« Submersion » migratoire : Hervé Marseille appelle à ne pas « prendre en otage le Budget »

Le président du groupe Union centriste goûte peu les tensions qui pèsent sur le débat budgétaire. En employant les termes de « sentiment d’une submersion » migratoire, le Premier ministre François Bayrou a provoqué le retrait des socialistes des négociations sur le projet de loi de finances.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le torchon brûle toujours entre Matignon et les socialistes, à quelques heures d’une commission mixte paritaire clé sur le budget 2025. « Sentiment de submersion » migratoire : l’expression employée par le Premier ministre lundi soir a totalement interféré sur la construction laborieuse d’un compromis budgétaire avec les parlementaires socialistes. Ces derniers ont annulé leur participation à une négociation en amont au ministère des Finances.

François Bayrou a tenté ce mercredi de déminer le sujet, avec une réponse adressée au président du groupe socialiste, Patrick Kanner. L’une des figures de la coalition gouvernementale, le centriste Hervé Marseille s’étonne ce 29 janvier des proportions prises par la polémique. « On peut parler migration, mais pour l’instant on est sur le budget ! Je comprends que les socialistes cherchent jour après jour des points de négociation des points de discussion, c’est la vie politique, mais je ne pense pas que ce soit l’heure », réagit le président du groupe Union centriste.

« Ne mélangeons pas les choses, je ne crois qu’on puisse prendre en otage le budget de la France pour un autre débat qui est celui de la migration », a-t-il appelé. Hervé Marseille rappelle que ce dernier sujet sera traité à l’occasion de futurs textes. « Chaque chose en son temps. »

« Soyons un peu responsables les uns et les autres »

Pour la gauche, le problème n’est pas seulement une question de vocabulaire. Dans le projet de loi de finances, les socialistes demandent l’abandon d’une réduction du périmètre de l’aide médicale d’Etat (AME), votée par le Sénat début décembre. Cette enveloppe, qui finance les dépenses de santé des étrangers en situation irrégulière, a été rabotée à l’occasion de 200 millions d’euros. « C’est le Parlement qui vote », rappelle Hervé Marseille, qui se dit prêt à abandonner cette mesure pour « satisfaire tout le monde ». « 200 millions d’euros, vous savez, on n’est plus à ça près. Tout le monde parle d’économies, je n’en vois pas beaucoup. Je vois beaucoup de dépenses supplémentaires, on veut des professeurs, des dépenses sur toutes sortes de choses mais personne n’arrive à décréter des économies », s’exclame néanmoins le centriste.

« Ce pays a besoin de stabilité. Quiconque prendrait aujourd’hui le risque de déstabiliser le pays en mettant à bas ce gouvernement conduirait immanquablement à ce que Madame Le Pen appelait de ses vœux hier soir, c’est-à-dire une possible dissolution », met en garde le sénateur. Et d’ajouter : « Soyons un peu responsables les uns et les autres, nous sommes en capacité toutes tendances confondues de trouver des solutions pour que ce pays ait un gouvernement et un budget. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Paris: Clashes Erupt in Paris at Night Following French President’s Televised Address
5min

Parlementaire

Loi « casseurs-payeurs » : que contient le texte examiné au Sénat ?

La chambre haute entame ce mardi 27 octobre l’examen du projet de loi « casseurs-payeurs ». Un projet décrié par la gauche et qui vise à permettre d’engager la responsabilité civile des individus s’étant maintenu dans un attroupement ayant causé des dommages.

Le

« Submersion » migratoire : Hervé Marseille appelle à ne pas « prendre en otage le Budget »
4min

Parlementaire

Autonomie de la Corse : après le rejet du Sénat, les soutiens du texte expriment un « sentiment de déception » 

En dépit du soutien du gouvernement, le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse a été rejeté après l’adoption de plusieurs amendements issus de la droite sénatoriale et vidant le texte de sa substance. Invités de la matinale de Public Sénat, les deux sénateurs de Corse, Jean-Jacques Panunzi (LR) et Paul-Toussaint Parigi (UCI) reviennent sur leur vision de l’autonomie de la Corse.

Le

« Submersion » migratoire : Hervé Marseille appelle à ne pas « prendre en otage le Budget »
6min

Parlementaire

Autonomie de la Corse : au Sénat, les débats s’enlisent sur la notion de « communauté corse »

À l’initiative de la droite sénatoriale, les élus ont supprimé du texte de la réforme constitutionnelle la référence à une « communauté corse ». Le sénateur autonomiste Paul-Toussaint Parigi a aussitôt annoncé le retrait de sa famille politique du « processus de Beauvau », à l’origine de ce texte. Le gouvernement annonce qu’il réunira les parlementaires dans les prochains jours « pour voir si le chemin peut être poursuivi ou pas ».

Le

9min

Parlementaire

Protection de l’enfance : au Sénat, les rapporteures rejettent l’imprescriptibilité pour ne pas « déstabiliser le droit pénal »

Élargi après le scandale du périscolaire et la mort de la jeune Lyhanna, le projet de loi sur la protection des enfants s’apprête à être débattu au Sénat dès le 27 octobre. En commission, les sénateurs ont écarté l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs. En revanche, ils ont durci la répression des viols en série et créé un fichier des sanctions, au nom de la sécurité juridique du texte.

Le