A Aix-en-Provence le gouvernement défend ses réformes et sa « ténacité »
Le gouvernement, en berne dans les sondages et critiqué pour son manque de "justice" sociale, a défendu samedi ses réformes et sa...

A Aix-en-Provence le gouvernement défend ses réformes et sa « ténacité »

Le gouvernement, en berne dans les sondages et critiqué pour son manque de "justice" sociale, a défendu samedi ses réformes et sa...
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Par Valentin BONTEMPS, Eleonore DERMY

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Le gouvernement, en berne dans les sondages et critiqué pour son manque de "justice" sociale, a défendu samedi ses réformes et sa "ténacité", à deux jours du discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès à Versailles.

De passage aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, événement désormais traditionnel qui réunit décideurs politiques, intellectuels et chefs d'entreprises, le Premier ministre Edouard Philippe et sa ministre du Travail Muriel Pénicaud ont tour à tour justifié leur action.

Une manière de paver la voie au chef de l'Etat, qui a convoqué lundi les parlementaires en Congrès, pour la deuxième fois de son mandat, afin de tracer son cap économique et social.

"Dans ce monde qui est marqué à son commencement par la colère, ce qui paye in fine, ce qui assure et la gloire et le succès, c'est la ténacité", a lancé M. Philippe.

"Le monde qui vient est un monde dangereux pas seulement sur le mode de la remise en cause du multilatéralisme et des guerres économiques", a-t-il jugé. "C'est aussi un monde dangereux tout court. Et dans un monde dangereux tout court, il est préférable d'être stable sur ses appuis et préparé".

Dans ce contexte, le chef du gouvernement a jugé nécessaire de "regarder avec lucidité la situation du pays telle qu'elle est", qualifiée de "pas réjouissante".

La France "est un pays dans lequel depuis très longtemps, il y a eu une forme de renoncement à prendre des décisions parfois difficiles à assumer, parfois difficiles à expliquer", a poursuivi le Premier ministre, affirmant vouloir faire de la France le pays "le plus compétitif et le plus attractif" d'Europe.

Estimant avoir porté deux projets de loi "structurants pour l'avenir" -- sur le droit du travail et les compétences --, Mme Pénicaud a assuré de son côté que l'agenda de réformes du gouvernement n'était "pas fini".

"Il y a déjà deux réformes majeures qui en gros dressent un début de flexisécurité à la française", a-t-elle expliqué devant des journalistes, affirmant que cela constituait "un moteur de compétitivité et de lutte contre le chômage".

Mais si "en 15 mois on a déjà fait beaucoup (...), on a encore plus à faire", a-t-elle ajouté.

- "Sortir des logiques comptables" -

La rencontre entre M. Macron et les dirigeants syndicaux et patronaux, prévue le 17 juillet, doit ainsi permettre de disposer "à la rentrée" d'un "agenda social consistant et de qualité", selon la ministre qui n'a pas précisé quels sujets l'exécutif comptait inclure dans ce nouvel agenda.

Ces déclarations interviennent alors que plusieurs membres de la majorité présidentielle ont fait part ces derniers jours de leur insatisfaction vis-à-vis de la politique gouvernementale, jugée trop déséquilibrée.

Le député LREM Frédéric Barbier a ainsi estimé dans Le Monde de samedi que depuis un an, "l'équilibre" n'avait "pas encore été trouvé", en dépit de "certaines avancées sociales".

"La question n'est pas d'amputer les minima sociaux ou les indemnités chômage, mais de garantir la solidarité nationale nécessaire", a-t-il insisté, appelant l'exécutif à "sortir des logiques comptables et budgétaires".

Dans une note remise début juin à l'Elysée, trois économistes proches d'Emmanuel Macron, Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, avaient eux aussi tiré la sonnette d'alarme, appelant l'exécutif à un rééquilibrage social.

Des avertissements qui trouvent un écho dans les enquêtes auprès de l'opinion publique: selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et franceinfo paru jeudi, à peine le tiers des Français estiment la politique de l'exécutif "juste" (29%) ou "efficace" (34%). Un autre sondage Elabe paru lui aussi jeudi montre que M. Macron et M. Philippe accusent une nette baisse de leur popularité en juin, de six points en un mois.

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