"La Fête de l'Humanité prouve que même avec 2%, le PCF n'est pas mort": comme Marie-Claude, nombre de communistes sont venus se ressourcer à La...
A la Fête de l’Humanité, les militants viennent se convaincre que le « PCF n’est pas mort »
"La Fête de l'Humanité prouve que même avec 2%, le PCF n'est pas mort": comme Marie-Claude, nombre de communistes sont venus se ressourcer à La...
Par Baptiste BECQUART
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"La Fête de l'Humanité prouve que même avec 2%, le PCF n'est pas mort": comme Marie-Claude, nombre de communistes sont venus se ressourcer à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) le temps d'un weekend, et tenter de conjurer le péril qui guette le parti.
Absent à la présidentielle de 2017, relégué au second plan par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, moribond dans les premiers sondages pour les élections européennes de mai 2019... "On ne peut pas descendre plus bas, sauf à disparaître", lâche Annick, élue municipale d'opposition aux Ulis (Essonne).
A la Fête de l'Huma, cette quinquagénaire persévère dans ce qu'elle croit nécessaire pour remonter la pente: "Aller au charbon dans des batailles concrètes". Devant le stand de la fédération de l'Essonne, elle alpague le chaland pour faire signer une pétition contre la fermeture d'un hôpital.
Car la Fête, au-delà d'être un festival très peu cher aux affiches prestigieuses (NTM, Big Flo et Oli, Franz Ferdinand cette année), c'est aussi 450 stands, dont la moitié sont les fédérations et sections locales du PCF.
Il est ainsi courant d'entendre dans les allées: "Rendez-vous au Jura", "à Evreux". La Fête devient l'espace de trois jours une France miniature, bourdonnant de débats autour d'un verre ou d'une saucisse, et de la musique des sonos rencontrées tous les 20 mètres.
De quoi faire la fierté de Jean-François, 60 ans, fonctionnaire territorial venu de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône): "la Fête, c'est la joie de vivre, la combativité pour gagner et construire un autre avenir".
"C'est aussi un rendez-vous qui nous permet de voir un renouvellement, on a des jeunes, des familles qui viennent" sur le stand, se réjouit-il.
Et se réjouir, Jean-François en a besoin: ce grand bonhomme en marcel, débonnaire lorsqu'il propose ses tartines de tapenade, s'assombrit quand on évoque le sort du parti. "Ce n'est pas nous seuls qui sommes en difficulté, c'est toute la société qui est pourrie..." Il pousse un grand soupir, qui en dit long, à l'évocation des textes proposés pour le Congrès extraordinaire de novembre, qui s'annonce crucial.
Ces textes traitent des problèmes existentiels du parti - quel communisme prôner aujourd'hui, à qui et comment le parti doit-il s'adresser.
"Vous faites lire ça à des jeunes des milieux populaires, ils vont vous envoyer chier, c'est incompréhensible!", peste lors d'un débat une vieille militante.
- "Créer l'utopie" -
La Palestinienne Ahed Tamimi (C) à la Fête de l'Humanité pour participer à un débat, le 15 septembre 2018 à La Courneuve, près de Paris
AFP
Mais Marie-Claude, adhérente depuis 1974 à Paris, regrette justement que les jeunes ne soient pas en mesure de comprendre: "Ils ne voient pas la finalité de la lutte, ils sont assaillis par les leitmotivs du pouvoir. A l'école, on n'apprend pas le partage, et ils sont déjà formatés, on va avoir beaucoup de mal à inverser la tendance".
De fait, sur le stand où elle se trouve, "les Amis de la Commune de Paris" de 1871, tapissé de livres, l'homme au micro a bien du mal à accrocher l'attention de la foule sur cet événement emblématique pour le communisme.
Le politologue Frédéric Sawicki, présent à un débat sur l'avenir des partis, estime en tout cas que le PCF n'aurait pas dû négliger "ses écoles de formation" à partir de la fin des années 80.
"Le rôle d'un parti est de créer l'utopie", avance Maryse, une infirmière retraitée. "Si les gens tractaient en masse, c'est parce qu'ils croyaient à la révolution".
Continuer d'y "croire", c'est à ça que sert la Fête de l'Humanité aux militants. D'autant qu'ils n'y sont pas seuls, avec la présence de délégations étrangères, dont la jeune Palestinienne Ahed Tamimi qui doit intervenir en clôture sur la grande scène.
Iris est l'une de ces nouvelles pousses que le parti voudrait voir plus nombreuses. A 17 ans, elle vient de créer sa section de Jeunes communistes à Tarbes (Hautes-Pyrénées). Même pour cette débutante, "la Fête renouvelle l'envie d'être dans l'action, de militer". Jean-François ironise: "La Fête de l'Huma, il faudrait la faire tous les jours de l'année".
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.
Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.
Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.
Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.