La ministre de l’Enseignement supérieur appelle les universités à un « effort exceptionnel » pour financer les revalorisations salariales

Auditionnée par le Sénat, Sylvie Retailleau a expliqué que l'Etat prendrait en charge 50% des coûts liés aux revalorisations salariales des agents publics, annoncées en juin. Les sommes restantes devront être financées par les universités.
Marine Cardot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Qui paiera la facture des revalorisations salariales ? En juin dernier, le ministre de la Transformation et de la fonction publique, Stanislas Guerini, a annoncé la hausse du point d’indice pour les agents publics. Dans les universités, ces augmentations de salaires seront prises en charge « à 50 % » par le budget de l’Etat avec « 215 millions d’euros », a expliqué la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, auditionnée au Sénat mardi 7 novembre.

Les établissements d’enseignement et de recherche, de leur côté, devront donc financer l’autre moitié de ces hausses de salaire décidées par le gouvernement. « Les établissements sont appelés à un effort exceptionnel compte tenu de leur réserve financière », a enjoint Sylvie Retailleau devant les sénateurs.

« Les établissements affichent des niveaux de fonds de roulement de trésorerie disponibles importants, et en croissance depuis plusieurs années, qui doivent leur permettre d’absorber cet effort pour 2024 », a assuré la ministre de l’Enseignement supérieur.

Un effort temporaire

Selon Sylvie Retailleau, ces réserves sont estimées à « un milliard d’euros pour les établissements d’enseignement supérieur et de recherche et 300 millions pour les organismes de recherche, soit un niveau très supérieur à l’effort qui leur est demandé ». Elle précise que « cela exclut les investissements, qu’ils soient déjà engagés ou programmés ».

Pour les universités qui seraient dans une situation financière délicate, le gouvernement prévoit des aménagements « au cas par cas » avec « un soutien supplémentaire aux établissements qui seraient dans une situation critique ».

La ministre a précisé que cet effort ne sera demandé que pour cette année car « on est en difficulté budgétaire et on a un problème de dette ». « Ça ne peut être que pour 2024 : pour les autres années les fonds de roulement ne peuvent continuer à financer la masse salariale. »

Le surcoût lié au prix de l’énergie

Le financement de la hausse du point d’indice n’est pas le seul poste de dépense qui inquiète les sénateurs. En octobre dernier, l’association France Université, qui regroupe les présidents d’universités, a alerté sur la facture d’énergie. « Les universités, qui représentent 20 % du patrimoine immobilier de l’État, sont frappées de plein fouet par l’augmentation des tarifs des fluides, actuelle et à venir », peut-on lire dans leur communiqué. Ils s’inquiètent de devoir assumer seul ce surcoût.

Interpellée par plusieurs sénateurs sur le sujet, la ministre de l’enseignement supérieur a répondu que l’Etat « sera là pour accompagner sur les surcoûts énergétiques ».  « En 2023, nous avons débloqué 200 millions d’euros, il nous reste environ 100 millions d’euros pour cette année, nous sommes en train de les distribuer. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Barricaded shops – legislative elections – Lyon
5min

Parlementaire

Encadrer les loyers commerciaux : « Aujourd’hui, des commerçants nous appellent à l’aide », alerte la sénatrice Audrey Linkenheld

Face à la flambée des loyers commerciaux et à la multiplication des locaux vacants, la sénatrice socialiste du Nord, Audrey Linkenheld, propose d’instaurer un encadrement ciblé des loyers dans certaines zones fragilisées. Inspirée de l’encadrement des loyers d’habitation, sa proposition de loi vise à protéger les commerçants tout en fournissant aux propriétaires une référence objective. Le texte sera débattu en séance publique au Sénat le 25 mars.

Le

AESH
4min

Parlementaire

Handicap à l’école : le statut fragile des AESH

En janvier 2026, le Sénat a rejeté une proposition de loi socialiste visant à donner un véritable statut aux accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), en les intégrant à la fonction publique. Soutenue par l’ensemble de la gauche sénatoriale, dont la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly, très engagée sur ce sujet, cette proposition n’a pas abouti. Un nouveau revers pour les AESH, ces accompagnants piliers de l’école inclusive, mais aussi pour les milliers de familles d’enfants en situation de handicap.

Le

Guy Benarroche et Amine Kessaci
5min

Parlementaire

Narcotrafic : Au Sénat, Amine Kessaci défend un texte pour sécuriser les lanceurs d’alertes

Adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, la proposition de loi visant à protéger les personnes menacées par les réseaux de criminalité organisée sera examinée au Sénat le 7 mai, à l’initiative du sénateur écologiste Guy Benarroche. Inspiré par l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille, le texte entend combler un angle mort : protéger administrativement et socialement celles et ceux qui s’exposent en dénonçant le narcotrafic, sans être engagés dans une procédure judiciaire.

Le

La ministre de l’Enseignement supérieur appelle les universités à un « effort exceptionnel » pour financer les revalorisations salariales
5min

Parlementaire

Régulation des contenus : « Ce qui est interdit hors ligne est interdit en ligne »

Auditionnée par la délégation aux droits des femmes du Sénat, la conseillère de l’Arcom a détaillé les marges de manœuvre limitées du régulateur face à la montée des contenus sexistes et masculinistes en ligne. L’instruction en cours visant le podcast « 10 000 pas », diffusé sur plusieurs plateformes de streaming, illustre les angles morts juridiques et les tensions entre cadre national et régulation européenne.

Le