49.3 : « Le comportement autoritaire et le mépris du Parlement, ce n’est pas nouveau », regrette Éliane Assassi
Invitée de Parlement Hebdo, Éliane Assassi est revenue sur le recours au 49. 3 du gouvernement sur les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale. La présidente du groupe communiste au Sénat regrette un exécutif sourd aux propositions des oppositions et déplore un « mépris du Parlement. »

49.3 : « Le comportement autoritaire et le mépris du Parlement, ce n’est pas nouveau », regrette Éliane Assassi

Invitée de Parlement Hebdo, Éliane Assassi est revenue sur le recours au 49. 3 du gouvernement sur les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale. La présidente du groupe communiste au Sénat regrette un exécutif sourd aux propositions des oppositions et déplore un « mépris du Parlement. »
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Ce n’est une surprise pour personne. » Le recours au 49.3 sur le projet de loi de finances et le budget de la Sécu, respectivement annoncés mercredi et jeudi, est loin d’avoir étonné Éliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat. Ce que « regrette » en revanche la sénatrice communiste de Seine-Saint-Denis, c’est que le gouvernement « n’ait pas appréhendé le sujet » : « Élisabeth Borne a passé son temps à rencontrer les groupes politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat. Elle nous a écoutés, mais ne nous a pas entendus. Elle est en mission, dans la mission que lui a confiée le Président de la République, et elle ne sort pas de son couloir. »

« L’autre choix c’était tout simplement d’accepter le débat démocratique au sein de l’Assemblée nationale »

Si le premier quinquennat d’Emmanuel Macron avait déjà habitué la présidente du groupe communiste à « un comportement autoritaire » et un « mépris à l’égard du Parlement », la nouvelle configuration politique offrait d’après elle d’autres options à l’exécutif. « L’autre choix c’était tout simplement d’accepter le débat démocratique au sein de l’Assemblée nationale. L’exécutif ne devrait pas être étonné que les oppositions soient des oppositions, qui parfois proposent aussi des choses. » En réaction, la gauche et le RN ont chacun déposé une motion de censure. « Cela fait partie des options que nous offre, la Constitution, c’est normal », estime Éliane Assassi, qui y voit aussi « un moyen de dire ce que l’on n’a pas pu dire à cause du 49.3 et de gagner du temps de débat. »

Le passage du texte au Sénat, où ni 49.3, ni motion de censure ne sont possibles, devrait aussi permettre de faire vivre ce débat parlementaire autour des textes budgétaires : « Il y a une volonté de débattre de ces deux textes fondamentaux que sont le budget de l’Etat et celui de la Sécu. Au Sénat, on aime le débat, on se respecte et nous le ferons en soutien de nos camarades l’Assemblée nationale qui n’ont pas pu débattre. » Le groupe communiste « va déposer beaucoup d’amendements qui vont faire un certain nombre de propositions et les débats seront riches », assure ainsi Éliane Assassi. Elle estime aussi que les choses pourraient avancer sur les superprofits à la Chambre haute, où les centristes, composante de la majorité sénatoriale, « portent aussi cette idée. »

Si le gouvernement peut user du 49.3 autant qu’il le souhaite sur les textes budgétaires, et n’a d’ailleurs pas manqué de le faire puisque la procédure a aussi été enclenchée sur le budget de la Sécurité sociale ce jeudi, il ne peut ensuite le faire qu’une seule fois par session ordinaire, soit jusqu’à fin juin. « On peut imaginer qu’il le fasse sur le projet de loi relatif aux retraites », anticipe Éliane Assassi. Le texte devrait être présenté en conseil des ministres début janvier.

Partager cet article

Dans la même thématique

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le

Legislatives 2024:  Bureau de vote
8min

Politique

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales

Les deux tiers des communes, essentiellement celles de petite taille, n’ont qu’une seule liste pour les élections municipales. C’est la conséquence directe de la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants. Il en découle un autre effet : le risque de voir l’abstention progresser dans ces territoires souvent ruraux. C’est la crainte des élus et des sénateurs.

Le

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le