Budget 2025 : le Conseil constitutionnel ne censure aucune disposition clé, mais écarte dix articles pour des raisons de forme
Crédit : HOUPLINE-RENARD/SIPA/2304111113

Narcotrafic : le Conseil constitutionnel censure certaines dispositions relatives au renseignement, comme le « dossier coffre »

Saisi par les députés insoumis, écologistes et socialistes, le Conseil constitutionnel a remis sa décision sur la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Il a censuré jeudi une poignée d'articles de la loi visant « à sortir la France du piège du narcotrafic », mais a validé, à une réserve près, le régime carcéral d'isolement prévu pour les narcotrafiquants les plus dangereux.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Issue d’une commission d’enquête sénatoriale transpartisane, les conclusions de la commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic et sur la proposition de loi organique créant le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), avaient été adoptées à l’unanimité de la chambre haute, fin avril.

Restait une ultime étape avant la promulgation, la décision du Conseil constitutionnel, saisi par les députés LFi, écologistes et socialistes.

Dans le viseur des élus, plusieurs mesures portant atteintes aux libertés publiques. Restaient à savoir si ces atteintes étaient proportionnées avec le but poursuivi. Dans sa décision, le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution, 32 des 64 articles du texte, mais a validé, à une réserve près, le régime carcéral d’isolement prévu pour les narcotrafiquants les plus dangereux.

6 articles sont censurés totalement ou partiellement, notamment l’article sur le procès-verbal distinct, le fameux « dossier coffre », au nom du respect des droits de la défense et du principe du contradictoire. Il s’agissait d’un procès-verbal distinct, lors des enquêtes, pour ne pas divulguer certaines informations aux trafiquants et à leurs avocats.

Le Conseil a aussi censuré, « faute d’encadrement de fond suffisant, sur le fondement du droit au respect de la vie privée, l’article 15, qui étendait la possibilité dont disposent certains services de renseignement de recourir à des traitements automatisés de nature algorithmique ». Une technique autorisée dans la lutte contre le terrorisme permet un examen de données « de masse » prélevées sur l’ensemble de la population, pour les besoins de la lutte contre le terrorisme.

Autre disposition marquante censurée partiellement, le recours exclusif à la visioconférence pour la comparution des personnes placées en quartier de lutte contre la criminalité organisée et des personnes, là encore en raison d’une atteinte excessive au droit de la défense.

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Assemblee nationale questions au gouvernement
6min

Parlementaire

Fin de vie : une commission mixte paritaire aux allures d’impasse

La commission mixte paritaire qui se réunit mardi 2 juin tentera de rapprocher les positions de l’Assemblée nationale et du Sénat sur la création d’un droit à l’aide à mourir. Mais après deux rejets successifs du texte par les sénateurs, les chances d’un accord apparaissent très faibles, laissant entrevoir une possible adoption définitive par les seuls députés.

Le

Narcotrafic : le Conseil constitutionnel censure certaines dispositions relatives au renseignement, comme le « dossier coffre »
7min

Parlementaire

Enfants placés : le Sénat adopte le droit automatique à un avocat après un compromis tendu

Derrière l’unanimité finale du Sénat, les débats autour de la proposition de loi garantissant un avocat à chaque enfant concerné par une mesure d’assistance éducative ont révélé de profondes fractures sur les moyens de la justice et le calendrier d’application. Après plusieurs jours de négociations et un compromis arraché avec le gouvernement, le texte doit désormais retourner à l’Assemblée nationale pour une adoption définitive espérée avant l’été.

Le