A La Réunion, Macron passe en mode participatif pour défendre ses « engagements »
En meeting à Saint-Denis après une journée de visite à La Réunion, Emmanuel Macron s'est lancé dans un inhabituel exercice de questions-réponses...

A La Réunion, Macron passe en mode participatif pour défendre ses « engagements »

En meeting à Saint-Denis après une journée de visite à La Réunion, Emmanuel Macron s'est lancé dans un inhabituel exercice de questions-réponses...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

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En meeting à Saint-Denis après une journée de visite à La Réunion, Emmanuel Macron s'est lancé dans un inhabituel exercice de questions-réponses avec la salle, pour défendre ses "engagements" pour l'île, notamment sur l'éducation et l'agriculture.

"Qu'est-ce qu'il y a ? Si vous avez une question, descendez et venez prendre le micro", a soudainement lancé le candidat d'En Marche, interpellé par une voix dans l'assistance du Petit Stade de l'Est.

Généralement adepte du monologue, M. Macron, favori des sondages à 29 jours du premier tour, a ainsi donné un coup de frais à un meeting qui s'annonçait poussif, avec de nombreuses places vides dans des gradins quelque peu assommés par la touffeur.

Emmanuel Macron (D) s'exprime après avoir cédé le micro à une personne du public lors d'un meeting, le 25 mars 2017 à Saint-Denis de la Réunion
Emmanuel Macron (D) s'exprime après avoir cédé le micro à une personne du public lors d'un meeting, le 25 mars 2017 à Saint-Denis de la Réunion
AFP

M. Macron a ainsi fait monter sur scène un président d'association inquiet pour la jeunesse de l'île, une jeune chef d'entreprise ulcérée par "les blocages" rencontrés, une "métropolitaine venue travailler à La Réunion" ou un petit garçon de 6 ans s'interrogeant sur la manière dont on "devient président".

Un exercice de spontanéité qui, jure-t-on du côté de l'équipe de campagne, n'était pas préparé, mais a permis à M. Macron de dérouler certains de ses "engagements".

Emmanuel Macron, le 25 mars 2017 près de saint-Leu sur l'île de La Réunion
Emmanuel Macron, le 25 mars 2017 près de saint-Leu sur l'île de La Réunion
AFP

"Je n'ai pas la solution à tous les problèmes et je ne suis pas le Père Noël", a-t-il prévenu, tout comme il avait assuré un peu plus tôt, à sa descente de l'avion, qu'il n'était "pas venu faire des promesses".

M. Macron a surtout insisté sur l'éducation, rappelant que "le premier problème c'est l'illettrisme", dans ce territoire "parfois oublié, où les défis sont plus grands qu'en métropole".

"Quand il y a 20% des jeunes qui ne savent pas lire, écrire ou compter proprement, ils ne peuvent pas travailler", a-t-il poursuivi. Il a réaffirmé sa volonté d'avoir 12 élèves par classes en CP et CE1 dans les zones d'éducation prioritaire, ce qui concernerait "quasiment la moitié des élèves" sur l'île.

- "Travail et détermination" -

Emmanuel Macron coupe du bambou avec une machette, le 25 mars 2017 près de saint-Leu sur l'île de la Réunion
Emmanuel Macron coupe du bambou avec une machette, le 25 mars 2017 près de saint-Leu sur l'île de la Réunion
AFP

"Il faut aussi donner plus de liberté, plus d'autonomie aux enseignants. On ne peut pas enseigner de la même manière à l'autre bout du monde", a-t-il renchéri.

L'ancien ministre de l’Économie a aussi fait recette en répétant vouloir "simplifier les règles administratives". "Il y a beaucoup de règles qui sont pensées depuis Paris (...) qui rajoutent de la complexité. Elles doivent être adaptées à la réalité du terrain".

M. Macron a par ailleurs livré quelques pistes pour "développer la filière agricole", donnant au passage des gages à la filière canne-sucre, inquiète de la levée des quotas de production au niveau européen au 1er octobre.

"On ira au bout de l'enveloppe des 38 millions d'euros d'aide pour la canne à sucre, j'en prends l'engagement", a-t-il déclaré. Cette aide était une promesse faite par François Hollande lors de sa visite à la Réunion en août 2014 et a été acceptée par la Commission européenne en décembre 2016.

"Mon souhait, c'est que l'on arrive aussi à moderniser les exploitations, en termes d'irrigation et d’industrialisation. On a prévu un plan d'investissements d'avenir agricole de 5 milliards d'euros", avait-il déclaré plus tôt, en arpentant un champ de cannes à sucre.

Emmanuel Macron visite le marché de Saint-Leu sur l'île de la Réunion, le 25 mars 2017
Emmanuel Macron visite le marché de Saint-Leu sur l'île de la Réunion, le 25 mars 2017
AFP

Escorté par Gilbert Annette, maire PS de Saint-Denis, et Thierry Robert, député-maire MoDem de Saint-Leu, M. Macron s'est également rendu sur un marché. "J'ai toujours la même volonté d'aller au contact, d'expliquer, d'entendre les attentes et les colères", a-t-il déclaré, alors que des sondages récents le placent en tête du premier tour, devant Marine Le Pen.

"Pour moi, ce sera un mois de travail, de détermination, de conviction sur le terrain", a-t-il poursuivi.

Dimanche, il poursuivra sa visite sur un marché de Saint-Denis, avant de déjeuner avec des représentants religieux, puis de s'envoler pour Mayotte où il tiendra un meeting à 18H30 locales (17H30 en métropole).

Le déplacement à la Réunion est un passage quasi obligé pour les candidats à la présidentielle. Marine Le Pen, François Fillon ou Nicolas Dupont-Aignan y sont déjà allés. Benoît Hamon s'y rend le 1er avril.

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