Maduro Arrival in Manhattan

Venezuela : après la réaction d’Emmanuel Macron, les parlementaires communistes réclament un débat 50-1 sur la position de la France

Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu, députés et sénateurs communistes fustigent la première réaction du chef de l’Etat sur X, après l’intervention américaine au Venezuela, revenant selon eux à « accepter la stratégie de Donald Trump ». Ils réclament la tenue d’un débat et un vote au Parlement sur la position de la France.
Romain David

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Les parlementaires communistes demandent au gouvernement de clarifier sa position sur le Venezuela et appellent à la tenue d’un débat parlementaire. Dans un courrier adressé au Premier ministre, députés et sénateurs PCF dénoncent l’intervention américaine au Venezuela, qui a abouti, dans la nuit de vendredi à samedi, à l’arrestation du président Nicolas Maduros et de son épouse. « Ces exactions, décidées et conduites par l’administration du président Donald Trump et la justice américaine, doivent être clairement condamnées comme telles par la France », écrivent les élus.

Dans leur ligne de mire : la réaction d’Emmanuel Macron qui a suscité de nombreuses critiques, en particulier à gauche de la classe politique. Dans un message posté sur X, le chef de l’Etat a passé sous silence la violation du droit international et de la charte de l’ONU que constitue l’intervention américaine. Prenant acte de la chute de Nicolas Maduro, il a appelé à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ». Lundi matin, en Conseil des ministres, le chef de l’Etat a néanmoins nuancé sa position, indiquant que la France « n’approuvait pas la méthode » utilisée par Washington pour renverser le président vénézuélien.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fait preuve d’une plus grande fermeté en affirmant que cette action militaire éclair « contrevenait au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international », accusant du même coup les Etats-Unis de jouer avec « la sécurité du monde ».

Un débat selon l’article 50-1 de la Constitution

Les communistes reprochent au président français « d’accepter la stratégie américaine », à rebours de la position française traditionnelle « de défense du droit international et des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Aussi demandent-ils à Sébastien Lecornu une consultation du Parlement, conformément à l’article 50-1 de la Constitution, « sur la position et le rôle de la France dans la crise internationale ouverte par l’administration de Donald Trump. »

L’article 50-1 de la Constitution permet au gouvernement d’organiser un débat avec les parlementaires sur un sujet déterminé. Ce débat peut être l’occasion d’une déclaration de la part de l’exécutif, suivie d’un vote qui n’a qu’une valeur consultative, c’est-à-dire qu’il n’engage pas la responsabilité du gouvernement. Le dernier débat consultatif organisé au Parlement, à l’initiative du Premier ministre, s’est tenu les 10 et 15 décembre. Il concernait l’augmentation de budget alloué à la défense malgré l’effort de redressement des comptes publics, une initiative largement approuvée par les députés et les sénateurs au vu du contexte sécuritaire sur le continent européen.

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