Elections législatives dans le Val-de-Marne : l’insoumis Louis Boyard favori dans une triangulaire 

Zoom sur la troisième circonscription du Val-de-Marne, où le scrutin est particulièrement tendu. S’y affrontent des personnalités médiatiques, comme le député sortant Louis Boyard et le porte-parole de Renaissance, Loïc Signor. Le RN est également présent au second tour, dans le contexte d’une percée de l’extrême droite dans le 94, où elle se maintient dans quatre circonscriptions.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

A Valenton, dans le Val-de-Marne, pas une minute sans que Louis Boyard ne soit arrêté pour prendre une photo. Le député sortant de 23 ans a obtenu 42 % des voix au 1er tour dans sa circonscription. Et plus encore à Valenton, où il réalise 61 % des suffrages. 

Ce matin, c’est une autre figure de LFI de premier plan qui est venue l’aider dans la campagne : Clémence Guetté, toute juste réélue dès le premier tour dans sa propre circonscription. « Il faut que ça serve à quelque chose que l’on ait fini notre bout de campagne dans nos circos, explique-t-elle, pour éviter que l’extrême droite arrive au pouvoir ». 

Ce territoire historiquement de gauche vient de connaître un score sans précédent du RN au 1er tour : 27 % dans cette circonscription, ce qui le place en 2ème position. La priorité pour LFI : c’est donc d’endiguer cette montée de l’extrême droite. Louis Boyard explique : « Vous avez des personnes ici qui sont en colère. On vient leur expliquer que le Rassemblement national, c’est le système, la continuité du système ».  

A quelques kilomètres d’ici, à Boissy-Saint-Léger, aux côtés du candidat d’extrême droite, il ne faut pas attendre longtemps avant qu’il fustige son adversaire insoumis. « Louis Boyard a déboulé dans un bureau et a été sorti par la police », raconte-il à ses militants. On est dans des méthodes de voyous ».  

Une accusation que dément formellement Louis Boyard, auprès de Public Sénat.

Mais Arnaud Barbotin va même encore plus loin. Il craint que les élections ne soient pas réalisées dans les règles, et souhaite le vérifier. « Dans deux ou trois bureaux de vote, on m’a signalé des   bulletins de vote qui manquaient… On a dans certains bureaux de vote des scores à la Fidel Castro… » 

Sa candidature s’inscrit dans l’alliance entre le RN et Éric Ciotti. Elle est, de plus, soutenue par Marion Maréchal. Alors, forcément, Arnaud Barbotin cherche les voix d’électeurs à la recherche de plus de sécurité.  

L’extrême droite est arrivée en tête dans une commune voisine, à Villecresnes. Mais certaines personnes sont plus dures à convaincre, comme ce Val-de-Marnais dont le père étranger attend un titre de séjour. Arnaud Barbotin tente de le rassurer : « Tous les gens qui sont sur le territoire français et qui travaillent, ils font partie la communauté. Le plus important c’est que vous fassiez un choix éclairé », conclut le candidat RN en donnant son tract de campagne au jeune homme.    

Dans cette circonscription, le camp macroniste ne s’est pas retiré, bien qu’étant en 3ème position. A Limeil Brévannes, opération porte-à-porte cet après-midi-là, pour le candidat Renaissance, Loïc Signor… Avec l’espoir, pour lui, d’incarner une alternative contre des candidats qu’il juge être en dehors du champ républicain… et surtout pour empêcher une victoire de l’extrême droite. 

Loïc Signor explique : « On a pris la décision de nous maintenir pour éviter que, face à lui Boyard qui suscite un rejet, un vote RN puisse l’emporter dans cette circo dimanche prochain ».  

Un habitant croisé ce jour-là explique avoir voté blanc au 1er tour, mais dimanche il donnera sa voix au porte-parole de Renaissance, un peu par dépit. « Je vais être contraint de voter pour vous parce que je ne veux pas du RN, ni de Mélenchon », explique-t-il. Ce n’est pas de gaieté de cœur, je déteste Macron, je n’ai jamais voté pour lui ! » 

« Bien sûr, tout n’a pas été parfait avec Macron, en 7 ans ce n’est pas possible », se défend Loïc Signor. Mais ce que je regrette c’est l’attitude irresponsable de certaines oppositions. »  

Pour chacun des trois candidats, les abstentionnistes du 1er tour représentent une manne d’électeurs indispensable pour remporter cette 3ème circonscription du Val-de-Marne.  

Reportage Adrien Pain & Eglantine Mougin

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Elections législatives dans le Val-de-Marne : l’insoumis Louis Boyard favori dans une triangulaire 
3min

Politique

« Trump aux petits pieds » : Christian Estrosi dénonce une campagne municipale « très peu digne » d’Eric Ciotti à Nice

À Nice, l’actuel maire (Horizons) Christian Estrosi et le député (UDR) Éric Ciotti se livrent une bataille acharnée pour emporter le plus de suffrages lors des prochaines élections municipales. Les deux camps n’hésitent pas à s’attaquer via les réseaux sociaux. « Éric Ciotti tronque des vidéos et essaie de faire passer de l’humour pour des attaques », estime Christian Estrosi, après la publication d’un enregistrement volé relayé par son rival.

Le

Elections législatives dans le Val-de-Marne : l’insoumis Louis Boyard favori dans une triangulaire 
3min

Politique

Projet de loi de finances : « Ce 49-3 conduit malgré tout à un budget assez désastreux », regrette Christian Estrosi

Sébastien Lecornu a déclenché mardi un premier recours à l’article 49-3 pour faire adopter sans vote la partie « recettes » du projet de loi de finances 2026. « Il aurait fallu le dégainer avant », réagit sur Public Sénat Christian Estrosi, maire (Horizons) de Nice. Si l’édile juge le texte « assez désastreux », il demande aux députés de son parti de ne pas voter la censure contre le gouvernement.

Le

Radio France headquarters
8min

Politique

L’audiovisuel public pris en étau entre rigueur budgétaire et hostilité

Les recettes consacrées à l’audiovisuel public diminuent, tandis que les critiques sur ses contenus et ses missions se multiplient. À moins de deux ans de l’élection présidentielle, la situation financière délicate de Radio France et de France Télévisions, se double d’offensives d’ampleur inédite, portées par l’extrême droite et relayée, de plus en plus ouvertement, par une partie de la droite traditionnelle. Pour le spécialiste des médias Alexis Lévrier il s’agit d’une véritable “croisade contre des médias publics”.

Le