Loi Duplomb : « Ce sont des mesures frappées au coin du bon sens », défend Annie Genevard
Au micro de Public Sénat, la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, est revenue sur la proposition de loi du sénateur, Laurent Duplomb. Elle l’assure, la « levée des contraintes veut dire écouter ce que les agriculteurs disent ».
« Il n’y a pas lieu d’opposer agriculture et environnement, c’est une impasse », prévient la ministre Annie Genevard, sur la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb, qui cristallise les tensions depuis plusieurs jours. Le sujet de la discorde : l’autorisation de la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide interdit en 2018 pour des effets nocifs sur la biodiversité.
Pour la ministre, ces mesures sont « frappées au coin du bon sens ». « C’est une question de souveraineté alimentaire, car nous ne produisons pas assez pour nourrir la population française ». Afin de justifier la réintroduction du pesticide polémique, Annie Genevard met en avant le rapport des scientifiques de l’autorité européenne de sécurité des aliments (efsa), qui a élargi l’usage de l’acétamipride en Allemagne. « Si 26 pays sur 27 ont confirmé l’usage de cette substance jusqu’en 2033, c’est que le choix a porté sur la non-toxicité pour la santé humaine », souligne la ministre. « Le gouvernement s’est engagé dans une trajectoire de réduction de 50 % des produits phytosanitaires. Si l’on peut s’en passer, il faut le faire ».
Attendue prochainement en commission mixte paritaire (CMP), la proposition de loi Duplomb, qui a subi une motion de rejet à l’Assemblée nationale, va être négociée entre sept sénateurs et sept députés. La ministre appelle de ses vœux un accord et l’adoption du texte car « véritablement les agriculteurs l’attendent ».
Face à la flambée des loyers commerciaux et à la multiplication des locaux vacants, la sénatrice socialiste du Nord, Audrey Linkenheld, propose d’instaurer un encadrement ciblé des loyers dans certaines zones fragilisées. Inspirée de l’encadrement des loyers d’habitation, sa proposition de loi vise à protéger les commerçants tout en fournissant aux propriétaires une référence objective. Le texte sera débattu en séance publique au Sénat le 25 mars.
En janvier 2026, le Sénat a rejeté une proposition de loi socialiste visant à donner un véritable statut aux accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), en les intégrant à la fonction publique. Soutenue par l’ensemble de la gauche sénatoriale, dont la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly, très engagée sur ce sujet, cette proposition n’a pas abouti. Un nouveau revers pour les AESH, ces accompagnants piliers de l’école inclusive, mais aussi pour les milliers de familles d’enfants en situation de handicap.
Adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, la proposition de loi visant à protéger les personnes menacées par les réseaux de criminalité organisée sera examinée au Sénat le 7 mai, à l’initiative du sénateur écologiste Guy Benarroche. Inspiré par l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille, le texte entend combler un angle mort : protéger administrativement et socialement celles et ceux qui s’exposent en dénonçant le narcotrafic, sans être engagés dans une procédure judiciaire.
Auditionnée par la délégation aux droits des femmes du Sénat, la conseillère de l’Arcom a détaillé les marges de manœuvre limitées du régulateur face à la montée des contenus sexistes et masculinistes en ligne. L’instruction en cours visant le podcast « 10 000 pas », diffusé sur plusieurs plateformes de streaming, illustre les angles morts juridiques et les tensions entre cadre national et régulation européenne.