Le Sénat adopte après des débats houleux la prime de 500 euros aux maires, promise par Sébastien Lecornu

Les élus ont adopté un amendement du gouvernement qui prévoit le versement d’une indemnité de 500 euros pour tous les maires de France, au titre des missions remplies en tant « qu’agents de l’Etat ». Mais de nombreux parlementaires ont dénoncé une forme « d’aumône », voire une mesure « humiliante », loin des préoccupations des édiles.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était engagé devant le congrès des maires, en novembre, au versement d’une prime « régalienne » de 500 euros pour chaque édile, au titre de leur fonction d’agent de l’Etat. La mesure, finalement ajoutée au projet de loi de finances 2026 sous la forme d’un amendement porté par le gouvernement, a été adoptée ce mercredi après-midi par le Sénat après des débats assez houleux. En effet, de nombreux élus, issus de tous bords, ont dénoncé le caractère démagogique de ce coup de pouce, tout en votant la mesure.

« Il n’y a pas eu un enthousiasme délirant sur cette mesure et les maires ne font pas l’aumône. Ils ne courent pas après 500 euros, l’exercice de ces missions, ils le font avec engagement, sans rien demander. Ce que veulent les maires, c’est avant tout le pouvoir de faire et d’agir », a notamment relevé le sénateur macroniste Jean-Baptiste Lemoyne. Plusieurs parlementaires ont qualifié cette indemnité de « prime de Noël », dénonçant une logique managériale.

« Un geste humiliant »

« Ce petit geste n’est pas à la hauteur, voire quelque peu humiliant », a taclé l’écologiste Guillaume Gontard. « C’est la même prime pour tout le monde mais je peux vous dire que ce n’est pas la même chose d’être maire d’une grande ville ou d’une petite commune sans aucun service… », a-t-il également pointé. « Il y a une forme d’aberration. Les obligations indemnisées par cette prime sont portées par les adjoints, qui font les mariages, les gardes de nuit, etc. Finalement, ce sont d’autres élus que le maire qui pratiquent ces tâches. Votre amendement, Madame la ministre, est mal foutu », a regretté Patrick Kanner, le chef de file des sénateurs socialistes.

Le sénateur centriste Jean-Marie Mizzon est même allé jusqu’à accuser le Premier ministre de vouloir « s’acheter l’adhésion des maires ». De quoi s’attirer l’ire de Françoise Gatel, la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation. « Dire que le Premier ministre s’est acheté le Congrès des maires avec une prime de 500 euros, ce n’est pas du niveau de cette chambre ! », a déploré cette ancienne sénatrice. « Si cette prime embarrasse, gêne, rien ne vous oblige à la voter. Vous disposez ! », s’est-elle agacée, avant de défendre une mesure symbolique, un geste « profondément républicain, qui vient signifier la reconnaissance que le maire est, pour une partie de sa mission, agent de l’Etat. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
4min

Parlementaire

Exit tax : une mesure présentée comme technique a fini par coûter 2 milliards à l’Etat

Dans son rapport sur le budget prévu pour les remboursements de l’Etat en 2026, le sénateur communiste Pascal Savoldelli pointe un coût de 2 milliards d’euros pour une mesure présentée comme purement « technique » lors du vote du budget 2024. En pleine crise budgétaire, le manque d’anticipation sur le coût de la mesure pose question.

Le

Hearing of Pierre-Edouard Sterin
4min

Parlementaire

« Commission d’enquête Stérin » : les sénateurs socialistes veulent faire la lumière sur l’influence des fondations privées sur la vie démocratique

Ce mercredi va être officiellement actée au Sénat, la mise en place d’une commission d’enquête portée par les sénateurs socialistes visant à faire la transparence sur les investissements de structures privées, comme des fondations, dans le champ démocratique, culturel ou éducatif. Sera principalement visé le projet « Périclès » du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin.

Le