A l’Assemblée, les communistes se posent en défenseurs de “lois du quotidien”

A l’Assemblée, les communistes se posent en défenseurs de “lois du quotidien”

Des "lois du quotidien" sans "attendre le grand soir": les députés communistes ont porté jeudi des propositions contre le temps...
Public Sénat

Par Isabelle CORTES, Charlotte HILL

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Des "lois du quotidien" sans "attendre le grand soir": les députés communistes ont porté jeudi des propositions contre le temps partiel subi et les marchands de sommeil ou pour les aidants familiaux, se voulant défenseurs des "courageux", loin de la seule "protestation".

Au menu de leur première "niche parlementaire", cinq textes pour lutter contre les inégalités salariales, donner davantage de droits aux aidants, permettre la gratuité des transports scolaires, lutter contre les marchands de sommeil, mais aussi créer une liste française de paradis fiscaux.

Soucieux d'afficher leur ancrage de "terrain", les communistes sont "décidés à ne pas être seulement des députés de l'affrontement, de la protestation, du discours tribunicien, mais à montrer aussi qu'on peut prendre à pleines mains des problèmes concrets", avait justifié en amont André Chassaigne dans une allusion au grand rival Jean-Luc Mélenchon (LFI).

"On veut toucher au quotidien, on veut obtenir des améliorations, on ne veut pas attendre le grand soir ou le grand matin", avait ajouté ce chef de file des communistes.

Dans un contexte d'"attaques frontales et massives" contre les fonctionnaires, cheminots ou retraités, cette journée était aussi une "occasion de pouvoir dire que des propositions existent pour celles et ceux que nous appelons les courageux à l'inverse des +fainéants+ nommés par Emmanuel Macron", pour l'une des porte-parole, Elsa Faucillon.

S'ils ont bénéficié du soutien socialiste et "Insoumis" et été présentés pour certains comme allant "dans le bon sens" par le gouvernement et des élus de la majorité, leurs textes, repoussés en commission, ont connu le même sort dans l'hémicycle.

- 'Baisers de la mort' -

Première retoquée par la majorité, sans débat sur les amendements: la proposition portée par Marie-George Buffet et Huguette Bello, emblématique en ce 8 mars sur les inégalités salariales. Le gouvernement a dit ne pas partager "le chemin proposé", notamment pas "le pari du renchérissement du coût du travail" pour les temps partiels.

La gauche a dénoncé une "obstruction" de la majorité, LR regrettant de n'avoir pu débattre "en hommage à toutes les femmes" malgré un désaccord de fond.

Sur les aidants, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, prônant une "stratégie globale", a promis "des mesures législatives dans les prochains mois". "Première victoire", selon les communistes.

L'un de leurs porte-parole, Pierre Dharréville, avait appelé "à ne pas faire de cette journée une journée du dédain, de la procrastination". A l'unisson de la gauche, les LR ont déploré tout au long des débats l'attitude globale du gouvernement envers les propositions de l'opposition, estimant "qu'aucune politique ne ressort grandie d'une absence de débat".

Après le renvoi en commission du texte sur les paradis fiscaux, un "enterrement" pour Fabien Roussel, alors que le gouvernement avait dit être en accord avec ses objectifs, André Chassaigne a aussi évoqué les "baisers de la mort du 8 mars".

"Vous vous opposez à tout dès lors que le bébé n'est pas né dans vos rangs!", a aussi lancé Jean-Paul Lecoq après le "énième renvoi" du jour sur le texte sur les marchands de sommeil.

Les communistes avaient joué des réseaux sociaux pour mieux répercuter leurs messages, avec un Facebook live dès mercredi. Un usage cependant moins massif que pour l'"Insoumis D(ay)" de février et ses cinq propositions, rejetées, sur le burn-out, la fin de vie ou les contrôles d'identité.

Mais l'hémicycle était "quasi vide", même pour parler "droits des femmes", ont déploré les communistes, photos à l'appui sur Twitter. André Chassaigne a opposé "les actes de foi" mercredi "devant les caméras durant les questions au gouvernement" à "l'absentéisme" jeudi, "particulièrement important" de la majorité.

Jean-Luc Mélenchon a, lui, accusé le président de l'Assemblée d'être "le premier à faire de la propagande antiparlementaire", en n'étant pas présent alors que François de Rugy a "fait un cheval de bataille" de la lutte contre l'absentéisme. Le locataire du perchoir avait une série d'engagements, a souligné son entourage.

Face à ces attaques, le président du groupe MoDem Marc Fesneau a appelé à ne pas faire "d'antiparlementarisme", la porte-parole LREM Olivia Grégoire demandant "un peu moins de démagogie".

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