Tournoi de football amateur dans le 82
Illustration d'un papa qui prepare son fils pour un match de football lors d'un tournoi de football amateur a Montauban (Tarn et Garonne).//BENAYACHEADIL_sipa.22501/Credit:ADIL BENAYACHE/SIPA/2312141654

Violences sexuelles dans le sport : la proposition de loi du Sénat pour améliorer la protection des mineurs définitivement adoptée

Défendu par le sénateur socialiste de l’Aude Sébastien Pla, ce texte permet de renforcer les contrôles chez les éducateurs sportifs. Il prévoit également de sanctionner les clubs qui chercheraient à étouffer les affaires de violences sexuelles.
Romain David

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L’Assemblée nationale a définitivement adopté, ce jeudi 29 février, une proposition de loi pour lutter contre les violences sexuelles dans le sport. Porté par le sénateur socialiste Sébastien Pla, ce texte, qui avait déjà été voté au Sénat en juin, a été approuvé à l’unanimité des députés présents dans l’hémicycle pour la discussion publique, soit 204 voix.

Cette proposition de loi vise à « renforcer la protection des mineurs et le contrôle de l’honorabilité des éducateurs sportifs ». Désormais, les 2 millions d’éducateurs sportifs que compte la France feront chaque année l’objet d’un contrôle par les services de la direction régionale des sports, via la consultation systématique du bulletin n° 2 du casier judiciaire (B2) ainsi que du fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).

Cette double vérification s’explique par le fait que ces deux fichiers ne contiennent pas nécessairement les mêmes informations. Le texte adopté ce jeudi introduit du même coup une exception au principe de réhabilitation pénale, c’est-à-dire que toute condamnation figurant au FIJAIS, mais n’étant plus mentionnée dans le bulletin n°2 du casier judiciaire, suffira à motiver une incapacité. « Nous avons eu plusieurs cas de figure où des éducateurs mis à pied déposaient des recours en s’appuyant sur le fait que ce qui leur était reproché ne figurait plus dans leur casier judiciaire. Or, les informations du FIJAIS tiennent sur vingt ans », explique à Public Sénat le sénateur Sébastien Pla.

« Casser l’omerta et mettre fin à ces affaires que l’on tente d’étouffer »

La proposition de loi contraint également les responsables d’établissement d’activités physiques et sportives (EAPS) et les fédérations sportives agréées à procéder à des signalements en cas de comportements à risques dans un club, sous peine de sanctions.

Par ailleurs, s’il est avéré au terme d’une enquête administrative qu’un responsable de club se serait montré peu enclin à lutter contre des violences à caractère sexuel, celui-ci pourra se voir interdire de diriger un établissement d’activité physique et sportive (EAPS). « Il ne faut pas prendre ces dispositions comme une sanction à l’égard des dirigeants sportifs, mais comme un levier pour casser l’omerta et mettre fin à ces affaires que l’on tente d’étouffer », justifie encore Sébastien Pla.

« L’objectif est d’aller plus loin et plus fort »

L’idée de ce texte, déposé il y a un peu plus d’un an au Sénat, est venu de sa rencontre avec la patineuse artistique Sarah Abitbol. L’ex-championne de France a dénoncé dans son livre, Un si long silence publié en 2020, les viols qu’elle a subis de la part de son entraîneur entre 15 et 17 ans. « C’est un texte que l’on a porté ensemble », salue Sébastien Pla.

« L’objectif est d’aller plus loin et plus fort. Je caresse l’espoir que l’on ait ouvert une voie qui permette l’adoption de mesures similaires dans d’autres secteurs. Je pense à la culture et au cinéma en particulier », ajoute le socialiste. Ce jeudi matin précisément, l’actrice Judith Godrèche, qui a porté plainte pour viols sur mineur contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon, était auditionnée par la délégation sénatoriale aux droits des femmes. Elle a appelé à l’ouverture d’une commission d’enquête sur les violences sexuelles et sexistes dans le cinéma, et a demandé à plusieurs reprises aux élus de légiférer pour renforcer la protection des mineurs sur les plateaux de tournage.

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Le projet de loi, qui prévoit des missions élargies – en particulier de compétence judiciaire – pour les polices municipales, mais aussi tout un axe sur la formation et la déontologie, est allé depuis de report en report. Un texte qui devait initialement aboutir avant les municipales Au tout début de l’année, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez espérait encore une adoption rapide de ce texte consensuel « peut-être même avant les élections municipales », de mars. L’histoire a eu raison du pronostic de l’ancien préfet. Le gouvernement a ensuite donné rendez-vous en juin pour l’examen. Nouvelle complication. Peu avant la coupure du cœur de l’été, fin juillet, le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous confiait au journal Ouest France que le projet de loi sur les polices municipales serait le premier texte pour la session extraordinaire de septembre. Encore raté. À l’approche de la reprise de la session ordinaire, le 1er octobre, l’impatience se fait ressentir chez les élus locaux et les parlementaires. L’inquiétude aussi. La plus grande partie du calendrier parlementaire d’ici la fin de l’année va être occupée les traditionnels débats budgétaires, et campagne présidentielle oblige, les travaux en hémicycle seront interrompus à la fin du mois de février. Ce mercredi 9 septembre, une dizaine d’association d’élus dénonce dans un communiqué commun « l’énième report de l’examen du projet de loi ». Les maires et présidents d’intercommunalités demandent à l’État de « clarifier, dès à présent et concrètement, ses intentions afin de garantir au plus vite l’inscription de ce projet de loi à l’ordre du jour ». « Je suis très en colère contre le gouvernement » « Je suis très en colère contre le gouvernement. On a effectué notre travail, consolidé le texte de manière transpartisane, en acceptant des amendements de tout le monde. Et aujourd’hui, on a un gouvernement qui n’est pas capable de l’inscrire, c’est une honte », réagit la sénatrice (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, co-rapporteure du projet de loi. Hors séquence budgétaire qui occupera en séance les députés à partir du 12 octobre, les places dans l’agenda seront chères. Le gouvernement dispose encore de huit semaines à sa main avant le couperet de la fin février. Or beaucoup de textes sont sur la table pour les travaux de cet automne et de cet hiver : la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera le premier texte inscrit par le gouvernement à la reprise, mais aussi le projet de loi sur le logement ou encore le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé, tous deux adoptés par le Sénat, ou encore un texte sur les ingérences étrangères annoncé par le Premier ministre. Et c’est sans compter le récent projet de loi de modernisation de la sécurité civile, présenté par le gouvernement. La liste n’est pas exhaustive. « J’ai cru comprendre qu’il serait difficile d’inscrire le texte sur les polices municipales avant le budget. Ils espèrent trouver du temps législatif après le budget, mais les promesses n’engagent que ceux qui croient », s’inquiète Christophe Marion, co-rapporteur (Renaissance) du projet de loi à l’Assemblée nationale. « Le sujet n’est donc peut-être pas de percuter les débats budgétaires avec des chiffons rouges » Joint par Public Sénat, le ministère des Relations avec le Parlement précise que « les arbitrages sont en cours concernant l’inscription des textes pour la session ». Le député du Loir-et-Cher et son collègue co-rapporteur Éric Pauget (LR) annoncent solliciter un rendez-vous à Matignon pour obtenir des assurances sur l’inscription du texte. « Ce qui vient d’arriver à Carcassonne renforce l’idée que le contrôle des polices municipales est nécessaire », insiste-t-il. 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