (vers les centristes), c’est le processus. C’est en trois temps : pas d’article 3, nos marqueurs et une réécriture, durcie, de la circulaire Valls », résume le président du groupe LR.

Alors qu’Hervé Marseille fixe de son côté comme condition que les demandes de régularisation ne soient plus à la main de l’employeur, mais puisse être faites par le salarié, l’idée défendue par le groupe LR répond en partie à l’exigence centriste. « On pense que le processus de l’article 3 était un appel à la fraude. C’est très simple de frauder des fiches de paie. Certains le font pour avoir une location d’appartement. Donc charge à François-Noël Buffet de trouver un dispositif qui permette, effectivement, d’initier une démarche par l’employé, mais qui réintroduit à un moment ou un autre l’employeur », explique le sénateur LR de Vendée. Il faut que ce soit « un dispositif réglementaire », ajoute le président de la commission des lois. « Un chemin possible passera nécessairement par ce qu’on dit depuis toujours, par un dispositif de caractère réglementaire à la main du préfet, dans le cadre de l’admission exceptionnelle au séjour », précise François-Noël Buffet.

Le « bougé » du groupe LR sur les régularisations

Depuis des mois en effet, les LR rappellent que les régularisations sont déjà possibles de manière réglementaire, mais qu’il n’était donc pas nécessaire de l’inscrire dans le projet de loi, contrairement à ce que veulent faire les centristes. Le bougé vient donc du fait que les sénateurs LR sont maintenant prêts à inscrire ce principe dans le texte, à condition d’un durcissement de la circulaire Valls. « Si on ne rédige rien, il ne se passera rien et nos conditions ne seront pas respectées », admet François-Noël Buffet.

Reste à définir les termes pour durcir la circulaire Valls. Le niveau de Français ? L’intégration ? « Ça peut être des sujets », pour le sénateur du Rhône. « Il est bien clair que le seul fait de travailler ne peut pas être une condition suffisante et unique. Le respect des valeurs de la République, du mode de vie, ça doit compter tout autant, comme la réalité du travail », précise Bruno Retailleau. Les préfets pourraient être amenés ainsi à vérifier si le travail est bien effectif.

S’il est prêt à cette concession, le président du groupe LR prévient que c’est à prendre ou à laisser :

 On ne votera pas le texte à n’importe quelle condition. Si nos marqueurs n’y sont pas, si l’article 3 y est, même modifié, s’il n’y a pas le durcissement de la circulaire Valls, ce sera non. 

Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat.

« Nous regardons attentivement la proposition de nos collègues du groupe LR » réagit le rapporteur centriste Philippe Bonnecarrère

La balle est maintenant dans le camp des centristes. « Nous regardons attentivement la proposition de nos collègues du groupe LR et écouterons la présentation de leurs explications et objectifs. Ils ont l’initiative. Nous la respectons », réagit sagement Philippe Bonnecarrère, corapporteur centriste du texte. Pour que cette voie de passage, étroite, puisse être pratiquée par tous, il faudra qu’Hervé Marseille accepte de retirer son amendement qui modifie l’article 3, et que ses troupes acceptent tout autant de voter l’amendement de suppression de Bruno Retailleau. Et plus globalement, que les centristes acceptent des conditions de régularisations plus restrictives. Encore beaucoup de conditions à lever. Il reste peu de temps pour préserver l’unité de la majorité sénatoriale. L’article 3 a été « réservé », c’est-à-dire décalé, jusqu’à mercredi soir ou jeudi. Histoire de laisser un peu de temps au temps.

Dans l’entourage de Gérald Darmanin, qui siège au banc en séance depuis hier, on voit en tout cas d’un bon œil ces discussions qui avancent. Le ministre de l’Intérieur répète qu’il n’est « pas fétichiste des numéros ». Autrement dit, il pourrait accepter la suppression de l’article 3, à condition que le principe de régularisation soit évoqué quelque part dans le texte. « Une mesure de régularisation, si on arrive à le faire accepter au Sénat, c’est pas si mal… » glisse son entourage.

Une partie du groupe LR plaide pour « trouver un accord avec les centristes »

Du côté LR, la pression vient aussi de l’intérieur. Bruno Retailleau assure que son groupe suit « à 95% » cette ligne. En réalité, des divergences étaient perceptibles ces derniers jours. Un certain nombre de voix se font entendre pour pousser vers un accord avec les centristes. A commencer par Gérard Larcher, le président du Sénat, dont la majorité repose sur les deux piliers LR et Union centriste. Il plaide pour un accord, confient les sénateurs LR.

Il n’est pas le seul. « Ma position, c’est qu’il faut un texte qui sorte du Sénat », lâche à la sortie de la réunion de groupe Sophie Primas, vice-présidente LR du Sénat et sénatrice des Yvelines, comme Gérard Larcher. Dominique Estrosi Sassone, présidente de la commission des affaires économiques, reconnaît elle que le groupe est « partagé », entre ceux qui veulent « un accord, mais pas à n’importe quel prix », et les autres.

