140 parlementaires appellent à une révision constitutionnelle pour « protéger et promouvoir nos langues régionales »
Dans une lettre transpartisane adressée au Président de la République, les signataires appellent à un sursaut sur le sujet, en réaction notamment à la récente décision du Conseil Constitutionnel.

140 parlementaires appellent à une révision constitutionnelle pour « protéger et promouvoir nos langues régionales »

Dans une lettre transpartisane adressée au Président de la République, les signataires appellent à un sursaut sur le sujet, en réaction notamment à la récente décision du Conseil Constitutionnel.
Public Sénat

Par Jules Fresard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les langues régionales, oui mais pas trop. C’est en substance le message que le Conseil Constitutionnel a tenu à faire passer dans sa décision du 21 mai dernier. Saisie par 61 députés de la majorité, l’institution de la rue de Montpensier était invitée à s’exprimer concernant la proposition de loi « relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion ».

Censure du Conseil Constitutionnel

Déposé par le député Libertés et Territoires du Morbihan Paul Molac, et adopté par le Parlement le 8 avril dernier, contre l’avis du gouvernement, le texte constituait une petite révolution dans le domaine des langues régionales. En prévoyant d’autoriser le financement par les communes de la scolarisation des élèves qui suivent un enseignement en langue régionale, mais aussi en réaffirmant l’enseignement immersif de ces langues, avec la création d’un forfait scolaire pour les écoles privées proposant cette forme d’enseignement.

Et c’est sur ce dernier point que les Sages ont censuré la proposition de loi, jugeant donc ce mode d’apprentissage comme inconstitutionnel, en bannissant au passage l’utilisation de signes diacritiques, propres à certaines langues comme le breton, dans les actes de l’état civil.

Une lettre adressée au Président de la République

Face à cette censure du texte, 140 parlementaires ont cosigné un courrier envoyé à Emmanuel Macron, demandant une « révision constitutionnelle visant à véritablement permettre à la puissance publique de protéger et promouvoir nos langues régionales ».

D’autant que le 25 mai, dans un post Facebook, le président de la République s’était fait le héraut des écoles immersives, à l’image du groupe Diwan en Bretagne. Il avait affirmé que « le droit doit libérer, jamais étouffer. Ouvrir, jamais réduire. La même couleur, les mêmes accents, les mêmes mots : ce n’est pas cela, notre nation. Braudel l’écrit : la France se nomme diversité ».

Sur Twitter, la sénatrice écologiste de la Gironde Monique de Marco, rapporteur au Sénat de la proposition de loi censurée par le Conseil Constitutionnel et signataire du courrier, a affirmé espérer « que cet appel sera entendu car il est indispensable de sauver cette diversité culturelle française ! ».

Les sénateurs, députés et députés européens qui ont apposé leur signature à la missive s’inquiètent également des conséquences de la décision dans le choix des prénoms des enfants. Car avec l’interdiction de l’emploi des signes diacritiques dans les actes d’état civil, les élus s’interrogent quant au refus que pourrait se voir notifier certains parents souhaitant nommer leur enfant avec un prénom comportant un tel signe. « Pouvez-vous nous confirmer que les officiers d’état civil continueront à appliquer, sauf dans les cas où cela contrevient aux intérêts de l’enfant, le principe de liberté de choix des prénoms ? ».

Le 26 mai au Sénat, Jean Castex avait tenu à se montrer rassurant. Le Premier ministre avait assuré que la rentrée « s’effectuera tout à fait normalement » pour les établissements ayant évoqué leurs craintes face à la décision.

Partager cet article

Dans la même thématique

140 parlementaires appellent à une révision constitutionnelle pour « protéger et promouvoir nos langues régionales »
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le