80% des entreprises de taille moyenne n’ont pas encore touché les aides de l’État
Frédéric Coirier, co-président du Mouvement des entreprises, représentant les ETI (Entreprises de taille intermédiaire) était auditionné par la Délégation aux entreprises du Sénat. 80 % des ETI n’ont pas encore touché les aides du gouvernement, il a appelé l’État à accélérer leur remboursement.

80% des entreprises de taille moyenne n’ont pas encore touché les aides de l’État

Frédéric Coirier, co-président du Mouvement des entreprises, représentant les ETI (Entreprises de taille intermédiaire) était auditionné par la Délégation aux entreprises du Sénat. 80 % des ETI n’ont pas encore touché les aides du gouvernement, il a appelé l’État à accélérer leur remboursement.
Public Sénat

Par Cécile Sixou

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« Ça a été très violent ». Frédéric Coirier, co-président du Mouvement des entreprises le dit clairement, la mise en place du confinement mi-mars a été un choc pour les entreprises de taille intermédiaire (les ETI), leur activité a été stoppée net pendant au moins quinze jours. Si ces entreprises qui emploient entre 250 et 5000 personnes ont vu une reprise début avril, « elle n’a pas dépassé les 50%, et ça n’est pas remonté depuis » précise Frédéric Coirier. Toutes les semaines, son association, le mouvement des entreprises, prend le pouls auprès de 800 ETI et sonde le niveau de stress mais aussi les difficultés en termes de trésorerie, d’organisation et comptabilise l’activité, « il y a de grosses variations en fonction des secteurs, par exemple la distribution alimentaire va bien, mais le bâtiment a perdu  80% de son activité et le tourisme n’a plus rien ». Aujourd’hui, certaines ETI vont bien, d’autres gèrent, mais un quart d’entre elles sortiront très affectées par la crise, elles sont en très « grandes difficultés ». 
 

80% des ETI n’ont pas encore touché les aides de l’État

Pour faire face à cette baisse d’activité, les ETI ont largement fait appel aux mesures d’aide de l’État. « Elles ont eu recours au chômage partiel pour faire face à la baisse d’activité mais aussi au PGE, le prêt garanti par l’État », mais le problème, selon Frédéric Coirier, « c’est que 80% des ETI n’ont toujours pas touché ni le chômage partiel ni le Prêt garanti par l’État ». S’il reconnaît que ces retards sont liés à des demandes tardives ou des dossiers à compléter il appelle à ne pas rentrer dans une « bureaucratie et à une mise en œuvre rapide »,  l’État est allé très vite pour les petites et moyennes structures moins pour les entreprises de taille intermédiaire.

« Pas de retour à la normale avant septembre »



Aujourd’hui, beaucoup de ces entreprises sont en mode « survie », estime Frédéric Coirier et « la sortie de crise sera longue ». Avec le déconfinement, « on va rentrer dans une première étape, celle de la sortie qui va être compliquée parce que l’activité va reprendre assez lentement et sur une longue période ». Selon lui, au mois de mai, l’activité des ETI atteindra en moyenne 60%, et sur l’ensemble de l’année les pertes s’élèveront à 25%, « une baisse sensible du chiffre d’affaires ». La phase de déconfinement va durer trois à quatre mois, « beaucoup n’envisagent pas un retour à la normale avant septembre ». Il appelle l’État à prolonger ses aides pendant cette période « j’espère qu’elles ne s’arrêteront pas d’un coup, et que l’État accompagnera les entreprises dans la reprise ». En tout cas, Frédéric Coirier l’assure aux sénateurs, les ETI sont prêtes pour le déconfinement, « 90% sont opérationnelles matériellement, elles ont mis en place des dispositifs, partagé leurs bonnes pratiques et commandé ensemble du matériel, ce n’est pas le sujet majeur pour elles aujourd’hui ».

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