Abrogation de la réforme des retraites : « Le président et la majorité ont peur du vote », estime ce député LIOT

La majorité présidentielle s’appuie sur des motifs budgétaires pour essayer de faire déclarer irrecevable la proposition de loi du groupe LIOT, visant à abroger la réforme des retraites. Au micro de Public Sénat et de LCP, le député Benjamin Saint-Huile estime qu’un vote sur ce texte, quelle que soit son issue, permettrait de sortir de la crise politique.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Une main tendue » pour sortir du blocage politique et de la crise sociale provoquée par la réforme des retraites. C’est ainsi que le député LIOT du Nord, Benjamin Saint-Huile, ancien socialiste, défend la proposition d’abrogation de la réforme des retraites portée par son groupe à l’Assemblée nationale. « Il y a une forme d’irresponsabilité à imaginer bloquer cette proposition, que la majorité vit comme un piège politique », a-t-il déclaré ce vendredi 26 mai au micro de l’émission « Parlement hebdo » sur Public Sénat et LCP. « La crispation et le blocage sont liés à la manière de faire du gouvernement, à cette surdité coupable. Il faut bien en sortir. Comme ils ne font aucune proposition d’apaisement, en responsabilité, nous voulons apaiser. Je n’imagine pas qu’ils vont choisir, une fois encore, d’éviter le vote. Ce serait incompris par tous ».

« Cachez ce vote que je ne saurais voir ! »

Pour autant, la majorité présidentielle espère ne pas avoir à rejouer le match particulièrement houleux des retraites au Parlement, et a déjà invoqué un motif d’irrecevabilité financière pour faire retoquer le texte avant l’ouverture des débats en séance publique, le jeudi 8 juin. C’est au président de la commission des finances, en l’occurrence le député insoumis Éric Coquerel, qu’il revient de trancher ce point.

« C’est la panique du côté du gouvernement et de la majorité parlementaire : cachez ce vote que je ne saurais voir ! Il y a une forme de jeu de dupes », commente notre invité. « Depuis le début de la Cinquième République des propositions de loi sont déposées, évidemment elles coûtent de l’argent mais par principe, pour que le travail parlementaire puisse se faire dans un climat de sérénité, elles sont toujours acceptées », relève Bruno Saint-Huile. « Nous avons étudié il y a plusieurs semaines des textes de la majorité qui devaient coûter plusieurs milliards d’euros sans que cela ne pose problème à personne. »

Un texte « symbolique »

Si le recul de l’âge légal de départ à la retraite est abrogé, le texte déposé par LIOT prévoit de compenser le manque à gagner pour la Sécurité sociale par une taxe sur les tabacs. Il prévoit également l’ouverture d’une conférence sociale destinée à plancher sur la remise à l’équilibre du système. « Le président de la République et la majorité ont peur du vote des députés. Ils ont peur de perdre car ils savent le caractère symbolique de ce texte. Ils savent qu’ils sont passés en force alors que la rue s’est mobilisée pendant des mois », estime encore Benjamin Saint-Huile.

« Nous respecterons le résultat de ce vote. Soit l’abrogation est prononcée par un vote majoritaire, soit le texte est rejeté. Nous en prendrons acte. Mais respecter la démocratie c’est accepter le fait majoritaire, d’un côté comme de l’autre », conclut-il.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Abrogation de la réforme des retraites : « Le président et la majorité ont peur du vote », estime ce député LIOT
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Abrogation de la réforme des retraites : « Le président et la majorité ont peur du vote », estime ce député LIOT
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le