Recours au 49.3 : « Le gouvernement va subir la censure mais aussi le déshonneur », affirme Patrick Kanner

Le Premier ministre Michel Barnier a engagé lundi la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, avec le recours au 49.3. Le gouvernement devrait donc chuter dès mercredi, le Rassemblement national et la gauche ayant annoncé qu’ils voteraient la censure. Au micro de Public Sénat, le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner estime que « le grand responsable de tout ce chaos est Emmanuel Marcon ».
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Malgré des concessions faites au RN sur le budget de la Sécurité sociale, Michel Barnier a dû engager la responsabilité de son gouvernement sur ce texte cet après-midi. Dans la foulée, la gauche a annoncé le dépôt d’une motion de censure et Marine Le Pen a annoncé qu’elle la voterait laissant peu d’espoir à l’exécutif de poursuivre son action au-delà du vote de cette motion, mercredi. « Le gouvernement va subir la censure, mais aussi le déshonneur », a estimé, au micro de Public Sénat, le président du groupe socialiste du Sénat, Patrick Kanner qui constate que le « gouvernement n’a négocié qu’avec l’extrême droite ».

« Ce gouvernement est sous influence du RN et même avec les milliards lâchés, le RN s’apprête à le censurer. C’est un échec complet », ajoute-t-il.

Le sénateur du Nord rappelle que son groupe a fait des propositions à hauteur de 8 milliards sur un budget de 662 milliards d’euros au sein de la commission mixte paritaire sur le budget de la Sécurité sociale, « donc moins de 1,5 % de ce budget. Si nous avions été entendus, nous n’aurions pas lancé une procédure de motion de censure.

Et si certaines concessions faites à l’extrême droite recoupent celles demandées par la gauche, comme la suppression du déremboursement des consultations médicales et des médicaments ou la suppression de la hausse de la taxe sur l’électricité, pour Patrick Kanner, « il y a une grande différence ». « Nos demandes étaient basées sur un renforcement des recettes sur les plus aisées de nos concitoyens […] et ça, le RN n’en veut pas », insiste-t-il.

Patrick Kanner refuse d’endosser toute responsabilité dans l’instabilité que va conduire la censure. « Arrêtons d’agiter cette peur des marchés. Il y aura sans doute des turbulences. Un nouveau gouvernement va être nommé. Il y aura des lois spéciales pour permettre l’exécution du budget sur la base de 2024 et un projet de loi de finances rectificatif début 2025 […] Le gouvernement avait d’autres solutions. Il pouvait écouter son opposition républicaine […] On ne nous a rien donné, il est normal que nous censurions […] Le grand responsable de tout ce chaos est Emmanuel Marcon, ne l’oublions jamais ».

 

 

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Senat
8min

Parlementaire

 « Ingérences intérieures » : au Sénat, un rapport sur la désinformation crée la polémique

Présenté comme un rapport transpartisan pour mieux lutter contre les manipulations de l’information avant la présidentielle de 2027, le travail du Sénat sur les « zones grises de l’information » a déclenché une vive polémique. En cause : la notion d’« ingérences intérieures », employée par le centriste Laurent Lafon, et la proposition de créer un observatoire de la désinformation. Une controverse qui fracture jusqu’aux auteurs du rapport.

Le

Hearing of Pierre-Edouard Sterin
8min

Parlementaire

« Galaxie Stérin » : le Sénat formule 32 préconisations pour renforcer la transparence des financements privés de l’intérêt général

Après six mois d’enquête et 66 auditions, une commission d’enquête du Sénat appelle à renforcer le contrôle des fondations, des fonds de dotation et des associations qui participent à l’élaboration ou à la mise en œuvre des politiques publiques. Si ses travaux se sont largement concentrés sur l’écosystème de Pierre-Édouard Stérin, ses rapporteures assurent qu’ils visent plus largement à répondre à l’essor d’une philanthropie privée, dont les modes de financement et les mécanismes d’influence demeurent parfois insuffisamment transparents.

Le