A Marseille, République En Marche (REM) bouscule les clivages
A Marseille, au-delà du très médiatique match Mélenchon-Mennucci, le 1er tour des législatives a illustré la percée des candidats de la...

A Marseille, République En Marche (REM) bouscule les clivages

A Marseille, au-delà du très médiatique match Mélenchon-Mennucci, le 1er tour des législatives a illustré la percée des candidats de la...
Public Sénat

Par Beatrix BACONNIER MARTIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

A Marseille, au-delà du très médiatique match Mélenchon-Mennucci, le 1er tour des législatives a illustré la percée des candidats de la République en Marche, qui ont devancé les socialistes sortants, tous éliminés, et menacent même la droite LR dans ses bastions traditionnels.

"Ce n'est pas ce qu'on avait l'habitude de voir, c'est vrai que sur un plan personnel, ça fait mal", a déploré sur France 3 le premier adjoint de Jean-Claude Gaudin (LR), Dominique Tian, résumant un sentiment sans doute largement partagé par beaucoup, notamment à droite. Devancé de plus de 11 points dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône par la candidate REM Claire Pitollat, le député sortant, élu à l'Assemblée depuis 1997, a reconnu être "un peu affligé de ce score (réalisé) face à une inconnue".

Les autres figures de la droite marseillaise ne s'en sont pas tellement mieux sorti: Guy Tessier, député de la 6e circonscription depuis 1988 est lui aussi devancé par une candidate REM, comme Valérie Boyer, députée sortante de la 1ère circonscription des Bouches-du-Rhône et ex-porte-parole de François Fillon à la présidentielle.

Pour Yves Moraine, maire de secteur et président du groupe LR à la mairie, la claque est d'autant plus cruelle qu'il est présenté comme possible dauphin du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin: dans la 5e circonscription --qui avait déjà porté malheur en 2012 à Renaud Muselier (LR), alors aussi considéré comme le futur successeur de M. Gaudin-- il a été devancé par deux néophytes en politique, une candidate En Marche et un Insoumis.

Sur France 3, Guy Tessier a lancé lundi un appel à "une mobilisation très forte" des électeurs pour "préférer la compétence et l'expérience à l'aventure". Dès la veille au soir, M. Gaudin avait appelé à "sursaut indispensable" pour que "le dialogue démocratique subsiste à Marseille comme en France".

- Percée d'En marche! dans les quartiers nord -

A gauche, à l'instar de ce qui s'est passé au niveau national, le PS a sans surprise subi une débâcle à Marseille et plus généralement les Bouches-du-Rhône, avec la perte des 8 sièges qu'il avait gagnés en 2012, dont ses 4 de la cité phocéenne.

François Fillon et Valérie Boyer le 31 mars 2017 à Toulon
François Fillon et Valérie Boyer le 31 mars 2017 à Toulon
AFP

Victime la plus médiatique de ces résultats, le député sortant Patrick Mennucci, qui avait lui-même ravi le siège à la droite en 2012, est éliminé dès le premier tour dans la 4e circonscription, devancé très largement par le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et par la candidate REM, Corinne Versini, qui finit 9 points devant lui.

Sur le papier, Jean-Luc Mélenchon est en position favorable, mais malgré son appel du pied aux électeurs de Patrick Mennucci, les reports de voix restent très incertains.

Eliminé aussi, Henri Jibrayel, le député PS sortant de la 7e circonscription, dans les quartiers Nord, détenue naguère par les communistes. Lui aussi battu au profit du candidat d'En Marche, Saïd Ahamada, un enfant des cités marseillaises. Il affronte, au 2e tour, le FN qui confirme, dans un contexte de forte abstention (69%), son implantation dans les quartiers Nord, les plus déshérités de la cité phocéenne. Il a en revanche été éliminé dans les autres circonscriptions.

La République en marche fait également une percée spectaculaire dans l'autre circonscription des quartiers Nord, la 3e, où un duel FN/LFI était attendu dans la foulée de l'excellente score obtenu à la présidentielle par M. Mélenchon. Le maire FN du secteur, Stéphane Ravier, qui avait raté de peu l'élection en 2012 face au PS, arrive en tête (30,84%). Mais la candidate LFI Sarah Soilihi, la "mascotte" de M. Mélenchon qui était venu la soutenir plusieurs fois, a été devancée par une candidate macroniste, Alexandra Louis, une avocate nouvelle venue sur la scène politique arrivée deuxième.

Partager cet article

Dans la même thématique

A Marseille, République En Marche (REM) bouscule les clivages
4min

Politique

Nouvelle-Calédonie : devant le Sénat, la ministre des Outre-mer détaille les avancées de l’accord Élysée-Oudinot 

Cet accord, soutenu par les principales formations politiques néo-calédoniennes, à l’exception du FLNKS, prévoit l'adoption d'un projet de loi constitutionnelle au printemps et le déploiement d’un plan de relance de 2,2 milliards d’euros sur quatre ans. Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer, était auditionnée au Sénat ce 22 janvier.

Le

A Marseille, République En Marche (REM) bouscule les clivages
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

A Marseille, République En Marche (REM) bouscule les clivages
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le