François Fillon, fragilisé par l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme, s'est montré lundi à La Réunion résolument confiant d...
A La Réunion, Fillon se dit confiant d’échapper à sa mise en examen
François Fillon, fragilisé par l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme, s'est montré lundi à La Réunion résolument confiant d...
Par Nadège PULJAK
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
François Fillon, fragilisé par l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme, s'est montré lundi à La Réunion résolument confiant d'échapper à une mise en examen, qui mettrait à bas sa candidature à la présidentielle.
"Juridiquement, je ne vois pas comment ça peut se produire. On serait dans une quasi-voie de fait", a confié M. Fillon à des journalistes. Persuadé d'être en proie à une "injustice profonde", il a réaffirmé sa promesse de se retirer s'il est mis en examen.
Le Parquet national financier (PNF), qui s'est autosaisi de l'affaire -une décision contestée par le candidat et ses avocats, qui la jugent "illégitime"-, avait indiqué dimanche qu'aucune décision n'(était) prise à ce stade de l'enquête" et qu'"aucun calendrier (n'était) fixé à ce jour".
Selon le député LR Philippe Houillon, spécialiste des questions judiciaires et ultramarines qui accompagnait M. Fillon à La Réunion, plusieurs options s'offrent au PNF: "soit il renvoie le dossier au parquet de droit commun (tribunal correctionnel), soit il ouvre une information judiciaire, soit il classe sans suite".
Cette dernière option semble être exclue par le candidat et ses proches. M. Fillon a de nouveau mis en garde contre une "crise institutionnelle" s'il était forcé de renoncer. Il estime que "depuis le début, l'option est claire: éliminer le candidat légitimé par la primaire" de la droite. "Je vois bien le trouble que cette affaire suscite dans l'opinion mais le socle de l'électorat de droite est solide", a-t-il dit.
François Fillon lors d'un meeting à Saint-Pierre, au sud-ouest de La Réunion, le 12 février 2017
AFP
Dimanche, lors d'un pique-nique suivi d'un meeting à Saint-Pierre (sud-ouest), les sympathisants LR lui ont manifesté leur fidélité avec enthousiasme, aux cris de "Fillon président".
"Votre nombre est la meilleure réponse à tous ceux qui veulent nous empêcher de faire campagne", a-t-il lancé à la foule, à qui il a promis que les Outre-mer seraient épargnés dans son programme de réduction du nombre de fonctionnaires -500.000 en cinq ans- "tant que l'emploi n'y serait pas meilleur".
- Echange direct à la mosquée -
"Attaqué 24h/24" mais décidé à se battre "jusqu'au bout" pour gagner en mai car son programme est "le seul capable de relancer la France", il a également assuré que l’Etat consacrerait "deux milliards d’euros par an en faveur de l’emploi outre-mer".
François Fillon lors d'une messe dans une église de Saint-Gilles-les-Bains à La Réunion, le 12 février 2017
AFP
M. Fillon a, trois jours durant, multiplié les rencontres avec élus, chefs d'entreprises, responsables religieux ou simples citoyens, comme lundi dans la rue piétonne et très commerçante de Saint-Denis, où il est allé se promener sans presse. Dimanche, il a assisté à la messe à Saint-Gilles et, "croyant" revendiqué, il a communié.
Avant son arrivée, la presse locale s'était fait l'écho d'une certaine méfiance dans l'île, où se côtoient des habitants d'origines et de religions diverses, certains Réunionnais n'ayant pas apprécié qu'il ait récemment affirmé que la France n'était "pas un pays mosaïque" ou qu'elle n'avait "pas inventé l'esclavage".
Mais seules quelques dizaines de personnes ont manifesté, avec pour slogans "Non aux emplois fictifs" ou "Fillon, rends l'argent". Des heurts sans gravité se sont brièvement déroulés samedi entre pro et anti-Fillon samedi à Etang salé, devant une ferme photovoltaïque.
Avant de clore son voyage avec d'autres visites d'entreprises, M. Fillon s'est rendu lundi matin à la Grande Mosquée de Saint-Denis, la plus vieille de France, où il a eu un échange direct avec les autorités musulmanes.
Au candidat qui leur disait son souhait de voir "monter du fond même des citoyens français de confession musulmane ce cri de colère et de protestation contre les extrémistes, pas seulement contre les terroristes", le président de la mosquée, Iqbal Ingar, a répondu: "quoi qu'il fasse, on renvoie toujours le musulman à sa religion. Il ne faut pas s'étonner de la montée du communautarisme".
Avant de reprendre l'avion, M. Fillon, passionné de Formule 1, s'est rendu sur un circuit automobile. Il est monté en passager dans un bolide qui s'est livré à des dérapages contrôlés.
Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.
En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».
Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.
Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.