Jean-Luc Mélenchon a réitéré samedi son appel à la dissolution de l'Assemblée, à l'issue du quatrième acte de la mobilisation, convaincu que son programme est assez proche des revendications des "gilets jaunes" pour lui offrir un nouveau souffle après des semaines difficiles.
"Il faut revenir au peuple, il faut dissoudre", a tonné le leader Insoumis devant la convention LFI à Bordeaux, que les Insoumis ont maintenu malgré le "contexte, plus fort que le texte", dixit M. Mélenchon.
"Les trois quarts des revendications des gilets jaunes sont dans notre programme", a estimé Jean-Luc Mélenchon en référence à un document conçu par plusieurs porte-parole de ce mouvement rétif à toute classification sur l'échiquier politique.
Celui-ci a listé des propositions dont le SMIC à 1.300 euros nets, l'augmentation du nombre de tranches de l'impôt, la plus grande taxation des grandes entreprises et l'augmentation des petites retraites.
"Notre but ce n'est pas de récupérer mais d'être récupéré, et j'ai l'honneur de vous dire que c'est fait", a lancé le chef de file insoumis aux centaines de militants réunis au parc des Expositions de Bordeaux.
Il note pourtant qu'il est "essentiel qu'elle n'appartienne à personne, toute récupération serait un rabougrissement du mouvement qui serait ramené à tel ou tel espace politique".
- Un soutien trop ostensible ? -
Martin, 54 ans, militant de La France Insoumise (LFI), lors d'un rassemblement de "gilets jaunes", le 17 novembre 2018 à Dole
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"On est sur le fil du rasoir", juge un Insoumis sous couvert d'anonymat, en dénonçant certaines pratiques trop ostensibles sur le terrain, comme le port du gilet jaune par certains députés LFI samedi. D'autres insistent sur les victoires de l'extrême droite dans les autres crises politiques récentes en Europe.
Dans la Somme, les "gilets jaunes" de Flixecourt ont pris samedi, au nom de "l'indépendance politique", leurs distances avec le député LFI François Ruffin, qui s'était jusqu'à présent affiché à leur côté.
Dans sa circonscription, le député "Insoumis" s'était montré à plusieurs reprises au côté des manifestants, assurant notamment vouloir servir de "passerelle" entre le mouvement et Paris.
François Ruffin "nous apportait un soutien très honnête, mais nous ne souhaitions pas être récupérés médiatiquement et politiquement. Nous revendiquons une totale indépendance politique même si, bien sûr, nous avons tous une couleur politique", a expliqué à l'AFP Christophe Ledoux, un des responsables du mouvement à Flixecourt, confirmant une information du Courrier Picard.
Jean-Luc Mélenchon pousse d'autant plus son avantage sur le mouvement des "gilets jaunes", que la période récente à été délicate pour LFI, secouée par une vague de départs de cadres dénonçant le manque de démocratie interne. Et après sa propre colère face aux perquisitions, qui a plombé sa popularité dans les sondages.
"Dans un moment comme celui des gilets jaunes, on n'a pas envie de dire du mal de tel ou tel", souligne un député, notant l'exception.
Le député La France insoumise (LFI) François Ruffin, ici à Paris le 29 novembre 2018, s'est à plusieurs reprises affiché avec des "gilets jaunes" ces dernières semaines
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"Depuis que les gilets jaunes ont publié leurs revendications, je suis galvanisé", témoigne Arnaud, juriste de 31 ans venu de Paris, qui porte lui même un gilet avec un sticker "Stop Macron". "Pourtant au début je craignais le potentiel poujadisme du mouvement."
"Il n'y a pas de nouveau souffle, mais la confirmation d'un diagnostic", se félicite Gabriel Amard, candidat aux élections européennes et gendre de Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes confortés, le pays est en train de trancher", dit-il, même s'il reconnaît qu'un débouché du mouvement "gilets jaunes" favorable aux Insoumis n'a rien d'acquis. Du moins, ajoute-t-il, "pas à cette étape".
Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.
Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.
Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.
En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.