Projet pétrolier « Tilenga » : Une ONG ougandaise accuse TotalEnergies de ne pas respecter les droits humains

La commission d’enquête sénatoriale sur les obligations climatiques de TotalEnergies auditionnait ce jeudi Maxwell Atuhura, directeur général de Tasha research institute africa limited, une ONG basée en Ouganda qui défend les droits de l’Homme et la justice climatique qui a lancé une action civile devant le tribunal de Paris pour demander « réparation » suite la mise en œuvre du projet pétrolier forage contesté « Tilenga » de TotalEnergies.
Rédaction Public Sénat

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Lancée fin 2023 par le groupe écologiste du Sénat, la commission d’enquête sur TotalEnergies a pour objectif d’interroger ses « investissements financiers » qui « restent très massivement orientés vers les énergies fossiles », ainsi que « les activités de TotalEnergies dans certains pays aux régimes autoritaires ».

A ce titre, la commission auditionnait ce jeudi Maxwell Atuhura, Directeur général de Tasha research institute africa limited, une ONG basée en Ouganda qui défend les droits de l’Homme et la justice climatique. C’est dans ce pays d’Afrique de l’Est que TotalEnergies a lancé un projet pétrolier de forage contesté baptisé « Tilenga ». Il prévoit la création de 419 puits en Ouganda, dont un tiers dans le parc naturel des Murchison Falls, associé au EACOP (East African Crude Oil Pipeline), le plus long oléoduc chauffé au monde, destiné à transporter les hydrocarbures de Tilenga jusqu’à l’océan Indien en traversant la Tanzanie sur 1.445 km. Vingt-six Ougandais et cinq associations françaises et ougandaises (AFIEGO, les Amis de la Terre France, NAPE/Amis de la Terre Ouganda, Survie et TASHA Research Institute) ont lancé en juin 2023 une action civile pour demander « réparation » devant le tribunal de Paris de divers préjudices, telles que les expropriations abusives, compensations insuffisantes, harcèlement…

« Sur le plan sécuritaire, c’était trop pour moi »

C’est ce qu’est venu exposer devant les sénateurs, Maxwell Atuhura. « Il y a environ 2900 hectares de terres acquises dans le cadre de ce projet […] C’est mon foyer ancestral mais il est devenu difficile de rester dans cette région. Sur le plan sécuritaire, c’était trop pour moi », a-t-il exposé précisant qu’il avait été arrêté pour avoir fait un travail d’enquête avec une journaliste italienne. « Je n’ai été arrêté que parce que je parlais ouvertement de ce projet », précise-t-il.

« Le gouvernement français doit obliger Total à ne pas cacher d’informations »

« Nous avons observé la négation du droit foncier, du droit à s’alimenter, du droit à l’autodétermination, du droit à un environnement sain et propre. Ces droits ont été bafoués », a dénoncé Maxwell Atuhura.

Le directeur de l’ONG a également alerté sur l’opacité de l’accord conclu entre l’Etat ougandais et le groupe Total. « Le gouvernement français doit obliger Total à ne pas cacher d’informations. La charge de la preuve repose sur le requérant. Mais mon association n’a pas accès à l’information. L’ambassade française s’est muée dans le silence à chaque fois qu’il y a eu des problèmes de harcèlement (visant les opposants du projet) », a-t-il mis en avant.

 

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