A Lyon, Jadot demande aux écologistes de « transpirer l’envie d’être maires »
"Transpirez l'envie d'être maires": lors d'un déplacement à Lyon, le chef de file d'EELV Yannick Jadot enjoint ses troupes à être...

A Lyon, Jadot demande aux écologistes de « transpirer l’envie d’être maires »

"Transpirez l'envie d'être maires": lors d'un déplacement à Lyon, le chef de file d'EELV Yannick Jadot enjoint ses troupes à être...
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Par Baptiste BECQUART

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"Transpirez l'envie d'être maires": lors d'un déplacement à Lyon, le chef de file d'EELV Yannick Jadot enjoint ses troupes à être ambitieuses aux élections municipales de mars, où les écologistes espèrent s'imposer dans plusieurs villes d'importance, de Rouen à Bordeaux en passant par Besançon ou Villeurbanne.

Depuis un mois, le conflit des retraites domine les débats, et Yannick Jadot, accueilli à la sortie de la gare Part Dieu par des tracts de la CGT, le sait. Qu'importe, il continue d'aller soutenir les candidats écologistes en région pour conjurer le risque d'une campagne électorale écrasée par le débat social.

Après Rouen, Bordeaux, Montpellier, Strasbourg ou encore Rennes, c'est à Lyon et Villeurbanne que l'ex-tête de liste aux élections européennes de mai, qui ont fait changer EELV de dimension (3e force politique avec 13,5%), a consacré une visite éclair.

Les écologistes sont encouragés par de bons sondages. Dans la métropole, leur candidat Bruno Bernard est pour l'instant le seul à être en mesure de rivaliser avec l'emblématique maire de Lyon Gérard Collomb.

A Villeurbanne, l'ancienne adjointe Béatrice Vessiller est l'une des favoris à la succession du maire socialiste Jean-Paul Bret, qui ne se représente pas et qui laisse une majorité divisée entre soutien à LREM et soutien au PS. Si l'on ajoute Lyon intra-muros, où Grégory Doucet est en pôle position, "on peut vraiment gagner les trois" collectivités, se réjouit Bruno Bernard.

Alors dans les locaux de campagne, verre de cidre et galette des rois en main, Yannick Jadot délivre un discours de conquête. "Il n'est plus question d'être les supplétifs et les partenaires sympas, qui nous battons au sein de majorités que nous ne dirigeons pas", lance-t-il.

Il concède: "Gérard Collomb a été un temps le maire qu'il fallait à Lyon, comme Chirac et Delanoë ont été celui qu'il fallait à Paris, comme Chaban-Delmas et Juppé ont été celui qu'il fallait à Bordeaux".

- Divergences à Paris -

Cette fois, s'empresse de rajouter Yannick Jadot, "le temps des écologistes est venu. Ma demande c'est que vous incarniez, que vous transpiriez cette envie-là d'être maires, d'être les patrons". Les militants rigolent: ils savent que la transformation de leur parti, culturellement bâti sur la contestation de l'ordre établi, en parti au pouvoir n'est pas aisée.

"J'ai fait beaucoup de campagnes et on disait +On va viser 15% et si on a 10% on sera content+. Mais celle-ci est vraiment sérieuse", assure Benjamin Badouard, en deuxième position sur la liste de la circonscription Lyon-Est, à l'AFP.

Résultat, témoigne le directeur de campagne de Bruno Bernard, Axel Marin: "En 2014 on se demandait comment on allait faire pour monter des listes, là les gens se battent pour figurer dessus".

Dans beaucoup de grandes et moyennes villes, EELV est à la tête de listes écologistes émancipées des anciens alliés de gauche. Les candidats mettent l'accent sur la rénovation thermique des logements, le développement des transports en commun et l'alimentation.

Signe du nouvel esprit de responsabilité, la lutte contre l'insécurité est placée par Béatrice Vessiller parmi ses trois priorités de campagne à Villeurbanne.

Mais le petit caillou dans la chaussure des divergences internes menacent régulièrement de perturber la marche d'EELV.

Récemment, l'évocation par le candidat à Paris, David Belliard, d'une hypothétique coalition avec le marcheur dissident Cédric Villani a été analysée comme "une maladresse" par le secrétaire national Julien Bayou, et a rendu perplexe de nombreux militants.

Mais Yannick Jadot l'a soutenue et il a même jugé dimanche "maladroite" la position affichée de Julien Baypou. Il explique à l'AFP: "Quand j'entends que Villani serait macroniste, non il est avant tout Villani, il n'est pas Benjamin Griveaux. C'est une question d'attitude, il faut rassembler et ouvrir le chemin. Julien dit +Non sauf si+, moi je dis +Oui si+" Cédric Villani se désolidarise du gouvernement.

Ces débats, "c'est dommage, on était sortis de ça depuis quelques temps. Il faut de nouveau se focaliser sur les échéances", soupire Béatrice Vessiller.

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