A La France insoumise, premières divergences sur le fonctionnement interne
La France insoumise, lancée il y a deux ans autour du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, laisse apparaître de...

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La France insoumise, lancée il y a deux ans autour du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, laisse apparaître de...
Public Sénat

Par Baptiste BECQUART

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La France insoumise, lancée il y a deux ans autour du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, laisse apparaître de premières divergences sur son fonctionnement interne alors que son leader a lancé la campagne des européennes.

En début d'année, la députée Clémentine Autain, venue d'Ensemble, une des composantes du Front de gauche, avait encouragé le mouvement à "réfléchir à comment faire vivre le pluralisme en interne". A l'époque, elle avait marqué sa différence en jugeant sévèrement la brouille entre le Parti communiste et LFI, souhaitant des discussions "sans humilier ni mépriser".

Aujourd'hui elle dédramatise: "Le mouvement est gazeux, il n'est pas abouti, il y a forcément des insatisfactions sur qui décide (...). Mais on ne veut pas avoir le nez que là dessus".

Cependant le mécontentement existe. Un Collectif des Insoumis démocrates (CID) s'est mis en place il y a quelques mois et sa pétition "Pour la démocratie dans LFI" a recueilli 600 signatures. Parmi les questions qu'il soulève: Qui a décidé que l'écologie, les retraites et le lien entre Emmanuel Macron et l'Europe seraient les axes principaux de la bataille pour les européennes, présentés par M. Mélenchon samedi ?

"On ne choisit pas nos représentants, les axes du programme, le vocabulaire politique, ou la stratégie", regrette Christophe Cailloux, le co-fondateur du CID, auprès de l'AFP. "C'est pire que les anciens partis: il n'y a pas d'élections internes, pas de congrès, pas de courant".

Mais selon Manuel Bompard, responsable des campagnes et désigné parmi les têtes de liste pour les européennes, c'est précisément parce que le mouvement se veut éloigné des partis que son organisation doit être différente.

Le responsable met en avant les groupes d'action qui s'auto-organisent localement, et le tirage au sort pour les deux tiers des participants aux conventions ou au Comité électoral, qui a récemment désigné les candidats aux européennes.

"Jusqu'à présent les tirés au sort n'ont eu aucun pouvoir réel", répond Christophe Cailloux. "Ils ne représentent rien ni personne, et sont plus facilement influencés" par le tiers restant, les dirigeants des "espaces" (programmatique, opérationnel, politique...)

Résultat, selon Clémentine Langlois, candidate de LFI sur la première circonscription des Français de l'étranger aux élections législatives, et autre fondatrice du CID, "le pouvoir reste dans les mains d'un petit groupe de personnes" proches de Jean-Luc Mélenchon.

"Il y a une direction polycentrique, mais diverses questions se posent sur la désignation des chefs", admet un dirigeant de LFI. "Certains militants aguerris sont parfois désarçonnés, il y a une demande très forte de démocratie et il ne faut pas sous-estimer cette question."

L'économiste Liêm Hoang Ngoc co-fondateur des Socialistes insoumis, a dénoncé vendredi une pratique de consolidation d'"un noyau dur" par Jean-Luc Mélenchon, après avoir suspendu la participation de son groupe à LFI en juillet.

Quant au député François Ruffin, l'une des personnalités les plus médiatiques du mouvement, il a préféré rester en vacances en famille plutôt que de venir à Marseille ce week-end, une absence remarquée.

- "Lutte des classes, lutte des places" -

"La manière de se rapprocher de Mélenchon, c'est de gagner ses galons, et c'est sain", souligne un proche d'un député LFI.

"On n'est pas sortis du jour au lendemain de la cuisse de Mélenchon !", s'exclame Danièle Obono, députée LFI de Paris. "On essaie de construire quelque chose de différent, pour ne pas reproduire les mêmes schémas avec les mêmes erreurs", explique celle qui a connu les déchirements de l'extrême gauche, comme Jean-Luc Mélenchon au PS.

"La lutte des classes ne doit pas être remplacée par la lutte des places", résume Thomas Guénolé, politologue qui a créé l'"Ecole de formation" de LFI.

"Il faut aussi accepter que ceux qui ont été au coeur de l'élection présidentielle soient décisionnaires", argumente Jean-Marie Brom, responsable du livret Energie.

Lui a brigué une place sur la liste des européennes, sans être retenu. Il retient pourtant "l'enthousiasme incroyable qu'(il) avai(t) par le passé connu avec les Verts dans les années 1980. Après, les Verts ont voulu devenir un parti..."

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