Au lendemain de la présentation des ordonnances, Edouard Philippe en a assuré le service après-vente sur la foire de Châlons-en-Champagne où il a promis de "ne pas s'arrêter au droit du travail" pour "régler le problème" du chômage de masse.
Accueilli à son arrivée par quelques dizaines de militants CGT munis de sifflets et une petite délégation de "policiers en colère", le Premier ministre a conclu son allocution après deux heures de visite par une exhortation: "il ne faut pas s'arrêter au droit du travail, il faut aller dans tous les domaines pour que nous puissions régler le problème" du chômage de masse.
Dans les allées de la foire, accompagné du ministre de l'Agriculture Stéphane Travers et de son "ami" et maire (LR) de Châlons Benoist Apparu, M. Philippe a avant tout fait la promotion des cinq ordonnances réformant le code du travail, entre deux stands de champagne, rhums arrangés ou charcuterie.
"Vous êtes au coeur de cette réforme", a-t-il ainsi lancé à l'adresse des exposants, principalement des artisans et petits entrepreneurs, cibles désignées de ce "paquet extrêmement ambitieux".
Le Premier ministre a aussi argumenté un quart d'heure avec des représentants locaux des cinq principales organisations syndicales (FO, CGT, CFTC, CFDT, CGE-CGC).
"On n'a rien caché, on va parfaitement à l'objectif qu'on s'est fixé. Mais je comprends parfaitement que vous ne soyez pas d'accord", a-t-il expliqué, interpellé avec véhémence par la secrétaire régionale de la CGT, Sabine Duménil.
"Dans les petites boîtes quand il y a 7 salariés, 12 salariés, il n'y a aucun intérêt à aller au conflit. Je fais confiance à la capacité qu'ont les Français à s'entendre entre eux", a-t-il encore avancé.
Dans les allées de la foire de Châlons-en-Champagne, Edouard Philippe a fait la promotion des cinq ordonnances réformant le code du travail
AFP
M. Philippe a aussi dû monter au front sur laChâ, réduction du nombre d'emplois aidés, en assurant qu'en ce qui concerne les "contrats aidés qui permettent d'accompagner des enfants en situation de handicap dans l'école", 11.000 postes seront "titularisés".
Le Premier ministre s'est aussi projeté sur la suite de son calendrier de réformes, à savoir, "à la fin du mois de septembre", "une deuxième étape de concertation avec les organisations syndicales et patronales pour améliorer nettement les conditions d'organisation de la formation professionnelle et de l'apprentissage".
Dans cette perspective, M. Philippe a posé quelques jalons durant sa visite en saluant par exemple des Compagnons du devoir.
"Je suis convaincu que l'un des vrais éléments de sécurité c'est la formation, c'est la compétence. Plus les jeunes gens que l'on forme sont compétents, plus ils sont à l'aise dans leur métier, capables de continuer à apprendre tout au long", a-t-il lancé en plaidant pour une "formation beaucoup plus efficace, individualisée, pensée avec les acteurs opérationnels du métier".
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