Victoire du Nouveau Front Populaire : « On est tellement heureux ! », clament les militants socialistes

A la soirée électorale du PS, ce soir, l’heure est à la liesse. Parmi les militants qui célèbrent l’arrivée en tête du Nouveau Front Populaire, les cadres réfléchissent à l’après.
Mathilde Nutarelli

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A une semaine de différence, l’ambiance a changé du tout au tout à la soirée électorale du Parti Socialiste. A l’inquiétude qui régnait le dimanche 30 juin au soir a suivi la liesse et le soulagement ce dimanche 7 juillet, à l’annonce des résultats du second tour des élections législatives. En effet, le Nouveau Front Populaire, alliance des partis de gauche à laquelle a participé le Parti Socialiste, est arrivée en tête, avec entre 177 et 192 sièges (dernières estimations d’Ipsos Talan pour France Télévisions, Radio France, France24/RFI,
LCP Assemblée Nationale et Public Sénat), dont 60 à 64 pour le parti à la rose. Il en comptait 31 depuis 2022. « On est tellement heureux ! », une militante, en larmes, laisse s’exprimer son soulagement. « Si le RN passait, j’allais me mettre en larmes, je ne pensais pas vivre dans une société avec le RN au pouvoir et Bardella Premier ministre », assure-t-elle, la gorge serrée. Place de la République, où se sont rassemblés des militants de gauche, ce sont des scènes de liesse, qui tranchent avec l’atmosphère grave de dimanche dernier. On en vient même à plaisanter sur l’identité du prochain ou de la prochaine Première ministre. Cette militante, à qui l’on demande qui elle souhaite voir à Matignon, et qui répond « Joker », se laisserait bien tenter pas une femme à veste verte. Un clin d’œil à Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Ecologistes, qui s’est imposée comme l’une des figures centrales à gauche lors de cette campagne.

« Nous ne procéderons plus jamais de paroles extérieures qui viendraient s’imposer à nous »

Si, chez les militants, l’heure est à la célébration, du côté des responsables politiques, l’heure est à la réflexion sur l’après. En effet, que faire, avec une Assemblée morcelée sans majorité absolue, et avec des forces de gauche aux relations variables ? Olivier Faure, premier secrétaire du PS et député réélu de Seine-et-Marne, s’est adressé à ses militants. « Nous ferons en sorte de continuer à avancer ensemble, cela suppose la démocratie en notre sein ». Il formule une menace à peine voilée à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon, tenté de prendre la tête de la coalition à gauche : « Nous ne procéderons plus jamais de paroles extérieures qui viendraient s’imposer à nous. Il y a près de 200 parlementaires du Nouveau Front Populaire, ce sera d’abord à eux, en lien avec leurs partis respectifs, de conduire le changement, de faire en sorte que nous puissions avancer ». Corinne Narassiguin, sénatrice socialiste de Seine-Saint-Denis et proche d’Olivier Faure le martèle : il faudra partir du programme du Nouveau Front Populaire pour avancer. « C’est celui que les Français ont choisi de mettre en tête ce soir à l’Assemblée nationale », affirme-t-elle, « nous croyons que dans les propositions que fait le NFP, il y a beaucoup de choses qui répondent aux attentes des électeurs qui ont exprimé leur désespoir et leur colère à travers le vote RN, comme le pouvoir d’achat, les services publics, ou encore la sécurité ». Une affirmation à laquelle que ni François Hollande ni Jean-Luc Mélenchon ne renieraient ce soir.

Images d’Aurélien Romano et d’Eugénie Mougin

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