A Paris, la droite se cherche des candidats… et une stratégie
Quels candidats, et quelle stratégie face à LREM qui chasse sur son terrain ? A trois mois et demi des municipales, la droite parisienne peine à...

A Paris, la droite se cherche des candidats… et une stratégie

Quels candidats, et quelle stratégie face à LREM qui chasse sur son terrain ? A trois mois et demi des municipales, la droite parisienne peine à...
Public Sénat

Par Ambre TOSUNOGLU et Claire GALLEN

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4 min

Publié le

Quels candidats, et quelle stratégie face à LREM qui chasse sur son terrain ? A trois mois et demi des municipales, la droite parisienne peine à se mettre en ordre de bataille.

La présidente de la région Ile-de-France (Libres!, ex-LR) Valérie Pécresse a résumé la difficulté dimanche: "Je pense que les LR ne peuvent pas gagner seuls à Paris".

Dans cette logique, "il faut qu'ils s'élargissent et fassent toute leur place à tous ceux qui aujourd'hui mènent une politique de droite à Paris", a-t-elle assuré sur BFMTV.

Car à Paris, plusieurs maires sortants, hier estampillés LR, ont pris leurs distances avec le parti: Delphine Bürkli (IXe) et Florence Berthout (Ve) se présentent sous les couleurs LREM. D'autres, encore LR, testent les limites: Philippe Goujon (XVe) a invité à tracter Pierre-Yves Bournazel (candidat de centre-droit à Paris, député Agir), tandis que Geoffroy Boulard (XVIIe) a lancé sa campagne sans la moindre référence à son parti...

Ces dissidences posent un dilemme à droite: alliance, ou ostracisme? Sur une ligne intransigeante, la candidate investie par LR Rachida Dati vient de proposer à la direction du parti de leur opposer des candidats dans chaque arrondissement.

Mme Pécresse, tenante d'une ligne souple à l'approche des régionales et de la présidentielle, estime au contraire que tourner le dos aux maires menant une politique de droite est "une erreur stratégique fondamentale".

De quoi compliquer la tâche de la Commission nationale d'investiture des Républicains, qui tranchera d'ici début janvier. "Je veux qu'on prenne le temps de choisir nos candidats dans chaque arrondissement", a dit à l'AFP le patron des LR Christian Jacob, insistant pour que "les candidats soutenus par Les Républicains votent, bien entendu, pour notre candidate".

Selon un élu de droite, M. Jacob cherche "un compromis pour éviter à LR le ridicule de présenter des listes LR contre des maires LR".

Christian Jacob pose le 5 septembre 2019 à Paris
Christian Jacob pose le 5 septembre 2019 à Paris
AFP/Archives

"Jacob s'en fout, du moment qu'on est tous ensemble. Il n'a pas envie que la pétaudière de Paris lui pète à la figure", ajoute un autre.

- Pas collectif -

Dans cette équation, LR a quelques atouts: "Les gens de droite détestent plus Anne Hidalgo qu'ils ne détestaient Bertrand Delanoë", assure un élu parisien de la majorité, convaincu que "Dati a un socle de 10 à 11% minimum" d'intentions de vote. "L'avantage de la droite c'est que leurs électeurs sont disciplinés", relève celui-ci.

Mais le parti est aussi en perte de vitesse à Paris, s'effondrant à quelque 10% aux élections européennes. Le grand chelem (victoire dans tous les arrondissements), réalisé deux fois sous Jacques Chirac dans les années 80, est un lointain souvenir. Et "les Parisiens attendent quelque chose qui dépasse les partis, une plateforme plus large", ajoute cet élu proche d'Anne Hidalgo.

D'autant que la personnalité de Mme Dati peut aussi jouer: "Elle passe en force, ça passe ou ça casse. Elle ne sait pas s'inscrire dans le collectif. Mais on ne peut pas insulter tout le monde sans qu'il y ait des conséquences", souffle un élu.

Pour la droite, l'équation peut se compliquer encore de l'inconnue Modem: "Ils sont paumés. Je ne les vois pas aller avec Griveaux", la tête de liste LREM, pense un responsable parisien, proche du Modem. "Ils seront vendus à la découpe et chaque candidat aura sa mascotte Modem", prophétise-t-il.

Au-delà des têtes de liste, c'est aussi le "troisième tour" qui est l'enjeu de cette élection particulière, lorsque les élus voteront eux-mêmes en Conseil pour élire le maire de Paris.

De quoi faire rêver à certains d'un "troisième homme", candidat de compromis entre les têtes d'affiche. "C'est possible. Mais ce ne peut être qu'un des candidats en lice", relève un élu LR.

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