Accord Chine-UE : « Le temps de la naïveté est derrière nous », estime Nathalie Loiseau
Après 7 ans de négociations, l’Union européenne et la République populaire de Chine sont parvenus à un accord global sur les investissements. Un nouveau partenariat en perspective qui doit permettre d’ouvrir les portes du marché chinois aux Européens notamment dans des secteurs jusqu’ici fermés aux investissements. En retour Pékin a obtenu une garantie d’ouverture du marché européen notamment dans l’énergie renouvelable. Nathalie Loiseau, eurodéputée Renew et ancienne ministre des affaires européennes, exige des garanties, notamment sur la question des concessions faites par l’Union en termes d’ouverture de son marché, et de respect des droits de l’homme en Chine en particulier sur le sort de la minorité musulmane Ouïghoure.

Accord Chine-UE : « Le temps de la naïveté est derrière nous », estime Nathalie Loiseau

Après 7 ans de négociations, l’Union européenne et la République populaire de Chine sont parvenus à un accord global sur les investissements. Un nouveau partenariat en perspective qui doit permettre d’ouvrir les portes du marché chinois aux Européens notamment dans des secteurs jusqu’ici fermés aux investissements. En retour Pékin a obtenu une garantie d’ouverture du marché européen notamment dans l’énergie renouvelable. Nathalie Loiseau, eurodéputée Renew et ancienne ministre des affaires européennes, exige des garanties, notamment sur la question des concessions faites par l’Union en termes d’ouverture de son marché, et de respect des droits de l’homme en Chine en particulier sur le sort de la minorité musulmane Ouïghoure.
Public Sénat

Par Maie Brémeau et Pierre Bonte-Joseph

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3 min

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Nathalie Loiseau rêve d’une Europe qui s’affirme face au géant chinois. Et peu importe si la Chine affiche une croissance de 2,3 % en 2020 malgré la pandémie. Pour la députée européenne (Renew), l’Union européenne a des atouts à faire valoir : « Le temps de la naïveté est derrière nous. On a besoin aujourd’hui de s’affirmer, non pas dans le protectionnisme car on est dans un monde ouvert où on ne peut pas se passer les uns des autres mais en défendant ce à quoi nous croyons. N’ayons pas peur de ce que nous sommes, ni de nos valeurs, ni de notre poids et de notre force. Nous sommes le marché solvable le plus grand du monde. Faisons-en un levier de négociation. »

Avant de rappeler qu’elle sera vigilante sur les concessions faites par l’Europe à la Chine, en matière notamment de circulation de travailleurs : « Je n’ai pas envie d’importer en Europe, du dumping social avec des travailleurs chinois qui viendraient travailler à d’autres conditions que les travailleurs européens ».

« N’ayons pas peur de ce que nous sommes, ni de nos valeurs, ni de notre poids et de notre force ».

Sortir de la dépendance

L’ancienne ministre chargée des affaires européennes espère ainsi que l’Europe, dans le cadre de l’accord d’investissement global négocié avec la Chine, pourra exiger plus de garanties, et notamment sur l’épineuse question des droits de l’homme. Dans son viseur : la répression contre les Chinois musulmans établis dans la province du Xinjiang. « Il y a le sort de la minorité ouïghoure avec des camps de rééducation, du travail forcé, et puis il y a le respect ou le non-respect des engagements internationaux [de la Chine]. Un accord c’est une chose. Mais sa mise en œuvre, la vérification de la mise en œuvre, et l’accompagnement par tous les instruments par lesquels l’Union européenne doit affirmer davantage sa souveraineté, et sortir davantage de sa dépendance en est une autre. »

Comme bon nombre d’autres élus européens, Nathalie Loiseau appelle à l’extrême vigilance concernant cet accord. Elle n’a pas encore décidé ce qu’elle votera. Le Parlement européen devra dans les mois qui viennent, rejeter ou accepter l’accord en un seul bloc, sans pouvoir l’amender. Les débats s’annoncent d’ores et déjà mouvementés.

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