Accord sur le Brexit : « On attend avec impatience les détails sur la pêche », prévient Jean-François Rapin
Fumée blanche. Après dix mois de négociation, un accord définissant les nouvelles relations commerciales a été trouvé in extremis entre la Grande Bretagne et l’Union européenne.

Accord sur le Brexit : « On attend avec impatience les détails sur la pêche », prévient Jean-François Rapin

Fumée blanche. Après dix mois de négociation, un accord définissant les nouvelles relations commerciales a été trouvé in extremis entre la Grande Bretagne et l’Union européenne.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les négociations auront été âpres jusqu’à la toute dernière minute. À la veille de Noël, un accord post-Brexit a enfin été établi entre le Royaume-Uni et l’Union européenne afin de régir les nouvelles relations commerciales. Attendue ce matin, l’annonce du deal a finalement eu lieu dans l’après-midi après d’ultimes désaccords.

« Nous avons trouvé un accord juste et équilibré », a indiqué la présidente la Commission européenne Ursula von der Leyen. « Nous avons repris le contrôle de notre monnaie, de nos frontières, de nos lois, de notre commerce et de nos eaux pour la pêche », a déclaré de son côté Boris Johnson dans un communiqué.

La pêche, dossier sensible

Le dernier point d’achoppement s’est effectivement concentré autour du dossier sensible de la pêche. Ces négociations portaient sur le partage des quelque 650 millions d’euros de produits pêchés chaque année par l’UE dans les eaux britanniques et la durée de la période d’adaptation pour les pêcheurs européens.

Pour les Britanniques, les produits de pêche dans les eaux européennes représentent environ 110 millions d’euros. Bruxelles proposerait de renoncer à environ 20 % des 650 millions à l’issue d’une période de transition de sept ans, Londres en revendiquant 60 % sur une période de 3 ans, selon des sources européennes. « Une solution inacceptable », pour le président de la commission des affaires européennes, Jean-François Rapin.

Dans mon département, on attend avec impatience les détails sur la pêche

Alors que les termes de cet accord n’ont pas encore été rendus publics, le sénateur du Pas-de-Calais reste prudent : « Je me prononcerais seulement quand j’aurais tous les éléments de cet accord. Dans mon département, on attend avec impatience les détails sur la pêche. »

Les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) n’ont effectivement cessé de faire part de leurs inquiétudes quant à cet accord. Selon le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, 75 % des captures des pêcheurs des Hauts-de-France sont en jeu.

Au Sénat, le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, assurait que les conditions britanniques ne seraient pas acceptées.

Cet accord facilite l’accès des Britanniques au marché européen, mais pour quelle contrepartie ?

Le seul fait qu’un accord ait été scellé paraît de bon augure. « Qu’il y ait un accord c’est bien, ce sont les Britanniques qui vont en profiter dans un premier temps puisque cela facilite leur accès au marché européen. La question qui demeure est pour quelle contrepartie ? ».

En effet, en cas d’échec des négociations, le Royaume-Uni aurait eu beaucoup à perdre. Les échanges entre l’UE et Londres auraient alors été régis par les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), entraînant des complications pour les exportations qui représentent somme toute 47 % des produits britanniques vers l’Europe, quand l’UE exporte seulement 8 % de ses marchandises outre-manche.

Le « no deal » évité de justesse

Pour mémoire, le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier 2020, mais une entente lui a permis de demeurer dans le marché unique européen et l’union douanière jusqu’au 31 décembre, le temps de négocier un compromis commercial.

Ils devaient absolument s’entendre d’ici cette date afin d’éviter un « no deal », soit une sortie de l’UE sans accord économique. Cet accord doit encore être approuvé et signé par les 27 pays de l’UE et par les membres du parlement britannique.

Partager cet article

Dans la même thématique

Accord sur le Brexit : « On attend avec impatience les détails sur la pêche », prévient Jean-François Rapin
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le