A Fréjus, Marine Le Pen passe à l’offensive et rassure ses troupes
Au-delà de la passation de pouvoir à la tête du parti avec Jordan Bardella, Marine Le Pen entre en campagne avec un discours très offensif sur les thématiques chères au Rassemblement national. Pas de doute, la candidate d’extrême-droite est de retour.

A Fréjus, Marine Le Pen passe à l’offensive et rassure ses troupes

Au-delà de la passation de pouvoir à la tête du parti avec Jordan Bardella, Marine Le Pen entre en campagne avec un discours très offensif sur les thématiques chères au Rassemblement national. Pas de doute, la candidate d’extrême-droite est de retour.
Public Sénat

Par Marie Bremeau et Fabien Recker

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La veille, elle avait prévenu les journalistes lors d’un échange informel : « Vous allez parler de notre retour aux fondamentaux, mais nous ne les avons jamais oubliés ». Ce dimanche midi, les militants et élus locaux, présents au théâtre antique à Fréjus sous un soleil de plomb, les attendaient ces valeurs fondatrices du parti d’extrême droite. Ils n’ont pas été déçus !

Et Marine Le Pen, qui semblait échaudée par les différents échecs électoraux, est apparue conquérante, en forme, exposant avec ferveur les thématiques qu’elle souhaite imposer dans cette campagne. Avec en tête de gondole, son slogan : « Libertés, libertés chéries ».

Retour aux fondamentaux

Sur l’immigration, la candidate y est allée sans ambages.  « Il faut faire valoir le droit du peuple à rester lui-même, nous devons réaffirmer qui entre chez nous et à quelles conditions. » Dans son programme, Marine Le Pen s’engage à organiser un référendum sur un projet de loi rebattant les cartes de la politique migratoire.

« Les délinquants français en prison, les étrangers dans l’avion »

Sur la sécurité, elle a été longuement applaudie par ses partisans, complètement séduits par ses formules chocs, telles « les délinquants français en prison, les étrangers dans l’avion » ou encore quand elle dénonce « la talibanisation de certains quartiers ».

Puisqu’elle se pose en défenseure acharnée des libertés des Français, la candidate RN a bien sûr attaqué l’Union européenne, « la dictature de Bruxelles » et son « fiasco total » de la gestion de la crise sanitaire. Une Europe qu’elle ne veut plus quitter mais qu’elle veut revoir de fond en comble pour « éviter l’effacement de nos Nations ».

« Emmanuel Macron a désormais un bilan, il va devoir s’expliquer »

Finalement, rien de bien nouveau au RN. Mais ceux qui trouvaient la patronne du parti fatiguée, esseulée, ont aujourd’hui assisté à l’éveil d’une candidate qui y croit, et qui a tiré les leçons des échecs passés. « On a adopté une démarche de parti de gouvernement, sérieux, en évaluant la faisabilité de notre projet avec pragmatisme », explique son conseiller stratégique, l’eurodéputé Philipe Olivier. « On est beaucoup plus mature, beaucoup plus prêt au pouvoir et on va le démontrer pendant cette campagne. »

Durant cette matinée ensoleillée, pas un mot sur le trouble-fête Eric Zemmour. L’adversaire numéro un reste bien le président de la République, car au RN on n’envisage pas d’autre duel au second tour qu’un Macron-Le Pen. Avec semble-t-il un avantage certain par rapport à 2017 selon Philippe Olivier : « Emmanuel Macron a désormais un bilan. Avant il paraissait comme un homme nouveau, aujourd’hui il va devoir s’expliquer. »

Partager cet article

Dans la même thématique

A Fréjus, Marine Le Pen passe à l’offensive et rassure ses troupes
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

A Fréjus, Marine Le Pen passe à l’offensive et rassure ses troupes
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le