Accord de non-censure : « On a encore quelques heures, le compte n’y est pas encore complètement », selon Patrick Kanner

« Les négociations n’ont pas été inutiles », réagit le président du groupe PS du Sénat, après le discours de François Bayrou devant le Sénat. Il salue le point « positif » de la renonciation à supprimer 4.000 postes dans l’Education. Mais il demande encore un effort d’ici demain et le vote sur la censure.
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Des avancées mais insuffisantes. Pour Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, le discours de François Bayrou devant la Haute assemblée, ce mercredi, au lendemain de sa déclaration de politique générale, ne va pas assez loin.

« Les négociations n’ont pas été inutiles »

« Les négociations n’ont pas été inutiles. Depuis presque 10 jours, nous avançons mais comme un peintre impressionniste, par petites touches. Et on ne voit pas encore le tableau final se définir. J’ai envie de dire à Monsieur Bayrou, la censure, c’est demain après-midi. On a encore quelques heures pour continuer à peindre ce tableau d’un accord de non-censure et le compte n’y est pas encore complètement », réagit au micro de Public Sénat le patron des sénateurs PS, qui a fait partie des négociateurs socialistes.

Il souligne que le premier ministre « n’a pas tout dit ». En réalité, d’autres points d’accord sont là. « Je sais que nous pouvons espérer que les jours de carence supplémentaires pour les fonctionnaires soient supprimés. Je sais qu’il y aura un véhicule législatif pour faire mieux contribuer les personnes les plus aisées dans notre pays, en matière de patrimoine », soutient le sénateur PS du Nord. « On a demandé (la non-suppression) des 4.000 postes dans l’Education, et on l’a obtenue. La négociation a un caractère positif », salue encore l’ancien ministre.

« Mais il y a un point de blocage » encore, sur les retraites. « Nous voulons que si le Medef utilise son droit de véto, que le Parlement puisse revoir tous les points, y compris la mesure d’âge, qui ont été mis sur la table pendant les trois mois de négociations à venir », demande Patrick Kanner. « Il a dit – c’est un bougé – que s’il y a quelques petits accords, qu’il est prêt à les transformer dans la loi. On avance. C’est lent. C’est peut-être le rythme que veut François Bayrou. Mais il y a une date butoir, c’est demain après-midi, le vote de la censure à l’Assemblée nationale », rappelle le président du groupe PS.

« Il faut censurer le gouvernement », selon le sénateur PS Alexandre Ouizille

Interrogé quelques minutes plus tôt, le sénateur PS de l’Oise, Alexandre Ouizille, est sur une ligne plus dure. Il salue aussi l’annonce, plus claire que la veille, du premier ministre, qui renonce à supprimer, sur le papier, 4.000 postes dans l’éducation nationale. « On est satisfaits du fait, au niveau de l’éducation, de cette annonce faite en bonne et due forme. C’était un élément de discussion qu’on avait avec eux », souligne Alexandre Ouizille. « En revanche, au niveau des retraites, nous en sommes au même point », estime le sénateur PS. « Ce n’est pas comme ça qu’on traite des gens qui représentent un tiers du pays », « pour l’instant, le compte n’y est pas », prévient le socialiste.

S’il était député, il voterait donc la censure. « Ça fait 10 jours qu’on négocie de bonne foi. […] On se rend compte au dernier moment, qu’au niveau du premier ministre, il y a un refus d’obstacle. On est très loin de nos propositions initiales. Ma position, c’est qu’il faut censurer le gouvernement. Mais il y a des délibérations collectives en cours », du côté des députés PS. « Il faut être deux pour danser. Et pour faire un compromis, il faut la volonté d’un compromis », conclut Alexandre Ouizille. A l’image des deux sénateurs, il n’est pas impossible que les députés socialistes ne soient pas tous, demain, tout à fait sur la même ligne.

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