À 1 mois de l’élection présidentielle, le gouvernement présente son projet de loi d’orientation sur la sécurité
Le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur est présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Mais en raison des élections présidentielle et législatives à venir, le plan, qui prévoit 15 milliards d’euros supplémentaires, ne pourra être débattu au Parlement avant la prochaine mandature. Un calendrier qui interroge.

À 1 mois de l’élection présidentielle, le gouvernement présente son projet de loi d’orientation sur la sécurité

Le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur est présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Mais en raison des élections présidentielle et législatives à venir, le plan, qui prévoit 15 milliards d’euros supplémentaires, ne pourra être débattu au Parlement avant la prochaine mandature. Un calendrier qui interroge.
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Par Pierre-Louis Boucé

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« Plus de bleus sur le terrain » et de moyens dans le domaine de la cybersécurité. C’est ce qui est au programme du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), présenté ce mercredi en Conseil des Ministres. Ces mesures font suite aux annonces d’Emmanuel Macron lors d’un déplacement en janvier à Nice.

Un large volet sur la cyberdéfense

D’après Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, la Lopmi « fait entrer notre sécurité de plain-pied dans le 21e siècle ». Le plan du gouvernement consacre 15 milliards d’euros supplémentaires à la sécurité dont « quasiment 8 milliards » aux investissements numériques, affirme le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a estimé que « les attaques terroristes de demain seront sans doute des attaques cyber », et annoncé le recrutement de « 1500 cyberpatrouilleurs ».

Le projet de loi prévoit également le renforcement des effectifs de policiers et de gendarmes. Le ministre de l’Intérieur a précisé que « 11 unités de forces mobiles, CRS et gendarmes mobiles » viendront remplacer les 15 supprimées « ces dix dernières années ». Parallèlement, 200 nouvelles brigades de gendarmerie nationale seront mises sur pied « dans les trois ans qui viennent », 500 d’entre elles ayant été également supprimées depuis quinze ans. Par ailleurs, la loi prévoit toujours le doublement des effectifs de terrain d’ici à 2030, que le président Macron avait appelé de ses vœux en janvier à Nice.

« C’est une mesure électorale »

Mais à l’approche de l’élection présidentielle, ce projet de loi ne pourra pas être examiné par les députés avant la prochaine mandature, soit à la fin du mois de juin. Philippe Dominati, sénateur LR de Paris et membre de la commission des finances, ne cache pas son désaccord. « Ce n’est pas un projet de loi, c’est une mesure électorale » affirme-t-il, arguant que le plan ne sera adopté qu’à la condition qu’Emmanuel Macron soit réélu en avril. À un mois du scrutin, le parlementaire déplore que « peu a été fait pendant cinq ans » sur le sujet de la sécurité et juge tardive l’initiative du gouvernement. Pourtant, rapporteur spécial du budget sécurité au Sénat, Philippe Dominati l’avait fait adopter en commission des finances en novembre dernier.

Mais au moment de l’annonce du texte par Emmanuel Macron en janvier, la droite fustigeait déjà le bilan du quinquennat en matière de sécurité par la voix du patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui pointait du doigt la hausse des violences aux personnes et des coups et blessures.

D’après le site du ministère de l’Intérieur, la Lopmi permettra également la mise en place « d’outils de gestion des grands évènements plus robustes », notamment dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby en 2023 et des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

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