Paris: Emmanuel Macron Receives President Of Guinea-Bissau Umaro Sissoco Embalo
French President Emmanuel Macron awaits the President of Guinea-Bissau Umaro Sissoco Embalo at the Elysee Palace in Paris, FRANCE - 09/12/2024.//JEE_gbissau.08/Credit:J.E.E/SIPA/2412091943

A quelle date Emmanuel Macron pourra-t-il à nouveau dissoudre l’Assemblée nationale ?

Si le président de la République dit ne pas souhaiter cette hypothèse avant 2027, un blocage durable de l’Assemblée nationale pourrait le contraindre à déclencher de nouvelles élections législatives. Explications.
Quentin Gérard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pour le moment, Emmanuel Macron balaie cette hypothèse. Ce mardi 10 décembre, devant les chefs de partis à l’Elysée, hors RN et LFI, le chef de l’Etat a fait part de « sa volonté de ne pas dissoudre l’Assemblée nationale d’ici 2027 », a rapporté Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes. Soit pas avant l’année de la prochaine présidentielle.

Pour ça, l’objectif du Président de la République est d’élargir le « socle commun » aux forces de gauche, exception faite de la France Insoumise, dans un « accord de non-censure ». Pour en faire partie, les écologistes, les socialistes et les communistes demandent la nomination d’un chef de gouvernement issu du NFP et l’engagement de ne pas utiliser le 49.3.

Quel que soit le prochain Premier ministre, le blocage de la chambre basse tripartite pourrait perdurer, rendant impossible le vote de n’importe quel texte de compromis. Pour tenter de débloquer cette situation, Emmanuel Macron pourrait alors être amené à dissoudre l’Assemblée nationale et à déclarer de nouvelles élections législatives, sans être certain d’un changement des rapports de force. A quelle date ce scenario peut-il arriver ?

Une question de calendrier

Selon l’article 12 de la Constitution, le président de la République ne peut dissoudre l’Assemblée nationale qu’à une seulement condition : le respect du calendrier. « Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections », peut-on lire. Les dernières élections législatives se sont tenues les 30 juin (premier tour) et 7 juillet (second tour). Le terme « année qui suit » doit-il être pris en compte à partir du décret de dissolution, soit le 9 juin, du premier ou du second tour ?

Pour le constitutionnaliste Théo Ducharme « l’article 12 doit être interprété comme faisant référence au second tour, c’est-à-dire après l’élection définitive de l’Assemblée nationale ». Il faut toutefois être prudent selon le maître de conférences en droit public car « ça n’a pas été tranché en droit ». Il n’existe aucun précèdent sur lequel s’appuyer et aucun juge ne s’est dit compétent pour contrôler la conformité d’une dissolution. A deux reprises, en 1988 et en 2024, le Conseil constitutionnel s’est déclaré incompétent. C’est finalement le Président qui signe le décret de dissolution et c’est lui qui interprète la Constitution.

« La dissolution est possible un an après, à partir de la date du second tour des élections législatives », confirme de manière catégorique Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste et professeur de Droit public à l’Université de Lille. « Soit, à partir du 8 juillet 2025 », poursuit-il. Ensuite, le scrutin doit se dérouler au moins vingt jours et au maximum quarante jours après la dissolution. Soit entre le dimanche 3 août et le dimanche 17 août. A noter que l’élection doit forcément avoir lieu un dimanche. On peut également imaginer que la dissolution ne serait pas décidée aussitôt le délai constitutionnel écoulé, mais au retour des vacances d’été 2025.

Cependant, d’autres constitutionnalistes ne sont pas d’accord. « Pour moi, seul le décret fait foi », indique Anne-Charlène Bezzina, maître de conférences en droit public à l’Université de Rouen. Selon cette interprétation, le Président de la République pourrait donc dissoudre dès le mardi 10 juin 2025. Les élections législatives pourraient alors se tenir entre le dimanche 6 juillet et le dimanche 20 juillet 2025.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le