A Lille, l’aménagement d’une friche comme symbole d’une nouvelle métropole verte
Un espace rare de 23 hectares, en centre-ville: à Lille, où les pics de pollution ne se comptent plus, le projet de Martine Aubry d'aménagement...

A Lille, l’aménagement d’une friche comme symbole d’une nouvelle métropole verte

Un espace rare de 23 hectares, en centre-ville: à Lille, où les pics de pollution ne se comptent plus, le projet de Martine Aubry d'aménagement...
Public Sénat

Par Julia PAVESI

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Un espace rare de 23 hectares, en centre-ville: à Lille, où les pics de pollution ne se comptent plus, le projet de Martine Aubry d'aménagement d'une friche est critiqué par ses concurrents aux

Située près du périphérique, une ancienne gare de marchandises fermée au début des années 2000 est aujourd'hui interdite au public, laissant place à un immense terrain vague.

La mairie socialiste et la métropole européenne de Lille y portent depuis plusieurs années un projet immobilier, fondé sur un "équilibre entre habitat, nature et tout ce qui concourt à la vitalité urbaine". Devraient sortir de terre environ 35.000 m² de bureaux, 20.000 m2 de commerces, un nouveau parc de 3,4 ha, une piscine olympique et 2.400 logements, dont 65% à caractère social.

Lorsque le gouvernement de François Hollande a cédé en 2017 le foncier pour 7 millions d'euros, bien en deçà des prix du marché, c'était justement parce que le projet devait "permettre aux classes moyennes de se loger dans du neuf au centre-ville".

C'était sans compter l'opposition de plusieurs collectifs de défense de l'environnement. Dans une "ville minérale" -où il n'y a qu'un seul grand parc- ce projet pourrait "irrémédiablement défigurer" la capitale des Flandres de 232.000 habitants, selon l'association Parc, qui a saisi la justice.

En attendant une décision sur le fond du tribunal administratif, le projet actuel est suspendu. Une opportunité pour tous les prétendants au beffroi, qui en font un angle d'attaque contre Martine Aubry, candidate à un 4e mandat, et le symbole du "verdissement" de leur campagne.

La friche Saint-Sauveur "est un totem qui représente la vision de la ville de demain", juge la candidate LREM Violette Spillebout, ex-directrice de cabinet de Mme Aubry, qui veut revoir le projet dans des proportions différentes: un "bioparc" de 15 hectares et 1.500 logements pour répondre à "un vrai besoin".

- Eviter "l'étalement urbain" -

Stéphane Baly, candidat pour Les Verts (EELV), à la mairie de Lille, le 25 octobre 2019 dans un parc de Lille
Stéphane Baly, candidat pour Les Verts (EELV), à la mairie de Lille, le 25 octobre 2019 dans un parc de Lille
AFP

Chez les Verts, officiellement toujours dans la majorité même s'ils ont pris leurs distances, on promet "un grand poumon vert" au lieu du projet "mort-né" de la maire, qu'ils ont pourtant soutenu un temps.

"Il ne reste plus que Martine Aubry et un carré autour pour le défendre", juge Stéphane Baly, tête de liste EELV, qui espère tirer profit des 21,7% enregistrés par le parti aux européennes à Lille. "Le projet actuel correspond au temps de réflexion de la fin des années 90, pas aux enjeux planétaires et aux urgences locales".

Et les opposants de rappeler les chiffres: seulement 14m2 d'espaces verts par habitant, une pollution atmosphérique chronique - en 2018, l'indice de qualité de l'air a été mauvais voire très mauvais pendant 9 jours et moyen à médiocre sur 111 jours, selon l'organisme régional de surveillance Atmo.

"La banquise est en train de fondre autour de la majorité actuelle, elle va s’arc-bouter sur des positions, elle ne peut pas remonter", veut croire Julien Poix, candidat LFI, qui promet "zéro construction" et "un poumon vert géré en coopérative citoyenne".

La maire sortante de Lille, Martine Aubry candidate qui brigue un nouveau mandat présente son programme le 1er février 2020
La maire sortante de Lille, Martine Aubry candidate qui brigue un nouveau mandat présente son programme le 1er février 2020
AFP

Du côté de la mairie, on balaie les critiques, voyant dans les positions des concurrents, "pas à la hauteur", un opportunisme électoral.

"Je ne pense pas que les Lillois attendent que Saint-Sauveur se transforme en réserve avec des tables et des cabanes en cagettes pour quelques-uns", avance Stanislas Dendievel, adjoint à l'Urbanisme.

La majorité sortante estime que le projet de l'architecte Jan Gehl répond à la "lutte contre l'étalement urbain", aux "besoins de logements" et présente un "bilan écologique global exceptionnel"... Tout en se disant prête à le faire "évoluer".

La semaine dernière, Martine Aubry a reçu le soutien appuyé de l'ancienne ministre du Logement Emmanuelle Cosse, qui a fustigé la "démagogie" de ses anciens camarades écologistes.

"Saint-Sauveur est une très bonne idée", a plaidé l'ex-patronne d'EELV. La mairie a pu "récupérer des terrains que la SNCF aurait pu vendre beaucoup plus cher à des promoteurs privés", a-t-elle dit avant de lâcher: "c'est pas aux bien logés d'expliquer où vont vivre les mal logés !"

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