Périscolaire : la sénatrice Agnès Evren dénonce « l’omerta systémique » autour des violences sexuelles à Paris

La sénatrice Les Républicains de Paris a interpellé, mercredi 27 mai, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, lors des questions d’actualité au gouvernement. Elle réclame une commission d’enquête parlementaire après les révélations visant plus d’une centaine d’écoles parisiennes.
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L’affaire des violences sexuelles dans le périscolaire parisien s’est invitée, mercredi 27 mai, dans l’hémicycle du Sénat. Lors des questions d’actualité au gouvernement, la sénatrice Les Républicains de Paris, Agnès Evren, a dénoncé « une omerta systémique » autour des faits signalés dans les écoles de la capitale. La veille, mardi 26 mai, l’élue avait demandé, dans un communiqué, la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les violences sexuelles dans le périscolaire à Paris. S’appuyant sur les chiffres communiqués par le parquet de Paris, elle a évoqué « 110 écoles visées », soit « une école sur six », ainsi que « deux prédateurs déjà incarcérés pour viol sur une vingtaine d’enfants ». « Des chiffres qui révèlent une réalité absolument insoutenable », a déclaré la sénatrice, estimant que « le caractère systémique de ces violences sexuelles » ne pouvait plus être ignoré.

Agnes Evren a également mis en cause la gestion des signalements par la municipalité parisienne, rappelant qu’un rapport d’inspection de 2015 pointait déjà « des dysfonctionnements graves ». Selon elle, « des élus et des parents d’élèves, dans une détresse absolue, alertaient » depuis plusieurs années, sans réponse suffisante des autorités compétentes. « Pire encore, la municipalité a simplement déplacé des prédateurs sexuels d’écoles en école plutôt que de saisir la justice », a-t-elle affirmé.

Dans une intervention offensive, la sénatrice LR a dénoncé un « deux poids, deux mesures » dans le traitement médiatique et politique de ces affaires, comparant leur résonance à celle de scandales ayant touché l’enseignement catholique. « Pourquoi un tel silence autour de ces crimes dans l’école publique ? », a-t-elle interrogé, demandant si « l’omerta aurait été la même si la municipalité concernée avait été de droite ». Avant d’interpeller directement le ministre de la justice : « Que comptez-vous faire concrètement pour garantir la protection de nos enfants sur le temps scolaire et périscolaire ? »

« Mieux entendre la parole de l’enfant »

Face à elle, le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a reconnu des défaillances dans la remontée des signalements à la justice. « Nous avons tous collectivement à mieux entendre la parole de l’enfant », a-t-il déclaré en préambule, rappelant que les violences sexuelles sur mineurs demeurent largement sous-déclarées, notamment dans le cadre familial. Le ministre a insisté sur la responsabilité des collectivités locales, chargées du recrutement des personnels périscolaires. « La loi prévoit déjà que les casiers judiciaires sont à la disposition des collectivités locales », a-t-il rappelé, tout en soulignant que, « lorsqu’il y a des signalements », ceux-ci doivent impérativement être transmis à la justice.

Réagissant aux affaires révélées dans plusieurs établissements parisiens, M. Darmanin a salué le travail du parquet de Paris et des enquêteurs, évoquant « de très nombreuses interpellations extrêmement sérieuses ». Il a toutefois reconnu que, dans plusieurs cas, « aucun signalement n’a été montré à la justice de la République ».

Le garde des sceaux a enfin défendu la circulaire récemment publiée par son ministère afin d’améliorer les procédures de signalement et de protection des mineurs. « Lorsqu’un enfant est en danger, le principe de précaution doit toujours s

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