Affaire Benalla: la majorité dénonce en choeur une « instrumentalisation politique »
Au lendemain de l'intervention controversée d'Alexandre Benalla au journal de 20H00 de TF1, les composantes de la majorité ont dénoncé samedi à...

Affaire Benalla: la majorité dénonce en choeur une « instrumentalisation politique »

Au lendemain de l'intervention controversée d'Alexandre Benalla au journal de 20H00 de TF1, les composantes de la majorité ont dénoncé samedi à...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Au lendemain de l'intervention controversée d'Alexandre Benalla au journal de 20H00 de TF1, les composantes de la majorité ont dénoncé samedi à l'unisson une "instrumentalisation politique" de l'affaire par l'opposition, invitant à "passer à autre chose".

"Il y a eu une instrumentalisation politique. Ceux qui exerçaient le monopole du pouvoir depuis des décennies essayent de déstabiliser le nouveau président", avance ainsi le président du MoDem, François Bayrou, dans une interview au Monde où il récuse toute "affaire d'Etat" et fustige "l'ère du soupçon universel".

Dans sa défense d'Emmanuel Macron, l'ancien ministre de la Justice glisse cependant quelques coups de griffe, trouvant "inutilement western" la formule présidentielle "qu'ils viennent me chercher" ou "l'organisation de la majorité présidentielle pas encore aboutie" entre LREM et MoDem. Et il appelle à reprendre sur "des bases nouvelles" la réforme institutionnelle.

Dans les acteurs de la riposte, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a tweeté que "celles et ceux qui ont cru surfer sur +une tempête dans un verre d’eau+ ont échoué. Sur le terrain, tout le monde a compris la lamentable tentative de récupération politique de la faute professionnelle d’un homme".

Le président Emmanuel Macron rencontre des touristes français à Lisbonne au Portugal, le 27 juillet 2018
Le président Emmanuel Macron rencontre des touristes français à Lisbonne au Portugal, le 27 juillet 2018
AFP

Et de relayer, comme d'autres, un sondage favorable à l'exécutif. Selon ce sondage Harris Interactive réalisé de mardi à jeudi et publié samedi, la cote de confiance d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe progresse légèrement (+2) en juillet, après deux mois de forte baisse.

Même son de cloche chez Gabriel Attal, porte-parole de LREM, pour qui les oppositions se sont "abîmées dans cette séquence".

"L'instrumentalisation politique et le blocage du processus législatif leur coûtera en termes d'image. Pendant toute cette séquence, le monde ne s'est pas arrêté de tourner, seuls les députés de l'opposition ont décidé de faire grève", a déclaré au Point ce député des Hauts-de-Seine.

- "Passer à autre chose" -

"Il n'y a pas ce scandale d'Etat que les oppositions appelaient de leurs vœux, alors ils essayent autrement de continuer cette mascarade politique", a abondé sur BFMTV une autre porte-parole de LREM, Laetitia Avia.

Capture d'écran réalisée le 27 juillet 2018 de l'interview d'Alexandre Benalla enregistrée et diffusée au 20H00 de TF1
Capture d'écran réalisée le 27 juillet 2018 de l'interview d'Alexandre Benalla enregistrée et diffusée au 20H00 de TF1
TF1/AFP

Membre de la commission d'enquête de l'Assemblée et avocate, elle a jugé "pertinente et importante" l'interview, enregistrée, de M. Benalla sur TF1. "C'était important pour Alexandre Benalla (...) qu'il puisse s'exprimer auprès des Français (…) exposer sa version des faits. Il reconnaît les faits, qui sont graves, des violences qu'il qualifie d'actes vigoureux, vis-à-vis de ces manifestants" mais "il y a eu beaucoup de contre-vérités".

L'image renvoyée par l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron était "très loin" de la description "par l'opposition" d'une quasi "petite frappe", selon l'une des porte-parole des députés LREM, Aurore Bergé.

Le député LFI Eric Coquerel a, lui, épinglé un "discours appris par coeur" d'Alexandre Benalla que "les images le contredisent" sur les vidéos du 1er mai, dont la nouvelle au jardin des Plantes.

Pour la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, interrogée par BFM, il est temps de "rapidement passer à autre chose, parce qu'accessoirement le gouvernement a énormément de travail".

L'affaire Benalla devrait cependant continuer à occuper les travaux du Parlement la semaine prochaine, avec l'examen des motions de censure de droite et de gauche à l'Assemblée mardi, et la poursuite des travaux de la commission d'enquête du Sénat, qui entendra notamment Christophe Castaner, délégué général de LREM.

Partager cet article

Dans la même thématique

Affaire Benalla: la majorité dénonce en choeur une « instrumentalisation politique »
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le