Mayotte Cyclone Chido Photo Gallery
Drone view of destroyed dwellings in Mirereni, Mayotte, Friday, Dec. 20, 2024. (AP Photo/Adrienne Surprenant)/may121/24355612227470//2412201828

Mayotte : le Parlement adopte définitivement le projet de loi d’urgence

Ce jeudi, le Parlement a adopté les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi d’urgence pour la reconstruction de Mayotte. Après le passage du cyclone Chido qui a dévasté l’Archipel, le texte crée un établissement public pour coordonner la reconstruction de l’archipel, prévoit des assouplissements aux règles d’urbanisme, de commande publique et quelques mesures sociales.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« Pour nos compatriotes Mahorais, nous avions à cœur de faire aboutir le projet de loi d’urgence pour Mayotte et de nous attelez rapidement à la reconstruction », a souligné la rapporteure LR du texte au Sénat, Micheline Jacques (LR).

Après l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi d’urgence pour la reconstruction de Mayotte. La Haute assemblée avait déjà adopté à l’unanimité le 4 février le texte qui contient des mesures d’urgences très attendues après le passage dévastateur du cyclone Chido, en décembre dernier. Que ce soit des assouplissements aux règles d’urbanisme, de commande publique et quelques mesures sociales. En commission mixte paritaire, cette semaine, députés et sénateurs étaient rapidement parvenus à un accord sur le texte (lire notre article).

Les modifications sénatoriales ont consisté notamment à renforcer le rôle des élus locaux dans les opérations de reconstruction et à conserver le caractère limité dans le temps de certains dispositifs sociaux. Moyennant de nouvelles garanties, les sénateurs avaient rétabli l’article 3, qui avait été supprimé à l’Assemblée nationale. Il visait à faciliter l’installation en urgence, pour une durée maximale de deux ans, de constructions temporaires pour héberger les habitants sinistrés.

En ce qui concerne le renouvellement automatique des droits et prestations versés aux assurés mahorais qui expiraient au 14 décembre 2024. Le texte sorti de l’Assemblée prévoyait de fixer une date butoir au 30 juin. Les sénateurs avaient ramené la limite au 31 mars, pour l’aligner sur celle du renouvellement des allocations chômage des demandeurs d’emploi qui arrivent en fin de droits. En fonction de l’évolution de la situation sociale et des conditions matérielles, la période pouvait néanmoins être renouvelée par décret jusqu’au 31 décembre, au plus tard. En commission mixte paritaire, la date du 31 mars a été maintenue pour les renouvellements automatiques sans conditions. Un délai qui peut aller jusqu’au 31 décembre sous conditions.

Un prochain texte au printemps

L’examen du texte en séance publique avait remis la question du bilan humain au cœur des débats, notamment lors de l’examen  de l’article 4 bis qui prévoit de conditionner la vente de tôle à la présentation d’une pièce d’identité pour empêcher la reconstruction de bidonvilles. Un mois et demi après le passage du cyclone Chido, si le bilan humain est officiellement de 39 morts et plusieurs milliers de blessés, plusieurs parlementaires avaient mis en doute les chiffres du gouvernement. Un amendement rejeté du sénateur Saïd Omar Oili proposait donc que le gouvernement remette au Parlement un bilan exhaustif de la catastrophe. Cette disposition a été réintroduite en commission mixte paritaire.

Jugé insuffisant par certains élus, notamment ceux de Mayotte, le projet de loi sera complété dans les prochains mois par des mesures plus structurelles, en particulier celles visant à lutter contre l’immigration illégale ou encore sur l’accès à l’eau. Ces mesures seront portées par un autre texte, un projet de loi-programme ‘’Mayotte Debout’. « Il faut dissocier la notion de l’urgence de mesures de moyen et long terme », avait souligné Manuel Valls, ministre d’Etat en charge des Outre-mer.

La semaine dernière, les députés ont par ailleurs adopté une proposition de loi portée par la droite et soutenue par le gouvernement, allongeant la durée de résidence régulière des parents nécessaire pour que leurs enfants accèdent à la nationalité française.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Technoparade Rave The Planet
7min

Parlementaire

Rodéos urbains et rave-parties : le Sénat veut mettre fin « au sentiment d’impunité »

Après quatre mois de travaux, une mission d’information transpartisane du Sénat dévoile 28 propositions pour renforcer la lutte contre les rodéos motorisés et les rave-parties illégales. Face à des phénomènes en forte hausse, les sénateurs veulent durcir l’arsenal répressif, mieux prévenir les dérives et donner davantage de moyens aux forces de l’ordre. Le rapport, adopté à l’unanimité en commission des lois, nourrira l’examen du projet de loi « Riposte » sur la sécurité du quotidien, attendu en mai au Sénat

Le

Le Sénat
7min

Parlementaire

Fin de vie : en commission le Sénat supprime le droit à l’aide à mourir, remplacé par un « dispositif d'assistance médicale à mourir » plus restrictif

Alors que le texte sur la fin de vie revient au Sénat le 11 mai en seconde lecture, la majorité de droite et du centre a déjà largement commencé à détricoter le dispositif sur l’aide à mourir lors de l’examen en commission, ce mercredi 29 avril. Dans cette nouvelle version, la prescription et l’administration d’une substance létale ne sera plus possible que quelques jours, voire « quelques heures » avant la mort, ce qui devrait limiter fortement son application.

Le

Deliveroo
5min

Parlementaire

« Traite d’êtres humains », « esclavage moderne » : des parlementaires de gauche lancent une offensive législative contre l’uberisation avant la transposition européenne

Ce mardi 28 avril, devant la Maison des coursiers, à Paris, parlementaires de gauche et collectifs de livreurs ont dénoncé une « exploitation systémique » des travailleurs des plateformes. Alors que la France doit transposer d’ici décembre la directive européenne sur le travail des plateformes, ils exigent une réforme ambitieuse, appuyée par une plainte pénale inédite visant les plateformes Deliveroo et Uber Eats pour « traite d’êtres humains ».

Le