Transports : le ministre annonce une loi-cadre pour investir dans les infrastructures

Invité de notre matinale, le ministre des Transports Philippe Tabarot a précisé le contenu de son projet de loi-cadre qui devrait être présenté en février en conseil des ministres. Le but est notamment de redistribuer les futures recettes générées par la fin des concessions autoroutières historiques, soit environ 2,5 milliards d’euros par an.
Louis Mollier-Sabet

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Le projet de loi-cadre sur les transports devrait être présenté « en février » en conseil des ministres, confirme Philippe Tabarot sur notre antenne ce mardi matin. Le ministre des Transports défend un texte qui a pour but de développer et de moderniser les infrastructures ferroviaires, routières et fluviales du pays « pour les vingt ou trente prochaines années. » « C’est un projet de loi historique. Nous avons pu trouver les financements pour rattraper notre dette grise d’investissements dans les infrastructures et aller vers une loi de programmation », explique Philippe Tabarot.

2,5 milliards d’euros par an de recettes autoroutières à redistribuer

Dans le viseur du ministre figurent notamment les futures recettes que l’Etat percevra à l’échéance des concessions autoroutières historiques – qui prennent fin pour 90 % du réseau entre 2031 et 2036 – soit environ 2,5 milliards d’euros par an. « Le but est que ces recettes se répartissent de manière solidaire vers les autres modes de transports pour que les recettes des autoroutes permettent de financer le reste », précise-t-il.

Une manne qui devrait donc permettre de financer en partie l’effort d’1,5 milliard supplémentaire sur les infrastructures que devrait fournir SNCF Réseau, qui investit aujourd’hui 3 milliards d’euros par an. « Nos lignes ont trente voire quarante ans de moyenne d’âge. Nous avons un réseau ferroviaire fragile vis-à-vis des évolutions climatiques. Ces investissements vont permettre de régénérer les lignes, qui seront plus modernes et moins souvent en panne, avec aussi moins de risques de les voir fermer. »

Lyon-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse, A69, tunnel de Fourvière…

Le ministre des Transports est aussi revenu sur plusieurs projets d’aménagement qui ont agité l’actualité ces dernières semaines. Au sujet du tracé de la future ligne grande vitesse Lyon-Bordeaux qui ne passera pas par le massif central, Philippe Tabarot dit « comprendre la frustration des usagers », mais estime qu’il était « concrètement impossible » de faire passer une ligne à grande vitesse par le tracé précédent qui avait amené à la fermeture de la ligne. L’ancien sénateur assure que tous les moyens sont mis sur le Paris – Clermont, « le plus gros chantier de SNCF Réseau » pour « améliorer la qualité du service. »

Alors que le maître d’œuvre du chantier de l’A69 utilisait des parcelles qui n’étaient pas prévues, le juge des libertés et de la détention (JLD) a suspendu ce lundi le chantier sur ces « emprises illégales. » « Le chantier continue sur les emprises qui sont prévues », rappelle le ministre des Transports qui « défend bec et ongles ce projet. » Toutefois, il précise que sur ce sujet, « ce ne sont pas que les associations qui ont réagi » : « j’ai demandé aux préfets de prendre les mesures nécessaires, sous astreinte le cas échéant, pour que le maître d’oeuvre n’occupe que la parcelle qui est prévue et pas les parcelles à côté, même si ce n’est que pour entreposer le matériel du chantier. »

Concernant la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, Philippe Tabarot rencontre les présidents des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, Carole Delga (PS) et Alain Rousset (PS) ce mercredi. « Il y a beaucoup de recours, je ne vais pas vous dire que c’est pour demain. J’espère que le calendrier initial d’ouverture en 2035 et 2037 ne sera pas trop retardé. Il faut que l’on se mette d’accord sur les financements », précise l’ancien sénateur des Alpes-Maritimes.

Enfin, Philippe Tabarot est revenu sur la proposition de Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, de construire un tunnel routier de 8km sous Lyon pour désengorger le tunnel de Fourvière. « Je ne connais pas les détails du projet. Il faut toujours peser le pour et le contre, entre le financement, les paramètres environnementaux, et le temps nécessaire pour mener un projet de la sorte », a temporisé le ministre avant de sourire : « L’OL a probablement plus de chance de remporter la Ligue des Champions, que moi d’inaugurer ce projet. Mais il faut mettre des sujets sur la table dans une campagne, et Jean-Michel Aulas a montré qu’il était capable de mener ce type de projets à bien avec son stade. »

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