A Marseille, Macron rencontre Estrosi et riposte tous azimuts
Emmanuel Macron a rencontré samedi, à la surprise générale, le président LR de la région PACA Christian Estrosi avant de...

A Marseille, Macron rencontre Estrosi et riposte tous azimuts

Emmanuel Macron a rencontré samedi, à la surprise générale, le président LR de la région PACA Christian Estrosi avant de...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a rencontré samedi, à la surprise générale, le président LR de la région PACA Christian Estrosi avant de répliquer vivement, lors d'un grand meeting à Marseille, à ses rivaux notamment à François Fillon et son "clan", accusés de courir après le FN.

Sa première étape a été une rencontre au conseil régional avec M. Estrosi, présentée comme une "visite républicaine" de "courtoisie" et pas un ralliement, mais qui a été fustigée par d'autres candidats.

Le candidat d'En Marche! a rappelé "le combat livré par Christian Estrosi aux dernières régionales" face au FN. "Les républicains de cette région, de tous bords, n'auraient pas compris qu'à l'occasion de cette visite à Marseille, je ne reçoive pas l'ancien ministre de l’Économie", a justifié M. Estrosi, disant son "estime, voire (son) amitié" pour M. Macron.

En décembre 2015, l'ex-maire de Nice l'avait emporté au second tour face à la liste du FN emmenée par Marion Maréchal-Le Pen. Il avait été aidé par le retrait du candidat socialiste Christophe Castaner, désormais l'un des proches soutiens de M. Macron. "Je crois que les républicains se reconnaissent à cela, à savoir où sont les vrais dangers pour la République", a jugé le candidat d'En Marche! dans le bureau de son hôte.

Ce scénario de "front républicain" pourrait se répéter pour éviter des triangulaires aux législatives, dans une région où le FN fait ses plus gros scores.

Dans un meeting où il s'en est pris, davantage qu'à l'accoutumée, à ses rivaux, le favori des sondages a cependant lancé dans l'après-midi devant 5.000 à 6.000 personnes, selon les organisateurs: "On craint dégun!", expression marseillaise signifiant "on ne craint personne".

Devant ses partisans rassemblés dans la salle immense, glacée par les courants d'air, du parc Chanot, Emmanuel Macron a critiqué le socialiste Benoît Hamon le plaçant dans le camp de ceux qui "ne veulent plus gouverner".

Il s'est montré virulent à l'égard de Marine Le Pen et du Front national, les désignant comme les "principaux ennemis" et les "héritiers du parti de la haine" et défendant les Français d'origine étrangère "fiers d'être Français". Et quand la salle a sifflé à l'évocation du Front national, il a lancé : "Ne les sifflez jamais! Combattez-les! Sortez-les!"

- "très content de son coup" -

Le candidat, qui limite d'habitude les charges contre ses adversaires, a surtout riposté aux récentes attaques de François Fillon.

"Il n'a plus de programme, alors il invective les autres. Il ne peut plus aller à la rencontre des Français, alors il se calfeutre avec son clan", a raillé M. Macron.

"Ils ont décidé de tourner le dos à la République pour embrasser Sens commun (émanation politique de la Manif pour tous au sein de LR - ndlr). Eh bien, honte à eux !", a accusé le candidat de 39 ans. "Qu'ils suivent cette route poursuivant le Front national. Nous, nous sommes là et nous allons gagner!", s'est-il exclamé.

M. Macron a aussi conspué "les pratiques inacceptables" du "clan" Fillon après les sifflets ayant visé vendredi à Toulon M. Estrosi, auquel des partisans de M. Fillon n'ont pas pardonné d'avoir demandé le retrait de leur champion empêtré dans ses affaires judiciaires.

Mais cette rencontre a suscité les critiques d'autres candidats. Ainsi, depuis La Réunion, Benoît Hamon a fustigé une "campagne marquée par la malhonnêteté, intellectuelle notamment", parce qu'"on ne fait pas une politique d'Estrosi à Delanoë ou alors c'est la politique du grand n'importe quoi".

De son côté, Marine Le Pen a dépeint la rencontre comme "une alliance" prouvant selon elle que "le système n’hésite plus désormais à afficher son union, pour la sauvegarde des postes", après le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron. "Estrosi en marche pour Macron !", a ironisé Marion Maréchal-Le Pen, députée FN du Vaucluse.

Malgré ces critiques, M. Macron était "très content de son coup", selon un proche.

Au terme d'un déplacement où il a été confronté à une manifestation hostile de taxis contre le "candidat de l'ubérisation", M. Macron, supporter de l'OM, s'est rendu au Vélodrome pour le match de Ligue 1 contre Dijon.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le