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Un rapport sénatorial souhaite relancer le « Fabriqué en France »

Présenté ce mercredi au Sénat, le nouveau rapport de la délégation aux entreprises souhaite faire du « fabriqué en France », une nouvelle « compétitivité patriotique ». Selon les rapporteurs, ce retour à la consommation française doit passer par une lutte contre la contrefaçon et une hausse de la commande publique tout en redéfinissant le « fabriqué en France ».
Marius Texier

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« En ce 18 juin, le fabriqué en France doit faire office d’un nouvel appel à la résistance », lance la sénatrice Les Républicains et rapporteure, Anne-Marie Nédélec qui souhaite relancer la « compétitivité patriotique ». Cet engagement n’est pas sans rappeler celui d’Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif sous le quinquennat de François Hollande, qui avait encouragé les consommateurs à acheter des produits « Made in France ».

65 % des consommateurs « veulent acheter français »

Et à juste raison, cet appel résonne au sein de la population française. Selon le rapport, environ 65 % des consommateurs « veulent acheter français ». Gage de qualité et de durabilité, le savoir-faire français a la cote. Mais pas toujours évident d’être conscient de consommer un produit de l’hexagone. Selon le rapport, 35 % des consommateurs déclarent ne pas être convaincus que les produits sont vraiment fabriqués en France. Et la faute à cette imagination marketing sans limite qui contribue à brouiller le consommateur tels que des « Conçu en France », « Création Française », « Design Français » ou encore l’utilisation abusive du drapeau sur le packaging des produits. En tout, 92 labels entretiennent la confusion de consommer un produit entièrement fabriqué en France. Cette tromperie pénaliserait les entreprises françaises à hauteur de cinq milliards d’euros chaque année et à la perte de dizaines de milliers d’emplois.

Les sénateurs envisagent alors une redéfinition du fabriqué en France comme un produit dont la majorité de la valeur ajoutée a été créée sur le territoire national et non plus comme la dernière transformation. Une plateforme en ligne exclusivement réservée aux produits « fabriqués en France » est recommandée. Ils réclament également l’obligation, au niveau européen, d’un marquage de l’origine de production des produits importés et commercialisés dans l’Union européenne.

22 millions de contrefaçons saisies en France

Mais c’est essentiellement du côté de la contrefaçon que les sénateurs souhaitent orienter leur combat. Après les Etats-Unis, la France est le pays le plus touché par ce phénomène. En 2024, près de 22 millions de produits contrefaits ont été saisis. L’OCDE estime à 100 milliards d’euros la valeur des importations de contrefaçons dans l’Union européenne soit 4,7 % des importations. A l’image de l’Italie, qu’ils ont visité dans le cadre de la préparation de ce rapport, les sénateurs souhaitent renforcer les contrôles notamment en augmentant les moyens des douanes et en orientant le contrôle du côté du commerce en ligne, principale porte d’entrée de la contrefaçon. Dans le pays transalpin, l’effectif des douanes est quatre fois supérieur à celui de la France avec 68 000 agents. Par conséquent, 800 millions de produits contrefaits ont été saisis dans le pays contre 22 millions en France.

Le potentiel de la commande publique

Si les sénateurs réclament une hausse de recrutement d’agents de douane, ils demandent aussi directement à la commande publique de promouvoir le fabriqué en France. « Le fabriqué en France est le trou noir de la commande publique », juge le sénateur centriste et rapporteur, Franck Menonville. « Les directives européennes imposent que les appels d’offres soient faits sans prise en compte de l’origine du bien. Mais cela n’empêche pas d’avoir une stratégie. Les autres pays ne s’en privent pas ».

Selon le rapport, le « potentiel supplémentaire des achats de produits fabriqués en France » par la commande publique est estimé à 15 milliards d’euros, soit près d’un cinquième du déficit commercial de 2024. Mieux que cela, si 25 % des marchés publics étaient réservés aux produits français, cela représenterait 50 milliards d’euros par an d’achats français. Devant cette mine d’or, les sénateurs préconisent une mesure de la part importée de la commande publique tout en faisant du critère bas-carbone, un levier en faveur d’une commande permettant ainsi de privilégier les circuits courts et donc le fabriqué en France.

« Il s’avère nécessaire de réintroduire le fameux slogan qu’était : « Vos emplettes sont nos emplois » », tient à rappeler Anne-Marie Nédélec.

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