Benoît Hamon a profité mercredi d'un meeting à Brest consacré à la défense des services publics et des fonctionnaires pour éreinter un peu plus un François Fillon qualifié de "chatelain" et selon lui "indigne" d'être président après ses accusations contre la justice.
"Je veux le dire solennellement, vis à vis de (...) l'indépendance de la justice, il faut juger les hommes et les femmes pour leurs déclarations: quiconque aujourd'hui met en cause la justice comme il l'a fait est indigne de la fonction de président de la République", a déclaré le candidat socialiste en ouverture d'un meeting sur ses terres, au Parc des expos de la Penfeld, à Brest.
"Est-ce que la France a plus besoin de François Fillon et de ses collaborateurs, fictifs ou réels, ou d'infirmiers, d'enseignants, de chercheurs, de pompiers ou d'assistantes sociales ?", a-t-il lancé, assurant vouloir "être président contre cette morgue sociale, cette mentalité d'ancien régime, cette mentalité de châtelain même, et surtout d'ailleurs, quand leurs chateaux sont payés par l'impôt de ceux qu'ils méprisent".
Il a expliqué "ne plus supporter" d'entendre "dans le débat public", une "forme de surenchère dans le mépris" des fonctionnaires, évoquant son "malaise" et "sa colère" en entendant tant Marine Le Pen que M. Fillon ou Emmanuel Macron prendre les fonctionnaires comme "boucs émissaires". "Je revendique une campagne fondée sur l'espérance, sur un futur désirable, des solutions plutôt que de faire de la peur des autres un commerce électoral", a-t-il précisé.
Benoît Hamon en meeting le 1er mars 2017 à Brest
AFP
Pendant presque une heure et demie de discours devant 3.000 personnes selon son équipe, il a énuméré plusieurs de ses mesures, dont un "panier de services publics à moins de trente minutes" sur tout le territoire français, mais aussi la création de 40.000 postes dans l'Education nationale, une meilleur service aux personnes âgées comme à la petite enfance mais aussi "des moyens pour les policiers" pour éviter une nouvelle affaire Théo.
"Je suis venu vous parler de respect", a-t-il expliqué, sans épargner non plus Emmanuel Macron, en qui il a vu "l'hologramme" de François Fillon quand "il propose un jour de carence pour les agents malades, 10 milliards coupes budgétaires et surtout 120.000 suppressions de fonctionnaires".
"Il peut arriver d'être maladroit et de blesser les gens en politique (...) mais quand on pointe successivement l'illettrisme d'ouvrières de GAD en Bretagne, l'alcoolisme dans le Nord-Pas-de-Calais, ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter des costumes dans le Gard, ce ne sont pas seulement des points de côté, c'est une ligne. Et cette ligne ne sera jamais la mienne", a-t-il dit.
Yannick Jadot lors du meeting de Benoît Hamon le 1er mars 2017 à Brest
AFP
M. Hamon, chahuté ces derniers jours par l'aile droite du parti socialiste et par le PRG, tentés de rejoindre Emmanuel Macron, s'est adressé à ses "amis". "Nous pouvons écrire cette nouvelle page et elle peut être belle, parce que la victoire est à portée de main", a-t-il assuré.
Le candidat qui a passé la journée en Bretagne, en compagnie de son nouvel allié, l'écologiste Yannick Jadot, visitant un centre médical de campagne, une école, un Epahd, mais aussi une entreprise de biotechnologie a lancé à l'issue de son discours un "appel de Brest": "Je revendique l'acte révolutionnaire dans la politique actuelle de parler à l'intelligence et au coeur des Français".
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Dans l'encyclique « Magnifica Humanitas » (Humanité magnifique) publiée ce lundi, le pape Léon XIV a appelé, dans son premier texte majeur, à « désarmer » l'intelligence artificielle (IA) pour « l'empêcher de dominer l'humain ». Pour Éric Salobir, président de la Human Technology Foundation et expert dans les nouvelles technologies auprès du Saint-Siège, il s’agit d’un nouveau chapitre important de la doctrine sociale de l’Église. Entretien.