A Rouen, LFI mise sur Ruffin pour le sprint final de leur campagne
Jouant l'union sacrée plutôt que la rivalité, les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry reçoivent jeudi pour leur meeting de...

A Rouen, LFI mise sur Ruffin pour le sprint final de leur campagne

Jouant l'union sacrée plutôt que la rivalité, les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry reçoivent jeudi pour leur meeting de...
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Par Baptiste BECQUART

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Jouant l'union sacrée plutôt que la rivalité, les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry reçoivent jeudi pour leur meeting de Rouen le renfort de l'électron libre François Ruffin, devenu incontournable dans leur difficile campagne européenne.

Après une chevauchée solitaire de plusieurs mois à tourner son film sur les "gilets jaunes" "J'Veux du soleil", écrire son pamphlet sur Emmanuel Macron "Ce pays que tu ne connais pas" (Les Arènes) et assurer leur promotion, François Ruffin donne du temps à la campagne de LFI, qui stagne entre 7 et 10% dans les sondages.

Il a reçu Manon Aubry et Jean-Luc Mélenchon sur ses terres à Amiens pour un premier meeting en avril, a participé mercredi soir aux conclusions d'une commission d'enquête factice sur McDonald's dirigée par la numéro 3 sur la liste, Leïla Chaibi, et enchaîne avec le meeting de jeudi à Rouen, à dix jours du scrutin.

Certes, tous les députés insoumis sont mobilisés. Mais peu - pas même le protégé de Jean-Luc Mélenchon Adrien Quatennens - peuvent se targuer de faire des meetings au côté du chef de file, et aucun deux meetings. Le député de la Somme s'est même payé le luxe d'imposer son slogan pour la fin de campagne de LFI: "Dites Manon à Macron".

Proposé à l'assistance en plein meeting à Amiens, il a tout de suite séduit l'équipe de campagne, comme l'explique à l'AFP son directeur Bastien Lachaud, proche de M. Mélenchon: ce slogan contient l'idée de "référendum anti-Macron" cher à LFI pour cette élection, et "il ne dit pas juste non, mais incite à voter aussi pour le programme porté par Manon Aubry, pour une alternative".

François Ruffin a confié en tout cas à l'AFP apprécier les meetings, ironisant: "Le public est plus chaleureux que dans l'hémicycle" de l'Assemblée nationale. Mais il ne semble pas voir de rupture entre sa participation à la campagne et son militantisme habituel: "Je débats partout, sur les ronds-points, dans les cinémas, les salles municipales, la bourse du travail..."

- "Contenir" "l'enfant surdoué" -

Bastien Lachaud ne cache pas sa satisfaction que François Ruffin, électron libre assumé, "participe pleinement à cette campagne": "Il a dû mal à travailler dans un collectif mais ses projets portent la voie de l'insoumission, comme son joli film", qui sera diffusé place Stalingrad avant le meeting de Paris dimanche.

En plus de bénéficier de sa popularité, les dirigeants insoumis essaient ainsi de repousser le spectre d'une rivalité entre le député de la Somme et leur chef de file Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier "en fait des tonnes pour contenir Ruffin, car si Ruffin part (de son côté à la présidentielle), Mélenchon reste collé sous les 10%", observe un ténor socialiste.

Le nom de François Ruffin revient régulièrement dans la bouche des militants et de certains cadres - en privé - comme possible alternative au cas où M. Mélenchon ne se présenterait pas en 2022.

Le "député-reporter" lui-même, dans son livre sorti en février, entretenait une certaine ambiguïté en réclamant un "président-reporter" et en livrant ses états d'âme sur les ambitions que certains voudraient le voir assumer: "L'élection présidentielle pervertit tout. Et je le sens jusqu'en moi-même: ça vous effleure, grossit en vous comme une tumeur, ce +Pourquoi pas moi ?+".

François Ruffin avait raconté au Figaro, début mars, que "l'un de ceux qui (l)'encouragent à ne pas fermer la porte de la présidentielle, c'est justement Jean-Luc Mélenchon".

"Ils ne peuvent pas s'entendre parfaitement, ce n'est pas la même génération, le même parcours: Mélenchon est ancien socialiste, homme de culture et républicain, tandis que Ruffin est journaliste globe-trotter et trublion. Mais Mélenchon le considère et le traite comme l'enfant surdoué de la classe", analyse un cadre insoumis.

Le chef de file s'est lui-même attelé à rassurer sur son entente avec François Ruffin, en participant chez le Picard en avril à une vidéo Youtube. "Pour la première fois j'ai un invité dans ma cuisine, mon président, qui (y) tenait absolument", s'y amusait l'hôte. "C'est le duel qu'attendaient tous les journalistes politiques, Booba vs Kaaris!"

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