A un mois de sa primaire, le PS se prépare à jouer gros
A un mois du premier tour de la primaire de la gauche qu'il organise, le Parti socialiste a la sensation de jouer très gros avec ce scrutin...

A un mois de sa primaire, le PS se prépare à jouer gros

A un mois du premier tour de la primaire de la gauche qu'il organise, le Parti socialiste a la sensation de jouer très gros avec ce scrutin...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A un mois du premier tour de la primaire de la gauche qu'il organise, le Parti socialiste a la sensation de jouer très gros avec ce scrutin déterminant pour son unité et peut-être même sa survie.

Le PS est distancé par la droite et l'extrême droite, mais aussi sérieusement menacé par l'émergence d'Emmanuel Macron et la campagne au long cours de Jean-Luc Mélenchon, à quatre mois de l'élection présidentielle.

"Dire qu'il y a cinq ans nous avions tout, et que maintenant tout risque de s'effondrer comme un château de cartes", résume une parlementaire de l'aile gauche du parti.

Pour se convaincre qu'une déroute à la présidentielle puis aux législatives n'est pas inéluctable, la direction du PS mise sur l'impulsion de la primaire (22-29 janvier), en s'appuyant sur l'exemple du scrutin de 2011 qui avait réuni près de 2,7, puis 2,9 millions de votes aux premier et second tours, et porté François Hollande à l'Elysée.

Emmanuel Macron, ex-ministre français de l'EConomie et candidat à la présidentielle de 2017 en campagne à Remire-Montjoly, en Guyane, en France, le 20 décembre 2016
Emmanuel Macron, ex-ministre français de l'EConomie et candidat à la présidentielle de 2017 en campagne à Remire-Montjoly, en Guyane, en France, le 20 décembre 2016
AFP

A Solférino, où on espère cette fois-ci entre 1,5 et 2 millions d'électeurs, "on sent que l'objectif principal est de réussir la primaire, peu importe le résultat. Il y a le sentiment que tout le monde joue gros", témoigne un des organisateurs du scrutin.

D'autant plus que la primaire de la droite en novembre "a mis la pression sur le PS car l'organisation était bonne", ajoute-t-il, en se référant aux 4,3 millions de votants au premier tour, 4,4 millions au deuxième, pour investir François Fillon.

Au-delà de la logistique dans les 8.000 bureaux de vote, il s'agit surtout que le petit mois de campagne, entrecoupé de trois débats télévisés (12, 15, 19 janvier), ne creuse pas irrémédiablement les lignes de fracture entre les sept candidats, parmi lesquels quatre ministres socialistes du quinquennat écoulé (Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Benoît Hamon).

- exercices d'équilibriste -

Chacun devra donc se livrer à un exercice d'équilibriste, en répondant à la double exigence de se différencier des autres candidats, sans se déchirer. Périlleux, si l'on considère le rythme effréné de la campagne, qui pourra être propice aux faux pas.

C'est en ce sens que le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis suggérait début décembre à Manuel Valls, actuel favori de la primaire, "d'être dans une position nouvelle de rassemblement". Tirant ainsi un trait sur les "positions irréconciliables à gauche" que l'ancien Premier ministre avait théorisées lorsqu'il était à Matignon.

Jean-Luc Mélenchon, candidat de l'extrême gauche à la présidentielle de 2017, à Bordeaux, le 29 novembre 2016
Jean-Luc Mélenchon, candidat de l'extrême gauche à la présidentielle de 2017, à Bordeaux, le 29 novembre 2016
AFP/Archives

Car ce "rassemblement", déjà un lancinant leitmotiv de ces dernières semaines, devra s'effectuer avec l'espoir, affiché mais pour l'heure bien hypothétique, de parvenir à un accord avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et En Marche! d'Emmanuel Macron.

"Si beaucoup d'électeurs viennent voter, si une dynamique se crée lors de la primaire, tout le monde se posera la question du rassemblement", veut croire Christophe Borgel, l'organisateur du scrutin.

Pour l'heure, chacun structure sa chapelle, en s'accordant une trêve relative durant les fêtes.

Discrets cette semaine, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon reprendront leur travail de terrain à partir du 28 décembre.

Manuel Valls et Vincent Peillon, eux, attendront début janvier pour détailler leurs propositions.

L'ex-Premier ministre, qui a vu une centaine de parlementaires mardi soir à l'Assemblée nationale pour écouter les propositions des uns et des autres, présentera son programme le 3 ou le 4 janvier, participera à "L'émission politique" de France 2 le 5 et devrait tenir le premier de ses quatre grands meetings en région Hauts-de-France le 8 janvier.

M. Peillon, qui a dévoilé mercredi son équipe de campagne, détaillera son "projet" le 6 janvier.

Lancé sur le tard dans cette primaire, après le renoncement de François Hollande début décembre, l'ancien ministre de l'Education court après la montre pour engranger soutiens et notoriété. En espérant tout rafler grâce à un positionnement central au sein d'un parti divisé.

La radicale de gauche Sylvia Pinel, ancienne ministre, et les écologistes François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias feront de leur côté de leur mieux pour se faire entendre.

Partager cet article

Dans la même thématique

A un mois de sa primaire, le PS se prépare à jouer gros
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

A un mois de sa primaire, le PS se prépare à jouer gros
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

A un mois de sa primaire, le PS se prépare à jouer gros
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

A un mois de sa primaire, le PS se prépare à jouer gros
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le