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Législatives : qui sont les députés élus dès le premier tour ?

Le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire ont déjà remporté plusieurs dizaines de sièges à l’issue du premier tour des élections législatives dimanche. Relativement fracturée, la carte électorale des premiers députés élus reflète en partie les rapports de force qui se sont installés à l’échelon régional ou local ces dernières années.
Romain David

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La campagne de l’entre-deux-tours commence à peine que certains ont déjà fait leur rentrée. Plusieurs dizaines de députés, déjà élus, ont retrouvé les couloirs du Palais Bourbon ce lundi, en partie des élus de gauche, nombreux à Paris et en région parisienne à avoir été plébiscités dès le premier tour du scrutin des législatives anticipées. Au total, ils sont 76 députés élus dimanche soir, ayant réussi à récolter plus de 50 % des suffrages, représentant au moins 25 % des inscrits dans leur circonscription. À titre de comparaison : ils n’étaient que cinq en 2022.



Le RN en force dans les Hauts-de-France, le Grand Est et sur le rebord méditerranéen

C’est le Rassemblement national qui, sans attendre le 7 juillet, envoie le plus gros contingent de candidats à l’Assemblée national, avec 38 élus au premier tour. Cette situation trahit la très forte dynamique enclenchée par le parti de Marine Le Pen ; exception faite des législatives de 1986, dont le scrutin s’était déroulé à la proportionnelle (avec un seul tour donc), jamais le RN n’avait encore réussi à faire élire un député dès le premier tour.

La carte des candidats du RN ayant remporté une circonscription dimanche soir reflète également les équilibres locaux. Pour la plupart, les élus du RN se situent dans les Hauts-de-France et le Grand Est, sur d’anciens territoires industriels, longtemps acquis à la gauche, mais où le parti à la flamme tricolore a réussi à s’implanter depuis une vingtaine d’années. Le RN réalise désormais dans ces deux régions quelques-uns de ses plus hauts scores.

Sans surprise, c’est aux principaux ténors du parti que profite cette première déferlante bleu marine, à commencer par Marine Le Pen. La présidente sortante du groupe à l’Assemblée nationale a récolté 58,04 % des suffrages exprimés dans son fief d’Hénin-Beaumont (11e circonscription du Pas-de-Calais). Son collègue Sébastien Chenu, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, fait encore mieux dans sa 19e circonscription du Nord, avec 58,34 % des voix. Toujours dans le Pas-de-Calais, Bruno Bilde, ancien directeur de cabinet de Marine Le Pen, frise les 60 % (12e circonscription).

Dans la 2e circonscription de l’Oise, Philippe Ballard, ancien journaliste de LCI, est confortablement réélu dès le premier tour avec 53,2 % des voix. Julien Odoul, conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté et porte-parole du parti, passe de justesse dans la 3e circonscription de l’Yonne avec 50,44 % des voix.

Plus au sud, cinq candidats sont élus au premier tour dans le seul département du Var, le pourtour méditerranéen restant un berceau de forte implantation pour le RN. Parmi eux, Laure Lavalette, une habituée des plateaux télévisés, avec 50,8 % des suffrages dans la 2e circonscription. En Nouvelle-Aquitaine, une terre plutôt acquise à la gauche, Edwige Diaz, la vice-présidente du RN, fait figure d’exception : 53,33 % des électeurs ont soutenu sa réélection dans la 11e circonscription de Gironde.

Une vague rouge et rose en région parisienne

Le Nouveau Front populaires (NFP) a réuni 27,9 % des électeurs qui se sont exprimés dimanche. Dans son ensemble, le bloc de gauche a fait directement élire 31 députés. Pour une large partie, il s’agit de candidats de La France insoumise qui siégeaient déjà sous la précédente législature. C’est en région parisienne et dans l’est de la capitale que l’on retrouve le plus grand nombre de gagnants.

