À Limoges, des divisions partout, qui rendent incertaine l’élection municipale 

Droite comme gauche partent divisées pour l’élection municipale à Limoges. Ancien bastion de gauche passé à droite depuis 2014, la ville pourrait à nouveau changer de couleur politique. Le résultat du premier tour sera déterminant pour d’éventuelles alliances.
Jérôme Rabier

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Émile Roger Lombertie ne veut pas abandonner la mairie de Limoges. Même lâché par son parti, les LR, et une bonne partie de sa majorité qui souhaitait un renouvellement, le maire repart en campagne à 75 ans. Il cible volontiers celui qui veut prendre sa place à droite, Guillaume Guérin. Et répond avec une verve intacte à ceux qui l’accusent de faire la campagne de trop.

Émile Roger Lombertie candidat surprise

« Il y a des saloperies qui me disent que je suis trop vieux, je me dis que pour servir les autres on n’est jamais trop vieux ! » lâche-t-il à une bonne connaissance croisée dans les rues de sa ville. En janvier il a donc annoncé sa candidature, à la surprise générale, après avoir promis plusieurs fois de passer les rênes à Guillaume Guérin, qui lui est à la tête de la métropole. Celui qui a ravi la ville au PS en 2014, après 102 ans à gauche, jure d’aller au bout de sa démarche, y compris au second tour.

Face à lui, Guillaume Guérin joue la carte de la jeunesse et du renouvellement. Déjà président de la métropole, il veut désormais prendre l’hôtel de ville. En meeting, il fait entendre ses griefs envers le maire sortant. « Je lui en veux sur un plan humain, car son investiture de 2014 il me la doit. L’organisation de sa campagne de 2014 et de celle de 2020 il me les doit, et je regrette que les choses se soient passées de la sorte », attaque le candidat officiellement investi par Les Républicains.

Une majorité municipale disloquée

Des divisions étalées au grand jour, et qui montre la dislocation de l’ancienne majorité. Le centriste Vincent Léonie ayant lui aussi décidé de faire campagne de son côté. Même si Guillaume Guérin assure que « sur 15 adjoints 12 sont partis avec moi », et qu’il est soutenu par des militants venus des partis de droite, du centre, et même du Parti radical de gauche.

LFI-écologistes contre PS/PCF/Place Publique

Si la droite est profondément divisée, la gauche n’est pas plus unie. Député LFI, Damien Maudet est à la tête d’une alliance des écologistes et des insoumis. Spécialiste à l’assemblée des questions de santé, le député candidat espère convaincre et notamment sortir en tête des voix à gauche au soir du premier tour. Pour la suite il promet de tendre la main, mais estime dans le même temps que « le parti socialiste en Haute-Vienne est sans doute un de ceux les plus recroquevillés sur lui-même, sur une ligne plutôt Hollande-Glucksman », ce qui pourrait compliquer l’alliance selon Damien Maudet. Même s’il s’engage à proposer la fusion des listes de gauche s’il sort en tête le 15 mars au soir.

Pour le Parti Socialiste, Thierry Miguel revendique lui aussi l’union, avec le parti communiste et place publique. Chef de file de l’opposition municipale, il espère reprendre la ville à la droite. « 12 ans de mandat, mais ressenti 100 ans », plaisante à moitié celui qui est aussi élu au département. Et pour le second tour, il promet aussi « de prendre (s) es responsabilités au soir du premier tour, pour faire en sorte que Limoges revienne à gauche. » Mais en posant quelques conditions : « Il faudra du dialogue, il faudra du compromis, mais sur la base des valeurs qui sont les miennes, à savoir des valeurs républicaines très affirmées » prévient le chef de file socialiste. En clair, Thierry Miguel demandera à Damien Maudet des engagements pour que les dérapages nationaux ne soient pas acceptés sur le plan local.

Le résultat au soir du premier tour s’annonce très serré, et avec un Rassemblement national qui espère aussi passer la barre des 10 %, cinq candidats pourraient se maintenir au second tour. Rendant tout pronostic incertain.

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