« C’est comme la mayonnaise. Le batteur n’a pas encore fait effet. Ce n’est pas encore l’émulsion »

« Il faut trouver un accord avec les centristes. Je ne vois pas les choses autrement. C’est mathématique, car sinon nous n’avons pas la majorité seuls. Et sur le plan moral, car on a toujours fait la majorité avec eux. Donc il faut trouver un accord », espère pour sa part Marie Mercier, sénatrice LR de Saône-et-Loire. Pour elle, l’enjeu est de taille, car s’agit de « garder la cohésion du groupe et du Sénat. S’il n’y a plus d’Assemblée nationale qui vaille, avec la majorité relative, et plus de Sénat vaillant, ce n’est pas possible », lance Marie Mercier.

Un membre du groupe LR a bon espoir que les choses aboutissent. « C’est comme la mayonnaise. Le batteur n’a pas encore fait effet. Ce n’est pas encore l’émulsion », lance une sénatrice. Avec Gérard Larcher dans le rôle du fouet de cuisine ? « Si c’est lui le fouet, ce n’est pas pour taper. C’est un lien Larcher. Il aime chercher un chemin. Et ça ne lui correspondrait pas d’être comptable d’un fractionnement du Sénat », analyse cette sénatrice LR. Un rejet du texte, faute d’un accord avec les centristes, semblerait aussi d’autant plus étonnant, car ce serait le texte du gouvernement que les députés étudieraient ensuite, sans aucun apport du Sénat. Et pour les LR, l’image extérieure serait qu’ils s’opposent à un texte sur l’immigration. Autant de raison de mettre du « lien » et trouver un moyen d’atterrir.

Partager cet article

Dans la même thématique

Comme un compte à rebours qui se rapproche de la fin, la fenêtre de tir se réduit. En renonçant à convoquer une session extraordinaire à l’Assemblée nationale le 21 septembre, le gouvernement a ajourné la suite de l’examen du projet sur les polices municipales. Cette réforme, très attendue par les maires, fait donc les frais d’un nouveau contretemps.  Fruit d’une longue concertation, qui s’est tenue notamment dans le cadre du « Beauvau des polices municipales » en 2024 et 2025, le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres en octobre dernier. Nourri par les travaux d’une mission d’information, le passage au Sénat a été une formalité. Massivement adopté au palais du Luxembourg en février, le texte a ensuite été transmis aux députés. La commission des lois a achevé son examen fin avril. Et depuis, plus rien. Le projet de loi, qui prévoit des missions élargies – en particulier de compétence judiciaire – pour les polices municipales, mais aussi tout un axe sur la formation et la déontologie, est allé depuis de report en report. Un texte qui devait initialement aboutir avant les municipales Au tout début de l’année, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez espérait encore une adoption rapide de ce texte consensuel « peut-être même avant les élections municipales », de mars. L’histoire a eu raison du pronostic de l’ancien préfet. Le gouvernement a ensuite donné rendez-vous en juin pour l’examen. Nouvelle complication. Peu avant la coupure du cœur de l’été, fin juillet, le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous confiait au journal Ouest France que le projet de loi sur les polices municipales serait le premier texte pour la session extraordinaire de septembre. Encore raté. À l’approche de la reprise de la session ordinaire, le 1er octobre, l’impatience se fait ressentir chez les élus locaux et les parlementaires. L’inquiétude aussi. La plus grande partie du calendrier parlementaire d’ici la fin de l’année va être occupée les traditionnels débats budgétaires, et campagne présidentielle oblige, les travaux en hémicycle seront interrompus à la fin du mois de février. Ce mercredi 9 septembre, une dizaine d’association d’élus dénonce dans un communiqué commun « l’énième report de l’examen du projet de loi ». Les maires et présidents d’intercommunalités demandent à l’État de « clarifier, dès à présent et concrètement, ses intentions afin de garantir au plus vite l’inscription de ce projet de loi à l’ordre du jour ». « Je suis très en colère contre le gouvernement » « Je suis très en colère contre le gouvernement. On a effectué notre travail, consolidé le texte de manière transpartisane, en acceptant des amendements de tout le monde. Et aujourd’hui, on a un gouvernement qui n’est pas capable de l’inscrire, c’est une honte », réagit la sénatrice (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, co-rapporteure du projet de loi. Hors séquence budgétaire qui occupera en séance les députés à partir du 12 octobre, les places dans l’agenda seront chères. Le gouvernement dispose encore de huit semaines à sa main avant le couperet de la fin février. Or beaucoup de textes sont sur la table pour les travaux de cet automne et de cet hiver : la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera le premier texte inscrit par le gouvernement à la reprise, mais aussi le projet de loi sur le logement ou encore le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé, tous deux adoptés par le Sénat, ou encore un texte sur les ingérences étrangères annoncé par le Premier ministre. Et c’est sans compter le récent projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté par le gouvernement. La liste n’est pas exhaustive. « J’ai cru comprendre qu’il serait difficile d’inscrire le texte sur les polices municipales avant le budget. Ils espèrent trouver du temps législatif après le budget, mais les promesses n’engagent que ceux qui croient », s’inquiète Christophe Marion, co-rapporteur (Renaissance) du projet de loi à l’Assemblée nationale. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges » Joint par Public Sénat, le ministère des Relations avec le Parlement précise que « les arbitrages sont en cours concernant l’inscription des textes pour la session ». Le député du Loir-et-Cher et son collègue co-rapporteur Éric Pauget (LR) annoncent solliciter un rendez-vous à Matignon pour obtenir des assurances sur l’inscription du texte. « Ce qui vient d’arriver à Carcassonne renforce l’idée que le contrôle des polices municipales est nécessaire », insiste-t-il. Hier, le parquet a annoncé la suspension mercredi de quatre policiers municipaux de Carcassonne après la diffusion d’une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes. Même volonté de se rappeler aux bons souvenirs de Matignon au Sénat. « Je vais voir avec Gérard Larcher pour que l’on mette la pression sur le gouvernement », prévient Jacqueline Eustache Brinio. Outre les contraintes d’agenda, avec l’empilement de projets de loi, le député Christophe Marion a une autre interprétation de ces retards à répétition. « On a passé des textes régaliens en fin de session parlementaire, je pense à RIPOST. Les socialistes ont voté contre. » Or, les socialistes sur le projet de loi sur les polices municipales ont annoncé en commission leur volonté de « rééquilibrer » le texte. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges, qui puissent radicaliser des positions ou rendre difficile d’émergence d’un consensus », poursuit le député.  En cas de reprise de débats, il faudrait également compter sur une commission mixte paritaire si le texte est adopté à l’Assemblée nationale. Seule une issue favorable pourrait permettre au texte de pouvoir aboutir dans les temps. « On peut trouver un terrain d’entente », assurent les rapporteurs. « J’attend du gouvernement qu’il aille au bout de la démarche. On a créé de l’espoir avec ce texte, je trouverai ça effrayant de ne pas être à la hauteur des attentes des élus et des policiers », insiste Jacqueline Eustache Brinio. Sans garantie sur ce texte attendu, le traditionnel congrès des maires début novembre pourrait s’ouvrir dans un concert de protestations.
7min