Parmi eux, de nombreux porches de Jean-Luc Mélenchon, comme Paul Vannier, l’un des négociateurs de l’accord du NFP (56,01 % dans la 5e circonscription du Val-d’Oise), Éric Coquerel, ex-vice-président de la Commission des finances, qui rassemble 65,28 % des électeurs dans sa première circonscription de Seine-Saint-Denis, ou encore Sophia Chikirou, ancienne directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, dans la 6e circonscription de Paris (58,19 %). Mais aussi Mathilde Panot, ancienne présidente du groupe à l’Assemblée nationale (59,27 % dans la 10e circonscription du Val-de-Marne) et Clémence Guetté, coprésidente du think tank La Boétie, dans la 2e circonscription du Val-de-Marne (55 %).

L’ancien journaliste et militant antispéciste Aymeric Caron, étiqueté LFI, retrouve également son siège au premier tour dans la 18e circonscription parisienne (50,38 %).

Côté socialiste, signalons la reconduction d’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, élu depuis 2012 dans la 11e circonscription du Seine-et-Marne (53,42 %). À Paris, Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo, arrache la 7e circonscription à Clément Beaune, l’ancien ministre des Transports, avec 50,87 % des suffrages .La communiste Elsa Faucillon s’impose très largement dans les Hauts-de-Seine (1ère circonscription) avec 64,83 % des suffrages. Elle y est élue depuis 2017.

Clémentine Autain, l’une des personnalités insoumises à avoir ouvertement critiqué la ligne défendue par Jean-Luc Mélenchon ces derniers mois, a été confortablement réélue dimanche, dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis (62,65 %). En revanche, les candidatures LFI dissidentes, notamment celles de Danielle Simonnet, Raquel Garrido, Alexis Corbière et Hendrik Davi à Marseille, devront se plier à un second tour pour espérer récupérer leur siège.

À Marseille, un noyau mélenchoniste

Dans la cité phocéenne, fief de Jean-Luc Mélenchon entre 2017 et 2022, deux proches du tribun sont élus au premier tour : Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise (4e circonscription des Bouches-du-Rhône) avec 67,49 % des voix, et Sébastien Delogu, qui avait été exclu en mai dernier de l’Assemblée nationale pour avoir brandi un drapeau palestinien dans l’hémicycle. Le député sortant a su convaincre 59,67 % des électeurs (7e circonscription des Bouches-du-Rhône).

Trois écologistes dans la capitale

Chez les écologistes, Eva Sas et Sandrine Rousseau retrouvent leur siège parisien au premier tour : dans la 8e circonscription pour la première (50,73 %) et dans la 9e pour la seconde (52,13 %). Victoire également de l’ancien socialiste Pouria Amirshahi, passé chez les verts, dans la 5e circonscription (54,24 %) où il a déjà été élu de 2012 à 2017.

Deux députés élus pour la majorité sortante

Tout comme en 2022, la majorité présidentielle n’a envoyé que deux élus au Palais Bourbon ce dimanche. Il s’agit cette fois du Renaissance Pierre Cazeneuve, dans la 7e circonscription des Hauts-de-Seine (53,2 %), et de Mikaele Seo pour Wallis et Futuna (62,25 %), également membre du parti présidentiel.

Piètre récolte également chez Les Républicains : l’ancien candidat à la primaire, Philippe Juvin, s’impose dans la 3e circonscription des Hauts-de-Seine, avec 52,09 % des voix. Il est le seul LR « canal historique » à avoir été élu au premier tour. Parmi la soixantaine de candidats LR qui ont suivi Éric Ciotti dans son ralliement à Marine Le Pen, seule l’avocate Christelle D’Intorni a été élue dès le premier tour, dans la 5e circonscription des Alpes-Maritimes (50,35 %).

Enfin, signalons le score d’Estelle Youssouffa à Mayotte (1ere circonscription). Avec 79,48 % des voix, l’ancienne journaliste, qui siégeait avec le groupe LIOT sous la précédente législature, devient la personnalité la mieux élue de ces législatives anticipées.

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