A Nantes, Macron se pose en M. Sécurité aux côtés de Le Drian
Emmanuel Macron s'est posé mercredi comme seul candidat à la présidentielle capable "d'assurer la sécurité" des Français sur fond de menace...

A Nantes, Macron se pose en M. Sécurité aux côtés de Le Drian

Emmanuel Macron s'est posé mercredi comme seul candidat à la présidentielle capable "d'assurer la sécurité" des Français sur fond de menace...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron s'est posé mercredi comme seul candidat à la présidentielle capable "d'assurer la sécurité" des Français sur fond de menace terroriste ravivée, en s'affichant pour la première fois aux côtés du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian lors d'un meeting à Nantes.

A quatre jours du premier tour, le candidat d'En Marche!, 39 ans et jamais élu, a voulu donner des gages sur sa capacité à assumer les prérogatives régaliennes dans une France frappée depuis 2015 par une série d'attentats et en état d'urgence. Une nécessité accrue par le contexte tendu après l'arrestation mardi de deux hommes soupçonnés de préparer un attentat imminent.

"La première mission d'un chef de l'Etat, la mission la plus importante, c'est celle d'assurer la sécurité de ses concitoyens, car c'est la condition pour assurer votre liberté. Cette mission première, j'y suis prêt", a clamé M. Macron devant quelque 5.500 personnes au Zénith de Nantes.

Sous les yeux de Jean-Yves Le Drian, qui lui avait apporté son soutien il y a un mois mais n'était jamais apparu à ses côtés, le candidat a rappelé que "ceux qui nous attaquent ont décidé de venir perturber notre élection présidentielle".

"Ce soir, en étant rassemblés ici, en disant à quel point nous tenons à la démocratie (...) nous leur apporterons la plus solide des réponses", a clamé l'ancien ministre de l'Economie.

M. Macron a rendu "hommage à nos forces de police et de renseignement" mais aussi "aux forces d'intervention", alors que "plusieurs hommes du Raid" surveillaient la réunion publique dans le cadre du renforcement des dispositifs de sécurité des candidats. L'occasion aussi de rappeler qu'il bénéficie de l'appui de Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du Raid et candidat En Marche! aux législatives.

Martial, il a promis de "poursuivre et mettre hors d'état de nuire tous ceux qui ont attaqué notre pays ou ont eu le projet de le faire, les terroristes où qu'ils se trouvent". Ce qui "revient à poursuivre le travail opéré depuis cinq ans par Jean-Yves le Drian", a salué le candidat d'En Marche.

- Le Drian "de plain pied" avec Macron -

S'il est monté sur l'estrade pour entonner la Marseillaise avec M. Macron à la fin du meeting, M. Le Drian n'a pas pris la parole. Il avait affirmé à la descente du train venant de Paris être "de plain pied avec l'action, le projet d'Emmanuel Macron".

"Et il a, dans le domaine qui me concerne, sur la sécurité et la défense, une détermination sensible qui fait que je le rejoins sur ses orientations", avait-il insisté.

Emmanuel Macron (d), candidat d'En Marche! à la présidentielle et Daniel Cohn-Bendit, le 19 avril 2017 à Nantes
Emmanuel Macron (d), candidat d'En Marche! à la présidentielle et Daniel Cohn-Bendit, le 19 avril 2017 à Nantes
AFP

Dans son allocution de plus d'une heure, M. Macron a pointé avec virulence les faiblesses supposées de ses adversaires en matière de sécurité. D'abord, il a critiqué Marine Le Pen, "pas digne d'être aujourd'hui à la tête de la République", alors que la candidate FN "affirmé qu'avec elle la France n'aurait pas connu les attentats qui l'ont ensanglantée".

Puis, Jean-Luc Mélenchon et son "projet fallacieux qui consiste à vouloir désarmer la France". "On ne fait pas la paix avec l'apparence des bons sentiments", a-t-il dit, plaidant pour "une diplomatie solide, "une armée forte, avec des armes de dissuasion". Le candidat a aussi insisté sur "une Europe forte et que l'on défend", lui qui a fait une longue ode à l'Europe et dont le meeting a été ouvert par un mot de Daniel Cohn-Bendit.

Et il a réservé l'estocade pour François Fillon, ancien "Premier ministre qui a décidé de supprimer plus de 50.000 postes dans nos forces de l'ordre". "On peut maintenant faire des promesses mais quand on n'a pas été à la hauteur pendant plusieurs années, ces promesses ne valent pas grand chose", a raillé M. Macron.

Partager cet article

Dans la même thématique

A Nantes, Macron se pose en M. Sécurité aux côtés de Le Drian
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le