13 novembre : 3 ans après, où en est la menace terroriste ?
Les invités d’ « On va plus loin » analysent les risques potentiels terroristes en France, trois ans après les attaques du 13 novembre.

13 novembre : 3 ans après, où en est la menace terroriste ?

Les invités d’ « On va plus loin » analysent les risques potentiels terroristes en France, trois ans après les attaques du 13 novembre.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Trois ans après les attaques du 13 novembre, qu’en est-il de la menace terroriste en France ?

Jean-Charles Brisard, président du centre d’analyse du terrorisme, répond à cette question, sur le plateau d’ « On va plus loin » : « La capacité opérationnelle (…), celle qui consisterait à frapper Paris, comme cela a été le cas en 2015 ou Bruxelles en 2016, est moins probable aujourd’hui mais elle est toujours possible (…) L’État islamique n’est pas décimé (…) Au-delà du territoire lui-même, Daech survit par son idéologie, qui est ancrée malheureusement sans doute durablement, dans notre pays. »  

Eric Delbecque, expert en sécurité intérieure, renchérit : « Cette capacité de nuisance est à la fois à  l’extérieur de nos frontières [et] à intérieur. Et ses modèles sont multiples. Donc il faut ajouter les menaces, il ne faut pas essayer d’en retrancher (…) En revanche, nos services de sécurité sont extrêmement vigilants. On fait toujours leur procès mais finalement ça ne marche pas si mal. Les attentats déjoués, c’est tout à fait réel. Donc on ne peut pas dire que le niveau de menace a monté ou baissé. On a un niveau de menace élevé. »

Pour François Grosdidier, sénateur (LR) de la Moselle, « la menace est absolument polymorphe » et « vient de partout » : « Pas que des réseaux organisés (…) Dans ma propre commune, (…) qui ont failli verser dans le terrorisme ? Ce n’était (…) pas des religieux dans un territoire perdu (…), c’était même tout le contraire. C’était soit des délinquants déjà de longue date, un peu abîmés cérébralement par les addictions (…) ou alors des ados, qui n’avaient jamais eu de problème, ni dans la rue, ni à l’école, et qui sur internet, se sont faits happés complètement (…) Donc, c’est très difficile de lutter contre ça. »

« Le ressentiment qui nourrit leur désir de tuer et de mourir, est toujours vivant »

François-Bernard Huyghe, directeur de recherches à l’IRIS : « On voit que sporadiquement il y a des individus - pas tout à fait des « loups solitaires » mais des gens qui passent seuls à l’action - qui font des choses de faible ampleur (…) ils prennent un couteau et ils tuent une ou deux personnes (…) Ça, apparemment, ça va rester, parce que le ressentiment qui nourrit leur désir de tuer et de mourir, est toujours vivant. »

Jean-Charles Brisard est d’accord avec le procureur de la République de Paris François Molins, quand ce dernier affirme qu’un des enjeux des prochaines années sera le suivi des personnes condamnées, qui ont purgé leur peine et qui sortiront de prison : «  C’est l’un des enjeux effectivement. Beaucoup plus que les retours (…) Il y a à peu près 150 individus qui, d’ici la fin 2020, bien que condamnés pour leur participation au djihad en Syrie et en Irak (ou comme soutien, ou comme revenant), auront purgé leur peine. En plus de ces 150,  il y a aussi 1 700 détenus de droit commun qui se sont radicalisés (…) On n’a pas pris suffisamment les devants, il me semble. Il n’y a pas de dispositif spécifique prévu (…) Évidemment, ils seront suivis par les services de renseignement mais cela ne suffira pas. On le sait. »

 

Vous pouvez voir et revoir le débat sur le terrorisme, en intégralité :

13 novembre : 3 ans après, où en est la menace terroriste ?
25:04

Partager cet article

Dans la même thématique

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le

Marseille: Riots and Protests in Marseille
6min

Politique

« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations et rassemblements se multiplient dans plusieurs villes avant la journée de mobilisation du 24 octobre et les couvre-feux sont également prolongés dans certains quartiers jusque lundi. Mais quel est le cadre législatif pour interdire des manifestations et imposer des couvre-feux ?

Le