86% des chômeurs respectent leurs obligations de recherche d’emploi
Selon Les Échos, les 270.000 contrôles menés à Pôle Emploi sur la recherche effective d’offres ont conduit à 14% de radiation.

86% des chômeurs respectent leurs obligations de recherche d’emploi

Selon Les Échos, les 270.000 contrôles menés à Pôle Emploi sur la recherche effective d’offres ont conduit à 14% de radiation.
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Par Guillaume Jacquot (Sujet vidéo : Flora Sauvage)

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On est loin de « l'existence de bataillons de profiteurs », concluent ce jeudi Les Échos. Le quotidien de l'économie révèle que la généralisation des contrôles à Pôle Emploi sur les recherches effectives des personnes inscrites, deux ans après sa mise en route, a conduit à 14% de radiations, avec suspension temporaire de leurs droits pour 15 jours.

Sur ces personnes qui n’ont pas pu démontrer des « actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise », certaines ne touchaient même aucune allocation de retour à l’emploi. 40% seulement étaient indemnisées par l’Unedic, 23% relevaient du régime de solidarité, et les autres (36%) ne touchaient rien du tout.

Si dans ces 270.000 contrôles menés depuis 2015,  on compte 14% de radiés, inversement, cela signifie que 86% des chômeurs contrôlés ont effectivement rempli leurs obligations.

Certains dossiers ciblés dans le panier de contrôle

Cette part est d’ailleurs globalement la même que celle qui a été observée dans certaines régions en 2013-2014. À cette époque, une expérimentation a été menée auprès de 6.600 chômeurs répartis dans quatre régions (Franche-Comté, région Paca et Poitou-Charentes.

Après ce test grandeur nature, le conseil d’administration de Pôle Emploi avait décidé en mai 2015 de généraliser ces contrôles. Sur les 270.000 contrôles menés depuis, il faut préciser que les dossiers sont loin d’être choisis aléatoirement (un tiers du total). 60% des dossiers sont ciblés, précisent Les Échos. Les agences se focalisent par exemple sur la situation de demandeurs d’emploi six mois après la sortie d’une formation. Le reste du panel est alimenté par des signalements.

Actuellement, un corps de 200 agents est dédié à cette tâche. Emmanuel Macron voudrait multiplier par cinq les effectifs, pour renforcer les contrôles. Cette promesse de campagne doit d’ailleurs être l’un des points de la négociation autour du futur de l’assurance chômage.

Le Parti socialiste interpelle Laurent Wauquiez sur Twitter

Se défendant de mener une politique du chiffre, l’objectif affiché en 2013 lors des premières expérimentations était de détecter les chômeurs découragés, notamment chez les demandeurs de longue durée, et de « redynamiser » leurs efforts en vue de retrouver un poste. Quant à la question d’un refus d’une offre « raisonnable », certaines sanctions sont même inapplicables. Les critères de salaire ou d’éloignement qui répondent à cette définition sont parfois absents des annonces sur Pôle Emploi, d’autant que de nombreuses offres échappent à son contrôle.

Les chiffres révélés par les Échos ont fait réagir politiquement à gauche. Dans un tweet, le Parti socialiste s’est notamment adressé au potentiel futur président des Républicains. « Non Laurent Wauquiez, les chômeurs ne "profitent pas de la vie". D’après Pôle Emploi, 86% des chômeurs respectent leurs obligations légales et font tous les efforts pour retrouver un emploi », a répliqué le PS.

Ses propos tenus lors d’un meeting dans les Alpes-Maritimes fin octobre avaient créé une polémique. « J'ai vu ces situations qui nous révoltent, où un demandeur d'emploi pousse la porte de Pôle Emploi pour trouver un emploi et on lui répond : Vous avez deux ans d'assistance chômage, ne vous pressez pas. Profitez un peu de la vie. Parce que cela, c'est la réalité », avait avancé le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes sous les applaudissements.

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