Parlementaire

Parlementaires et élus locaux craignent que le projet de loi sur les polices municipales passe à la trappe

Déjà reporté, le projet de loi sur les polices municipales fait les frais de l’absence de session extraordinaire, rendant incertain son sort dans une session raccourcie par la campagne présidentielle. Les élus locaux et les parlementaires cherchent à faire pression sur l’exécutif. « C’est une honte », réagit la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio.

Le

Immigration : les sénateurs LR font un pas vers les centristes sur les métiers en tension
8min

Parlementaire

Violences dans le périscolaire : les maires alertent sur les failles du système et réclament davantage de coordination avec la justice

Face à la multiplication des signalements de violences commises sur des enfants dans le cadre périscolaire, la commission d’enquête du Sénat a auditionné, ce mercredi 9 septembre, plusieurs élus confrontés à de telles affaires dans leurs communes. Ils témoignent d’un système à bout de souffle. Face aux soupçons d’agressions sexuelles sur de très jeunes enfants, ils dénoncent l’isolement institutionnel et le manque de coordination avec la justice.

Le

Immigration : les sénateurs LR font un pas vers les centristes sur les métiers en tension
9min

Parlementaire

Violences dans le périscolaire : à la Brigade de protection des mineurs, le défi de recueillir la parole des enfants

Auditionnés par la commission d’enquête du Sénat consacrée aux violences dans le périscolaire, Vincent Kozierow, chef de la Brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris, et Denis Collas, directeur adjoint de la police judiciaire chargé des brigades centrales à la préfecture de police de Paris, ont défendu les méthodes de leurs enquêteurs. Ils ont toutefois reconnu les difficultés auxquelles leurs services sont confrontés, notamment face à l’afflux de dossiers, qui peut ralentir l’ensemble de la chaîne judiciaire.

Le

Immigration : les sénateurs LR font un pas vers les centristes sur les métiers en tension
6min

Parlementaire

Périscolaire : « Huit minutes » pour devenir animatrice, le témoignage d’une journaliste qui alerte le Sénat sur les failles du recrutement

Auditionnée ce jeudi 3 septembre par la commission de la culture du Sénat, la journaliste de RTL Hermine Le Clech est revenue sur une enquête menée en novembre 2025. Pour tester les conditions de recrutement des animateurs périscolaires, elle s’était présentée dans une mairie avec un CV en partie falsifié. En huit minutes, sans diplôme dans l’animation, sans contrat de travail et alors que son casier judiciaire n’avait pas été vérifié, elle avait été envoyée au contact d’enfants dans une école de Créteil.

Le