A Marseille, au-delà du très médiatique match Mélenchon-Mennucci, le 1er tour des législatives a illustré la percée des candidats de la République en Marche, qui ont devancé les socialistes sortants, tous éliminés, et menacent même la droite LR dans ses bastions traditionnels.
"Ce n'est pas ce qu'on avait l'habitude de voir, c'est vrai que sur un plan personnel, ça fait mal", a déploré sur France 3 le premier adjoint de Jean-Claude Gaudin (LR), Dominique Tian, résumant un sentiment sans doute largement partagé par beaucoup, notamment à droite. Devancé de plus de 11 points dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône par la candidate REM Claire Pitollat, le député sortant, élu à l'Assemblée depuis 1997, a reconnu être "un peu affligé de ce score (réalisé) face à une inconnue".
Les autres figures de la droite marseillaise ne s'en sont pas tellement mieux sorti: Guy Tessier, député de la 6e circonscription depuis 1988 est lui aussi devancé par une candidate REM, comme Valérie Boyer, députée sortante de la 1ère circonscription des Bouches-du-Rhône et ex-porte-parole de François Fillon à la présidentielle.
Pour Yves Moraine, maire de secteur et président du groupe LR à la mairie, la claque est d'autant plus cruelle qu'il est présenté comme possible dauphin du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin: dans la 5e circonscription --qui avait déjà porté malheur en 2012 à Renaud Muselier (LR), alors aussi considéré comme le futur successeur de M. Gaudin-- il a été devancé par deux néophytes en politique, une candidate En Marche et un Insoumis.
Sur France 3, Guy Tessier a lancé lundi un appel à "une mobilisation très forte" des électeurs pour "préférer la compétence et l'expérience à l'aventure". Dès la veille au soir, M. Gaudin avait appelé à "sursaut indispensable" pour que "le dialogue démocratique subsiste à Marseille comme en France".
- Percée d'En marche! dans les quartiers nord -
A gauche, à l'instar de ce qui s'est passé au niveau national, le PS a sans surprise subi une débâcle à Marseille et plus généralement les Bouches-du-Rhône, avec la perte des 8 sièges qu'il avait gagnés en 2012, dont ses 4 de la cité phocéenne.
François Fillon et Valérie Boyer le 31 mars 2017 à Toulon
AFP
Victime la plus médiatique de ces résultats, le député sortant Patrick Mennucci, qui avait lui-même ravi le siège à la droite en 2012, est éliminé dès le premier tour dans la 4e circonscription, devancé très largement par le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et par la candidate REM, Corinne Versini, qui finit 9 points devant lui.
Sur le papier, Jean-Luc Mélenchon est en position favorable, mais malgré son appel du pied aux électeurs de Patrick Mennucci, les reports de voix restent très incertains.
Eliminé aussi, Henri Jibrayel, le député PS sortant de la 7e circonscription, dans les quartiers Nord, détenue naguère par les communistes. Lui aussi battu au profit du candidat d'En Marche, Saïd Ahamada, un enfant des cités marseillaises. Il affronte, au 2e tour, le FN qui confirme, dans un contexte de forte abstention (69%), son implantation dans les quartiers Nord, les plus déshérités de la cité phocéenne. Il a en revanche été éliminé dans les autres circonscriptions.
La République en marche fait également une percée spectaculaire dans l'autre circonscription des quartiers Nord, la 3e, où un duel FN/LFI était attendu dans la foulée de l'excellente score obtenu à la présidentielle par M. Mélenchon. Le maire FN du secteur, Stéphane Ravier, qui avait raté de peu l'élection en 2012 face au PS, arrive en tête (30,84%). Mais la candidate LFI Sarah Soilihi, la "mascotte" de M. Mélenchon qui était venu la soutenir plusieurs fois, a été devancée par une candidate macroniste, Alexandra Louis, une avocate nouvelle venue sur la scène politique arrivée deuxième.
Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.
Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.