À Paris, la douloureuse campagne de LREM en attendant Villani

À Paris, la douloureuse campagne de LREM en attendant Villani

Ira? N'ira pas? Depuis l'investiture de Benjamin Griveaux pour être le candidat de LREM aux municipales à Paris, Cédric Villani semble se...
Public Sénat

Par Ambre TOSUNOGLU

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Ira? N'ira pas? Depuis l'investiture de Benjamin Griveaux pour être le candidat de LREM aux municipales à Paris, Cédric Villani semble se rapprocher de plus en plus d'une candidature dissidente, au risque de tout faire perdre à la majorité présidentielle.

Après un été de réflexions, le député de l'Essonne doit annoncer ses "intentions" mercredi, plusieurs médias annonçant déjà sa candidature, sans que l'intéressé ne démente.

Mais un proche de M. Villani tempère. "Cédric a très envie d'y aller mais n'est pas dans une démarche de rupture avec Emmanuel Macron. Il est encore très sensible au président et ne quittera pas de lui-même LREM", témoigne cette source auprès de l'AFP.

Avant toute décision, le mathématicien, lauréat de la prestigieuse médaille Fields, doit encore "s'exprimer devant ses proches", précise à l'AFP son entourage.

Il a entamé cette tournée, accompagnée d'Anne Lebreton jeudi en rencontrant Gaspard Gantzer et Isabelle Saporta. "Il ne m'a pas annoncé officiellement qu'il serait candidat", a confié l'ex-conseiller communication de François Hollande.

Reste également à répondre à la lettre de Benjamin Griveaux, dans laquelle ce dernier propose à M. Villani de "co-piloter" la campagne de LREM.

"Nos équipes ont travaillé tout l'été, échangé sur les propositions que je souhaitais faire à Cédric", des échanges consignés "dans la lettre de trois pages" adressée vendredi 23 août et qui restait pour l'heure sans réponse, a souligné jeudi matin l'ancien porte-parole du gouvernement, en marge d'un point presse.

L'affaire paraissait pourtant réglée le 10 juillet lorsque, après des semaines de psychodrame, la Commission nationale d'investiture (CNI) a tranché en faveur de Benjamin Griveaux pour porter le drapeau de LREM en mars 2020. Mais la fronde portée par M. Villani ne s'est pas calmée et le mathématicien n'a jamais donné le moindre signe de ralliement.

Le député de La République en Marche et possible candidat à la Mairie de Paris Cédric Villani, le 4 juillet 2019 dans la capitale française
Le député de La République en Marche et possible candidat à la Mairie de Paris Cédric Villani, le 4 juillet 2019 dans la capitale française
AFP/Archives

S'il est candidat dissident, "est-ce que Villani échappera à un procès en déloyauté ? Non. Mais est-ce que cela lui nuira ? Non", ajoute un membre du gouvernement, et ce bien que M. Villani risque une exclusion immédiate de LREM s'il décide d'y aller.

"Cédric est mathématicien, mais il faudrait qu'il soit bon calculateur. La division, c'est l'échec. Le rassemblement, c'est la victoire", prévenait lundi sur Europe 1 le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

Risque de divisions, propos déplacés de M. Griveaux à l'égard de ses anciens concurrents... le début de campagne à Paris patine chez En Marche. Or, l'enjeu est de taille: "Une partie de la victoire des municipales se jouera à Paris" et "je ne vois pas le président de la République laisser Paris" à l'opposition, affirme un cadre de la majorité, qui n'a "pas le sentiment que Benjamin Griveaux fait son trou mais que Villani fait le sien".

- "Paysage éparpillé" -

S'il se présente, "la candidature de Cédric Villani serait une candidature alternative et pas dissidente", plaide Anne Lebreton, candidate à l'investiture qui avait rallié le mathématicien dans la dernière ligne droite.

Il n'empêche: dans les autres partis, on se délecte. "On n'aurait pas pu espérer un départ plus catastrophique de Benjamin Griveaux", se félicite un cadre du Parti socialiste. "En septembre, il se retrouve encore à essayer d'être investi par son parti, comme en juillet", ajoute ce responsable.

Et ce en dépit des soutiens de l'ancien candidat Mounir Mahjoubi et jeudi de la maire ex-LR du IXe arrondissement, Delphine Bürkli.

Pour tenter d'éclaircir la situation, le Premier ministre Édouard Philippe avait pourtant rencontré successivement en juillet Benjamin Griveaux, Cédric Villani et le candidat de centre-droit et député Agir, Pierre-Yves Bournazel.

Pierre-Yves Bournazel, député Les Républicains de Paris, est pris en photo le 19 juin 2017 en arrivant à l'Assemblée nationale
Pierre-Yves Bournazel, député Les Républicains de Paris, est pris en photo le 19 juin 2017 en arrivant à l'Assemblée nationale
AFP/Archives

"On ne me demande rien, absolument rien", assure auprès de l'AFP M. Bournazel.

Dans l'entourage de la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, on confesse néanmoins qu'"une candidature de Cédric Villani n'arrange pas forcément". "Villani candidat diminue les voix de Griveaux, mais nous en prend aussi", abonde une source proche de la maire sortante Anne Hidalgo, dont la candidature doit être officialisée, selon plusieurs sources, en décembre.

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