Abrogation de la réforme des retraites : « On ne va pas voter sur le sujet tous les ans », proteste Olivier Marleix

Invité de notre matinale, Olivier Marleix est revenu sur l’examen de la proposition de loi d’abrogation de la réforme des retraites du groupe Liot, qui est discutée ce mercredi matin en commission à l’Assemblée. Le président du groupe LR nie avoir remplacé des députés hostiles à la réforme par des députés qui y sont favorables, et estime que ce texte est une « facétie », puisqu’il ne sera pas adopté au Sénat.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que la proposition de loi du groupe Liot est examinée en commission des Affaires sociales ce mercredi matin, des remplacements de députés LR membres de cette commission ont soulevé quelques questions. Ainsi, les députés Justine Gruet, qui avait voté la censure en mars dernier, et Thibault Bazin, ont été remplacés par Anne-Laure Blin et Véronique Louwagie, toutes les deux favorables à la réforme des retraites, pour un vote qui s’annonce crucial, puisque la majorité présidentielle va tenter de supprimer l’article 1er de la proposition de loi. Les oppositions ne pourraient alors plus réintroduire l’abrogation en séance, puisque l’irrecevabilité financière (le fameux article 40) s’applique plus durement sur les amendements que sur les textes venant de l’opposition.

« Toutes les semaines, dès lors qu’il y a des votes importants, on remplace des députés »

Lors du vote en commission, la position des députés LR sera cruciale puisqu’ils feront tomber la majorité d’un côté ou de l’autre. « Je ne suis pas membre de cette commission », temporise le président du groupe LR, Olivier Marleix, qui rappelle que « sur le sujet des retraites, l’histoire a montré qu’il fallait de l’humilité et que les consignes de vote ne suffisaient pas toujours. »

D’après lui, la majorité des LR à la commission des Affaires sociales, comme la majorité du groupe, « soutenait la nécessité de la réforme des retraites », et ne se prêtera donc pas à cette « facétie » que constitue la proposition de loi d’abrogation du groupe Liot. « Chacun sait que ce texte ne sera pas adopté au Sénat, donc c’est simplement l’occasion pour Charles de Courson de faire un peu de buzz », tacle Olivier Marleix.

En tout état de cause, le remplacement des députés n’avait pas vocation à assurer la majorité au camp présidentiel, assure le président du groupe LR : « Toutes les semaines, dans toutes les commissions, dès lors qu’il y a des votes importants, on remplace des députés. Tous les groupes ont remplacé des députés : un député ne se fait pas débrancher d’office comme ça. Il n’y a pas de sujet de ce côté-là. » En fin de compte, « la majorité des députés de mon groupe voteront l’amendement de suppression » de l’article 1er en commission, assure Olivier Marleix.

« Ce sont ceux qui ont fait en sorte qu’il n’y ait pas de débat en séance qui se plaignent maintenant »

Une manœuvre qui empêcherait un vote en séance sur l’abrogation de la réforme des retraites. « Ce qui est étonnant, c’est que ce sont ceux qui ont fait en sorte qu’il n’y ait pas de débat en séance qui se plaignent maintenant qu’il n’y ait pas de débat sur cette PPL. LFI a tout fait pour que l’on n’arrive pas au vote sur l’article 7. On ne peut pas réécrire l’histoire comme ça », répond Olivier Marleix aux protestations de l’opposition qui demande que la représentation nationale se positionne sur la réforme des retraites après l’utilisation du 49.3.

« Notre Constitution prévoit qu’à un moment, le 49.3, certes ce n’est pas la solution idéale, mais ce n’est pas non plus une forfaiture. On ne va pas faire des votes tous les ans sur le sujet », s’agace-t-il. Face à l’argumentation du groupe Liot, qui dénonce notamment la méthode de l’exécutif sur le sujet, Olivier Marleix rétorque que le sujet était de toute façon difficile.

Le président du groupe LR concède que le gouvernement « a été très mauvais sur la méthode » et « très incohérent, avec un Emmanuel Macron qui expliquait il y a trois ans qu’il ne fallait pas faire travailler les gens deux ans de plus. » Mais il estime par ailleurs que si « on aurait pu faire mieux », « cela n’aurait pas empêché des manifestations et une mobilisation sociale assez vive. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Abrogation de la réforme des retraites : « On ne va pas voter sur le sujet tous les ans », proteste Olivier Marleix
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le